Football: le PSG a changé mais manque encore d'attractivité

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par Olivier Guillemain

PARIS (Reuters) - Huit mois après l'arrivée de nouveaux actionnaires qataris à la tête du Paris Saint-Germain, le club de la capitale a changé de visage et de dimension, même si sa puissance financière ne semble pas suffire pour attirer les plus grands.

Depuis que le PSG est passé sous pavillon qatari, le 31 mai dernier, Qatar Sports Investments (QSI) a dépensé 105 millions d'euros sur le marché des transferts afin de donner corps à son ambition de compter, à terme, sur la scène européenne.

Le club s'est entouré en outre des plus grands techniciens, avec dans le rôle du poisson-pilote Leonardo, et en arrière-plan le discret Jean-Claude Blanc, ancien président de la Juventus Turin, aujourd'hui directeur général délégué du PSG.

Le limogeage fin décembre d'un entraîneur en tête de la Ligue 1 et "champion d'automne", Antoine Kombouaré, au profit de Carlo Ancelotti, a confirmé cette tendance: le PSG version qatarie veut les meilleurs, et tout de suite si possible.

Si les résultats sportifs valident ces choix des actionnaires - le PSG est leader du championnat, avec trois points d'avance sur Montpellier et sept sur Lille - , le mercato hivernal qui s'est achevé mardi soir a montré certaines faiblesses du club parisien.

Car ce ne sont pas David Beckham, Alexandre Pato, Kaka ou Carlos Tévez qui ont signé ces dernières semaines au PSG mais des joueurs de calibre inférieur que sont Maxwell, Alex et Thiago Motta.

"PAS POUR LE PLAISIR D'ACHETER"

Leonardo s'est dit néanmoins mercredi "très content" de son mercato, expliquant, en marge de la présentation de l'ancien joueur de l'Inter Milan, que ces échecs étaient presque dus à des concours de circonstances.

"On a beaucoup parlé de Beckham, c'est vrai, mais pour lui, c'était un choix de vie. Pour Tévez et Pato, leurs destins étaient liés mais finalement, aucun des deux n'a bougé. En ce qui concerne Kaka, on n'a jamais démarché le Real", s'est défendu l'ancien joueur du PSG.

"Les gros coups ont été faits. On est content car toutes les choses qu'on a tentées ou voulues ont été faites (...) Aujourd'hui, arrivent des joueurs du Barça, de Chelsea, de l'Inter. Leur expérience va beaucoup compter, dans le jeu et sur le plan mental", a-t-il ajouté.

Au sujet des nombreux transferts réalisés depuis l'été, Leonardo a écarté toute tentation de considérer le PSG comme un 'nouveau riche' du football, qui achèterait uniquement sur des coups de tête.

"Quand nous sommes arrivés, il n'y avait que 13 joueurs professionnels dans l'effectif. C'est pour ça qu'on en a recruté

13 (...) pour avoir un effectif normal, à 23-24 joueurs. Ce n'était pas pour le plaisir d'acheter, on en avait besoin", a-t-il expliqué.

Mais les arrivées de tous ces joueurs de bon niveau masquent mal le manque d'attractivité du PSG, tout du moins en ce qui concerne les joueurs de classe mondiale.

Et les raisons sont à trouver dans le domaine sportif: le PSG ne joue pas la Ligue des champions, a été éliminé au premier tour de la Ligue Europa et n'a plus que le championnat et la Coupe de France pour briller cette année.

Les Parisiens auront certainement plus d'arguments à faire valoir l'été prochain, même si pour Leonardo, "le futur du PSG, c'est maintenant", et ils peuvent sans doute se consoler en se disant, que dans un sens, leur meilleure recrue du mercato hivernal s'appelle Carlo Ancelotti.

Edité par Grégory Blachier et Gilles Trequesser

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