Football: la Masia et la formation au coeur du succès du Barça

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LA MASIA ET LA FORMATION AU COEUR DU SUCCÈS DU BARÇA
LA MASIA ET LA FORMATION AU COEUR DU SUCCÈS DU BARÇA

par Iain Rogers

BARCELONE (Reuters) - Il s'est produit en novembre un événement sans précédent dans l'histoire récente du FC Barcelone qui est venu illustrer, si besoin était, la réussite de la formation à la catalane.

Lorsque Martin Montoya est entré en jeu à la 13e minute pour remplacer le Brésilien Daniel Alves, il y avait sur le terrain onze joueurs issus du centre de formation du Barça, la Masia, dont Lionel Messi, Andrés Iniesta et Cesc Fabregas.

Aucun club ne peut afficher une telle homogénéité, surtout pas parmi les grands d'Europe. Bilan des dernières années: trois titres de champions d'Espagne et deux en Ligue des champions en cinq ans.

Le Néerlandais Johan Cruyff, ancien joueur et ancien entraîneur du Barça, est souvent reconnu comme l'un des pères de cette politique dont il a jeté les bases à la fin des années 1980 et au début des années 1990.

L'ex international Oranje a rendu la formation plus professionnelle et insisté pour que la même philosophie de jeu soit enseignée à tous les âges, des plus jeunes jusqu'au dernier sas avant l'équipe première.

A force, cette philosophie, qui repose en grande partie sur un jeu de passes rapides et sur la possession du ballon, est devenue la marque de fabrique du Barça.

Guillermo Amor s'est imposé au fil des années comme l'un des rouages essentiel du système Barça, d'abord comme jeune recrue dans son adolescence puis comme membre à part entière de l'encadrement.

A 45 ans, cet ancien membre de la "Dream Team" barcelonaise de Johan Cruyff, sacrée championne d'Europe en 1992, est devenu le directeur de la formation.

"L'INDIVIDU AVANT LE JOUEUR"

Sous le soleil qui baigne la Masia, l'ancien milieu de terrain s'interroge à haute voix sur les raisons qui poussent les autres clubs à tenter de dupliquer le modèle du FC Barcelone.

"Ça vient probablement de la réussite de l'équipe première", dit-il à Reuters.

"Ça saute aux yeux de tout le monde et, en plus de ça, on voit qu'il y a beaucoup de joueurs issus de la formation. C'est donc naturel de vouloir venir ici pour voir ce que l'on y fait", ajoute-t-il.

La plupart des jeunes conscrits viennent de Catalogne mais il n'y a aucune limite géographique pour le recrutement dans les catégories d'adolescents. En témoigne l'exemple de l'Argentin Lionel Messi, arrivé à l'âge de 13 ans.

"Quand on prend un jeune c'est, me semble-t-il, parce qu'on a repéré quelque chose de différent", dit Guillermo Amor, qui a lui-même rejoint le Barça à 13 ans avant de disputer 550 matches avec le club.

"On peut voir un bon footballeur malgré le jeune âge, parce qu'ils sont très petits quand ils ont sept ou huit ans."

"On ne se dit pas immédiatement qu'un joueur va intégrer l'effectif professionnel. C'est un travail de patience, un projet de long-terme."

Et, selon lui, ce travail ne passe pas que par le sport.

"Nous disons toujours que l'individu passe avant le footballeur. Notre principal souci, c'est toujours l'individu", assure-t-il, comme en écho à la devise du Barça, "plus qu'un club".

Le club continue donc à prospecter et former dans l'espoir de dénicher un nouveau Lionel Messi, un nouvel Andrés Iniesta ou un nouveau Cesc Fabregas. Mais il n'y a aucun objectif précisément chiffré, si l'on en croit Guillermo Amor.

"Certaines années, les circonstances font qu'un seul y arrive, d'autres années, ils sont quatre ou cinq", assure-t-il. "Et il peut arriver une année où il n'y en a aucun."

Mais les chiffres plaident pour la méthode catalane. En un week-end du mois de mars, 16 des 17 équipes de jeunes du Barça ont gagné leur match, dont l'un sur le score de 21-0 pour une équipe de filles. Une semaine ordinaire à la Masia.

Simon Carraud pour le service français, édité par Grégory Blachier

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