Football: la FIFpro refusera de jouer le Mondial l'été au Qatar

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LA FIFPRO REFUSERA DE JOUER LE MONDIAL L'ÉTÉ AU QATAR
LA FIFPRO REFUSERA DE JOUER LE MONDIAL L'ÉTÉ AU QATAR

par Gregory Blachier

PARIS (Reuters) - La FIFpro, confédération des syndicats de joueurs de football, souhaite que ses membres ne participent pas à la Coupe du monde au Qatar si elle est disputée l'été, a déclaré mardi son vice-président, Philippe Piat.

"On ne jouera pas l'été au Qatar", a dit dans une interview à Reuters Philippe Piat, seul candidat à la présidence de l'organisation et dont l'élection devrait avoir lieu la semaine prochaine.

"Jouer au Qatar l'été entre 45° et 50°C, même si on dit qu'on va climatiser les stades, ce n'est pas sérieux", a-t-il souligné.

"Une Coupe du monde, ce n'est pas seulement les 22 joueurs sur le terrain. C'est tout un ensemble, des populations qui se déplacent, des touristes. Nous avons informé la Fifa, l'UEFA que nous ne jouerions pas l'été au Qatar."

Le Qatar s'est vu attribuer l'organisation du Mondial 2022 il y a trois ans, au détriment des candidatures des Etats-Unis, de l'Australie, de la Corée du Sud et du Japon.

Une réflexion est aujourd'hui engagée par la Fifa sur la possibilité de déplacer la Coupe du monde habituellement disputée en juin et juillet pour la jouer en hiver, ce qui satisferait la FIFpro.

"On laisse la responsabilité aux pouvoirs sportifs de décider s'ils doivent changer (de pays) ou jouer l'hiver."

Une Coupe du monde hivernale bouleverserait le calendrier des compétitions en Europe pour deux à trois saisons et mettrait la Fifa dans une situation embarrassante vis-à-vis des pays qui ont été battus par le Qatar et des diffuseurs du tournoi.

"Qu'on attribue la Coupe du monde au Qatar sans analyser le fait que peut-être on ne jouerait pas en été, ça a vicié le vote parce que si on avait dit le Qatar c'est l'hiver et les autres c'est l'été, probablement que le Qatar n'aurait pas été choisi", rappelle Philippe Piat.

Cette situation expose la Fifa a des recours des candidats déçus puisque le document d'appel d'offres précisait que le Mondial aurait lieu en juin et juillet, mais aussi de diffuseurs dont le network américain Fox Sports, qui a déboursé 425 millions de dollars pour les éditions 2018 et 2022.

La FIFpro laisse donc le choix à la Fifa : s'assurer le soutien des joueurs ou des autres parties prenantes.

"Les menaces, on les fait déjà maintenant. Les pouvoirs sportifs ont le temps de d'intégrer la menace et de peser le pour et le contre, et ne pourront pas dire qu'ils sont pas prévenus", souligne Philippe Piat.

"Le rapport de forces est de savoir si les pouvoirs sportifs prennent le pari de dire que les joueurs viendront ou pas."

Dans un communiqué ultérieur à la diffusion d'une première partie de ces propos, la FIFpro précise qu'elle n'a pas l'intention d'appeler au boycott de la compétition.

"Il n'y a pas de raison d'organiser un boycott. La Fifa examine la situation et nous travaillons avec elle pour assurer que les souhaits de joueurs soient respectés et que nos membres soient protégés au mieux", y déclare Theo Van Seggelen, secrétaire général de la FIFpro.

Quatre ans auparavant, le Mondial aura lieu en Russie et la FIFpro s'en inquiète tout autant, si ce n'est plus, notamment parce qu'elle ne peut disposer d'un véritable relais sur place en cas de problèmes.

"Il n'y a pas de liberté d'opinion et d'organisation de joueurs, donc ce n'est pas facile de faire des messages", dit Philippe Piat, dont l'organisation a aussi milité pour obtenir des garanties sur les conditions de jeu au Brésil et obtenu des pauses en cas de conditions climatiques extrêmes.

Gregory Blachier; Edité par Julien Prétot

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