Football: l'Olympique de Marseille a retrouvé le sourire

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MARSEILLE RETROUVE LE SOURIRE
MARSEILLE RETROUVE LE SOURIRE

par Gregory Blachier

PARIS (Reuters) - L'Olympique de Marseille a retrouvé un peu de quiétude et profité d'une joie trop rare cette saison en soulevant samedi soir la Coupe de la Ligue, dont il a fait son bien depuis maintenant trois ans.

Ce triplé inédit dans l'histoire de l'épreuve est un souffle d'air frais dans un printemps durant lequel l'OM a déchanté plus souvent qu'à son tour, au point qu'il restait sur onze défaites en douze matches avant son succès sur Lyon au Stade de France.

Marseille n'avait jamais gagné la Coupe de la Ligue avant l'arrivée sur son banc de Didier Deschamps à l'été 2009 et partage désormais avec le Paris Saint-Germain le record de victoires dans cette épreuve.

Ce sixième titre de l'ère Deschamps, qui a permis au club de redevenir champion de France (2010) et de remporter deux trophées des champions (2010, 2011) après 17 ans de disette, ne "sauve" pas pour autant la saison olympienne.

"Ça ne changera rien à l'analyse, parce qu'on fait une saison qui n'est pas bonne en championnat", a d'ailleurs reconnu Deschamps après la rencontre.

Mais au moins cette victoire permet-elle à l'OM, neuvième de Ligue 1 et éliminé par Quevilly (National) en Coupe de France, de sauver la face avec un billet pour les barrages de la Ligue Europa.

Retrouver la scène européenne la saison prochaine semblait un impératif tant elle avait été, jusqu'à ce samedi, le seul motif de satisfaction d'un OM à la dérive depuis deux mois.

LA REVANCHE DE BRANDAO

Marseille a certes été puni par le Bayern Munich en Ligue des champions, mais c'était en quart de finale, un niveau qu'il n'avait plus atteint depuis son sacre européen de 1993.

En Coupe de la Ligue ou d'Europe, les terrains ont ainsi été plus accueillants pour les Marseillais qui y ont trouvé, à chaque fois, le même homme providentiel, Brandao.

Le Brésilien, souvent décrié car davantage armé pour la bataille que les soirées de gala, a offert le trophée aux siens samedi en débloquant dans la prolongation, quelques minutes après son entrée en jeu, un match d'un piètre niveau.

Opportuniste, il s'était déjà mué en homme décisif sur la pelouse de l'Inter Milan dans le temps additionnel du huitième de finale retour de la Ligue des champions.

"En rapport qualité-prix, c'est exceptionnel", s'est amusé Deschamps samedi au moment d'évoquer l'avant-centre qu'il a fait revenir en janvier du Brésil, où il avait été prêté après sa mise en examen pour viol il y a un an, faute d'avoir pu attirer en Provence un buteur plus renommé.

Brandao, en fin de contrat en juin, ne cachait pas non plus sa joie même si l'esprit de revanche n'était pas loin.

"Avant, tout le monde me critiquait et j'en avais tellement marre que j'ai eu envie de montrer que j'avais l'efficacité nécessaire pour marquer des buts", a dit celui qui avait déjà envoyé l'OM en finale en marquant le but décisif en demi-finale.

L'efficacité a sans doute été la clé pour Marseille dans un match plus fermé que jamais, où les occasions se sont comptées sur les doigts d'une seule main.

"On en a fait un peu plus que Lyon et on a été récompensé", a estimé Deschamps.

"J'ai un groupe qui a cette capacité à se concentrer, à avoir une détermination à un bon moment bien précis", a-t-il encore dit, soulignant l'importance de la mise au vert dans l'Oise, loin des tourments du Stade Vélodrome.

Réconcilié avec son public venu nombreux à Saint-Denis, l'OM n'a plus rien à jouer mais veut tout de même garder la tête haute d'ici la fin du championnat.

"Aujourd'hui on ne peut plus rien gagner mais deux choses restent importantes à mes yeux, c'est conserver le respect et avoir la fierté, la garder", a dit Deschamps.

Si le bilan de la saison sera nécessairement critique puisque l'OM finira loin de ses objectifs en Ligue 1 - il accuse 16 points de retard sur le podium à sept journées de la fin -, la Coupe de la Ligue lui aura au moins rendu le sourire.

"Les titres, j'entraîne pour ça, je prends du plaisir à travers la victoire", a dit son entraîneur. "A l'heure du bilan, il y aura les chiffres qui restent et les titres."

Edité par Jean-Paul Couret

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