Football: l'avenir de Blanc à la tête des Bleus en suspens

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Football: l'avenir de Blanc à la tête des Bleus en suspens
Football: l'avenir de Blanc à la tête des Bleus en suspens

par Pascal Liétout

DONETSK (Reuters) - Avec un quart de finale de l'Euro, Laurent Blanc a atteint l'objectif qu'il s'était fixé et que lui avait assigné le président de la Fédération française Noël Le Graët, mais rien ne dit que les deux hommes trouveront un terrain d'entente sur la reconduction du sélectionneur.

Nommé en juillet 2010 avec un contrat de deux ans, Laurent Blanc doit rencontrer "dans une petite semaine" le patron de la FFF pour évoquer son avenir éventuel à la tête des Bleus.

"Le Président" avait tenté d'obtenir du président avant l'Euro une prolongation de son mandat, mais il s'était heurté à une fin de non-recevoir de la part de son interlocuteur.

On recense entre les deux hommes, tous deux dotés d'un caractère bien trempé, plus d'accrochages que d'atomes crochus.

Noël Le Graët a beau évoquer "l'esprit de gagne" du Cévenol, il ne s'est pas répandu jusqu'à présent en éloges sur le bilan du sélectionneur, avec lequel il a connu quelques conflits.

Laurent Blanc a été choisi par le prédécesseur de Le Graët, Fernand Duchaussoy et, en arrivant à la présidence en juin 2011, le dirigeant breton n'a pas remis ce choix en cause.

Mais il n'avait pas apprécié auparavant l'implication de Laurent Blanc dans l'affaire des quotas, où la direction technique nationale (DTN) avait envisagé l'instauration de quotas ethniques dans les centres de formation.

Contrairement aux présidents précédents, Noël Le Graët veut être très présent aux côtés de l'équipe de France, comme il l'a fait en permanence pendant l'Euro, un entrisme pas forcément du goût de Laurent Blanc, soucieux de garder ses prérogatives.

LA MORALE ET LE BUDGET

Le président de la Fédération se montre également en privé critique sur l'encadrement de l'équipe de France, qu'il juge pléthorique, mais a délivré pendant l'Euro un satisfecit à plusieurs de ses membres.

En bon gestionnaire et chef d'entreprise qu'il est, il a aussi veillé à réduire le budget de l'équipe de France, en limitant au maximum les déplacements et en optant pour des hôtels confortables, mais loin du luxe auxquels les Bleus s'étaient habitués. Un choix autant moral, pour améliorer l'image de l'équipe, que budgétaire.

Lors de leur prochain tête-à-tête, Noël Le Graët pourrait proposer un nouveau contrat au sélectionneur, mais à ses conditions.

Le patron de la FFF a notamment indiqué pendant l'Euro que les contrats en CDD de certains membres de l'encadrement seraient réexaminés à leur terme, c'est-à-dire après le Championnat d'Europe.

Laurent Blanc disposait autour de lui pendant la compétition de 23 collaborateurs, toutes activités confondues (entraîneurs, équipe médicale, administratifs, service de presse, cuisiniers, etc.).

Un chiffre égal ou même inférieur à celui des équipes européennes équivalentes comme l'Italie (une quarantaine), l'Angleterre (entre 25 et 30), l'Espagne (environ 25) et l'Allemagne (environ 25, dont un professeur de yoga).

"On a décidé tous les deux de prendre quelques jours de recul, on se verra dans une petite semaine, on va regarder les éléments positifs et négatifs, les envies réelles des uns et des autres. Pour le moment aucune décision n'est prise", a déclaré dimanche Noël Le Graët sur RTL.

En demandant avant l'Euro à poursuivre l'aventure, Laurent Blanc a laissé percer son envie, mais son caractère n'incite pas à penser qu'il rempilera à n'importe quel prix. Surtout s'il dispose d'une carte secrète comme une offre sérieuse de la part d'un club.

édité par Pierre Sérisier

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