Football: l'Allemagne trop forte pour la France

le
0
LA FRANCE BATTUE 2-1 PAR L'ALLEMAGNE EN MATCH AMICAL
LA FRANCE BATTUE 2-1 PAR L'ALLEMAGNE EN MATCH AMICAL

par Gregory Blachier

SAINT-DENIS (Reuters) - L'Allemagne a donné mercredi soir à l'équipe de France un aperçu du chemin qu'il lui reste à parcourir pour rivaliser durablement avec les meilleures nations mondiales en venant s'imposer 2-1 au Stade de France.

Les Bleus menaient à la mi-temps grâce à Mathieu Valbuena mais les Allemands ont logiquement pris le dessus sur deux buts en seconde période de Thomas Müller et Sami Khedira, auteurs d'une prestation remarquée dans le sillage de l'excellent Mesut Özil.

Didier Deschamps n'avait eu de cesse, avant la rencontre, de souligner son importance dans la croissance de son équipe en vue des matches qualificatifs pour la Coupe du monde 2014 contre la Géorgie puis l'Espagne, les 22 et 26 mars prochains.

Il a été servi par une Allemagne qui a souvent confisqué le ballon, a fait valoir sa maîtrise collective, sa vitesse et contraint les Bleus à beaucoup défendre et contrer, ce que la perspective du match contre l'Espagne lui promet aussi.

"On s'est fait un peu transpercer parce qu'il y avait Özil qui restait entre la défense et le milieu. Je leur avais demandé d'aller les chercher au milieu, parfois on l'a fait un peu trop", a dit Didier Deschamps en conférence de presse.

"Après le haut niveau? il faut éviter de commettre certaines erreurs comme on l'a fait ce soir. Il n'y a pas de conséquences parce qu'il n'y avait pas de points (en jeu) mais cette équipe allemande est deuxième au classement Fifa, je regarde les joueurs, le compteur de sélections... Il faut en passer par là."

La facilité technique d'Özil, la puissance dégagée par Müller à chacune de ses accélérations, la capacité de ces deux joueurs à se placer dans le dos des milieux défensifs français et à ouvrir des espaces ont en effet créé un danger permanent.

Si la première occasion a été pour les Bleus, lorsque Moussa Sissoko a raté sa reprise sur un bon centre au sol de Bacary Sagna, de retour en équipe de France après un et demi d'absence (3e), l'Allemagne a été la plus proche d'ouvrir le score.

Mais Mario Gomez, dont les approximations ont bien aidé la défense tricolore, s'est heurté à Hugo Lloris, sorti très vite à sa rencontre, alors qu'il avait été idéalement servi par Müller (6e). Puis Özil, décalé par Müller, encore, expédiait sa frappe au-dessus (17e).

Quatre minutes plus tard, Per Mertesacker trouvait la barre transversale de la tête à la suite d'un corner.

LA CLASSE D'ÖZIL

Les hommes de Joachim Löw gardaient la mainmise sur le match, à l'image d'une très longue séquence de jeu court aux abords de la surface, conclue par un centre dégagé de justesse et une frappe écrasée du défenseur Benedikt Höwedes.

Dans ces trente premières minutes, la France pliait souvent sans rompre, misant sur son engagement.

Puisqu'elle était réduite à partir de loin, Franck Ribéry, plutôt en jambes, faisait parler sa vivacité sur un contre conclu par une frappe de Valbuena au-dessus, la première côté français (26e).

Dans la continuité, Karim Benzema, discret, gâchait un face à face avec René Adler alors que Valbuena l'avait parfaitement servi par dessus la défense.

L'avant-centre des Bleus, peu inspiré, allait contribuer à débloquer la situation alors que le match s'était équilibré, en expédiant un coup-franc sur la barre. Moussa Sissoko récupérait le ballon et donnait à Valbuena qui marquait de la tête.

Le Marseillais ponctuait ainsi une prestation pas toujours parfaite mais pleine de tempérament, confirmant son influence grandissante en Bleu après son entrée décisive en Espagne et son but splendide en Italie, l'automne dernier.

Mal récompensés d'avoir dominé, et parfois même éteint les Bleus, les Allemands allaient rapidement voir leurs efforts aboutir puisque Thomas Müller, magnifiquement servi par le très actif milieu Ilkay Gündogan, égalisait de près (51e).

La rencontre se débridait et Valbuena ou Ribéry, toujours eux, faisaient valoir leur capacité à perforer les défenses.

Mais le premier, sorti à cinq minutes de la fin sous des applaudissements nourris, manquait le cadre de peu après s'être appuyé sur Benzema (64e) et le second le ratait de près (68e).

La justesse était du côté allemand, et la classe d'Özil, auteur d'une passe superbe, se conjuguait à l'efficacité de son coéquipier au Real Madrid Sami Khedira pour le but de la victoire (73e).

"Si on regarde les 90 minutes, nous étions la meilleure équipe sur le terrain, on a gagné beaucoup de duels, beaucoup de ballons, on a joué souvent vers l'avant, on a montré notre volonté de faire un bon match", a résumé le sélectionneur allemand Joachim Löw.

Le sursaut final des Bleus n'y changeait rien. L'Allemagne leur a rappelé la différence entre une équipe sûre d'elle, toujours dans le dernier carré des grandes compétitions depuis 2008, et une autre encore en construction.

Edité par Simon Carraud

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant