Football: Karim Benzema ne donne même plus le change

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KARIM BENZEMA N'ENVISAGE PAS DE CHANGER
KARIM BENZEMA N'ENVISAGE PAS DE CHANGER

par Gregory Blachier

CLAIREFONTAINE, Yvelines (Reuters) - Karim Benzema n'a plus marqué depuis un an et demi en équipe de France, a vu sa dernière rencontre en Biélorussie du banc de touche et passe pour un joueur dilettante mais, s'il reconnaît un déficit d'efficacité, il n'envisage pas de changer.

Avant-centre numéro un des Bleus depuis trois ans, Benzema voit son statut s'effriter et a cédé sa place à Olivier Giroud le mois dernier à Gomel, où la France a enfin trouvé le chemin du but (4-2) même si le joueur d'Arsenal n'a pas marqué.

Au Real Madrid, son entraîneur, Carlo Ancelotti, l'a rappelé à l'ordre et son coéquipier Pepe lui a vertement reproché il y a dix jours son manque d'investissement sur le terrain lors de la défaite en Liga contre l'Atlético.

Les joueurs de l'équipe de France n'ont de cesse de répéter que Karim Benzema est un grand joueur, ne fait pas de vagues, travaille. Le principal intéressé leur a donné en partie raison, mercredi, à Clairefontaine où le groupe est réuni avant les matches contre l'Australie et la Finlande.

Invité à répondre aux interrogations qu'il suscite, Benzema est apparu effacé d'abord, tendu ensuite lorsqu'ont été soulevées les interrogations sur son comportement, détaché enfin au moment d'évoquer sa mise sur le banc du mois dernier.

"NE RIEN LÂCHER"

"C'est un peu plus difficile que les années précédentes. Ça fait partie de la carrière d'un footballeur, surtout quand on veut jouer au plus haut niveau", a-t-il dit à propos de son manque d'efficacité, traduit par 15 sélections sans but.

"Ça ne va pas durer dix ans, il ne faut rien lâcher, continuer à travailler. Je me procure des occasions, à moi de les convertir en buts", a-t-il ajouté.

"Il faut continuer à travailler en club. J'ai la chance de venir en sélection, donc je dois continuer à travailler et rester comme je suis."

Rester le même. Cette phrase résume le message qu'a paru faire passer Karim Benzema mercredi, reconnaissant son bilan famélique des deux dernières années alors qu'il incarnait à ses débuts le futur des Bleus, et refusant toute remise en cause.

L'attaquant formé à Lyon semble arrivé à un stade où il ne demande rien, pendant qu'Olivier Giroud assume son envie d'être titulaire en pointe, conforté en cela par un bon début de saison à Arsenal.

"Je ne revendique rien du tout, je suis en équipe de France, je suis content. On est un groupe, il n'y a pas de numéro un, numéro deux ou numéro trois", a-t-il dit.

"INJUSTE"

La réponse peut passer pour diplomatique, justifiée par la nécessaire cohésion du groupe. Elle peut aussi être perçue comme un manque d'ambition chez un jeune joueur - il n'a pas encore 26 ans - qui parlait il n'y a pas si longtemps de Ballon d'Or, rêvait d'aller à Madrid et y est parvenu.

Karim Benzema semble se satisfaire de tout, même d'une sortie du onze de départ en Biélorussie : "C'est comme ça, des fois on se retrouve sur le banc. Ceux qui ont joué ont fait un très bon match. A la fin, j'étais content", a-t-il dit.

Content et conscient des raisons qui avaient poussé Didier Deschamps à modifier sa hiérarchie ? "C'est pas une histoire de comprendre", a rétorqué Benzema.

"Il a mis une équipe en place, c'est l'entraîneur, c'est lui qui a les choix. Je suis professionnel, on fait appel à moi, je joue, si je suis sur le banc de touche, je suis avec les autres pour qu'ils fassent un gros match."

Le reproche le plus souvent adressé à Karim Benzema est de sembler peu concerné et il faut évoquer son attitude sur le terrain pour qu'enfin il montre les crocs, parce que l'homme est alors atteint, plus que le joueur.

"C'est quoi l'attitude en fait ?", a-t-il coupé sèchement au moment de revenir sur les propos de Carlo Ancelotti.

L'Italien avait, dans un parallèle entre des sifflets à l'encontre du Français et des applaudissements nourris pour l'ailier Angel Di Maria, expliqué que le public saluait ceux qui travaillaient dur - donc suggéré que Benzema ne le faisait pas.

"Carlo Ancelotti, il n'a pas dit ça", a répliqué Benzema.

"Il a dit que moi et Di Maria, on n'a pas le même travail défensif. L'attitude, non, ce n'est pas ça. Je suis attaquant. Bien sûr, c'est à moi de faire le premier replacement défensif mais après, je ne vais pas faire le travail de l'arrière droit ou du milieu de terrain."

"L'attitude c'est : un joueur, il rentre sur le terrain, il n'a pas envie de jouer au foot. Et moi, j'ai envie de jouer au foot", a-t-il insisté.

"Je ne vais pas courir jusqu'à la cage de Hugo Lloris (...) Je fais quasiment dix kilomètres par match, donc je cours. C'est injuste, parce que je cours sur le terrain", a-t-il conclu en rappelant une énième fois qu'il était attaquant.

Mais un attaquant qui ne marque plus.

Edité par Gilles Trequesser

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