Football: Joey Barton, le "bad boy" séduit par Marseille

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PREMIER MATCH EN LIGUE 1 POUR JOEY BARTON
PREMIER MATCH EN LIGUE 1 POUR JOEY BARTON

par Jean-François Rosnoblet

MARSEILLE (Reuters) - Au lendemain de son premier match en Ligue 1, conclu par une victoire 1-0 face à Lille, Joey Barton a réaffirmé tout son plaisir d'être à Marseille, une ville qui colle au tempérament de cet homme à la réputation de mauvais garçon.

Près de trois mois après son arrivée en France, le milieu de terrain anglais a pu faire ses débuts en championnat, ayant fini de purger la suspension de 12 matches dont il avait écopée après le dernier match de Premier League, en mai.

Dimanche soir, celui qui avait étrenné son nouveau maillot en Ligue Europa a rendu une copie propre devant Lille malgré un avertissement pour une semelle sur Florent Balmont qui aurait pu lui valoir un retour précoce aux vestiaires.

"On parle beaucoup de mon premier gros tacle, moins de la passe en profondeur que je fais et qui aboutit au carton rouge du joueur lillois ou de ma frappe au ras du poteau", regrettait-il lundi en conférence de presse.

Il reconnaît toutefois volontiers avoir fait un "tacle un peu désespéré" et reçu un avertissement "plus ou moins logique".

"Avec le temps, je n'aurai pas de problème pour mieux m'adapter au jeu français et à la manière d'arbitrer", promet Joey Barton dont la dernière saison, ponctuée de huit cartons jaunes et deux rouges avec les Queens Park Rangers, promet du travail aux arbitres.

Le bilan disciplinaire de sa carrière est un peu moins lourd, même s'il compte quand même 63 jaunes et cinq rouges en 228 matches de Premier League.

Prêté une saison par les QPR, le milieu de terrain anglais n'en traîne pas moins une réputation de "bad boy" nourrie par ses accès de violence hors du terrain - il a fait de la prison - ou ses coups de sang crampons aux pieds.

A 30 ans, il relativise cette image qu'il doit, selon lui, davantage aux médias qu'à l'épreuve des faits.

"Je n'ai pas créé cette image, dit-il. Ce sont les médias anglais qui ont relayé cette vision de 'bad boy', un peu comme on crée une image de mauvais garçon au cinéma. Mais, bon ou mauvais garçon, ma priorité reste de bien jouer."

COMME À LIVERPOOL

C'est pourquoi Barton dit aujourd'hui préférer se concentrer sur un championnat qu'il découvre et, parfois, l'étonne encore.

"La premier League est moins tactique, plus directe. La L1 est plus défensive. Je ne comprends pas que les équipes aient besoin de faire des dizaines de passes avant d'aller vers le but adverse", explique l'ancien joueur de Newcastle.

"Lille, par exemple, s'est contenté de perdre 1-0. Peu importe finalement le score, une défaite reste une défaite. Lille aurait dû tout tenter pour revenir au score. En Angleterre, même les gardiens montent sur certains corners."

Arrivé avec l'intention de séduire et de s'intégrer, il n'entend cependant pas endosser à l'OM les habits d'un leader qui entraîne le groupe dans son sillage, comme a pu l'être dans un passé récent Gabriel Heinze, autre joueur de tempérament.

"Il est Argentin, je suis Anglais. Cela fait une grosse différence", glisse Barton d'un ton amusé.

"Plus sérieusement, je ne suis pas dans la peau d'un leader car il y a plein de joueurs de caractère à l'OM comme Steve Mandanda ou Benoît Cheyrou. Certains dans le groupe ont aussi une revanche à prendre sur la saison dernière. Je m'inscris dans cette logique, même si je n'étais pas là", dit-il.

Intarissable sur la "force du collectif" de l'OM, Joey Barton l'est tout autant sur Marseille, un nouveau point d'ancrage qui lui rappelle sa ville natale, Liverpool.

"On y retrouve les mêmes problèmes sociaux et économiques, mais aussi cette même passion pour le football. Ici comme là-bas, on aime voir les joueurs mouiller le maillot. C'est aussi ma conception. M'adapter ici, c'est facile, c'est naturel", confie-t-il.

Une conception qu'il veut partager avec les supporters, en signant des autographes à la sortie du centre d'entrainement ou sur les réseaux sociaux dont il est un fervent adepte.

"J'utilise les réseaux sociaux car le foot ne doit pas rester secret. Cela ne relève pas de la sécurité nationale, ce n'est ni James Bond, ni le MI6 (les services secrets extérieurs britanniques-NDLR). C'est juste le plaisir de partager une passion", dit-il.

Edité par Gregory Blachier

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