Football: Jean-Louis Triaud croit en l'avenir de Bordeaux

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JEAN-LOUIS TRIAUD ENVISAGE UNE QUALIFICATION DE BORDEAUX EN LIGUE EUROPA
JEAN-LOUIS TRIAUD ENVISAGE UNE QUALIFICATION DE BORDEAUX EN LIGUE EUROPA

par Claude Canellas

BORDEAUX (Reuters) - Le président des Girondins de Bordeaux, Jean-Louis Triaud, reste confiant pour l'avenir du club malgré les résultats en dents de scie, les difficultés financières et les critiques sur la qualité de jeu proposée par son équipe.

Dans une interview à Reuters, il reconnaît ne pas être toujours satisfait des résultats et du comportement de ses joueurs mais estime qu'une place dans une coupe européenne la saison prochaine est accessible.

Elle serait la bienvenue pour les comptes du club qui restent dans le rouge, qu'elle vienne via la Coupe de France ou par une place en Ligue 1 qui passera par un bon résultat à Marseille dès vendredi soir, en ouverture de la 31e journée.

"En Ligue 1, on a démarré un compte à rebours. Il ne reste plus que huit matches. Il y aura un moment où ce sera trop tard. Aujourd'hui, il ne faut vraiment plus perdre, engranger des points", estime le dirigeant bordelais.

Neuvièmes à sept points de la quatrième place qualificative pour la Ligue Europa détenue par Saint-Etienne, les Girondins savent que la tâche sera ardue.

"Esthétiquement ce n'est pas toujours satisfaisant (...) Plus qu'un problème de qualité, ce qui ne me satisfait pas, ce sont les résultats en dents de scie : un bon match, deux matches médiocres, un mauvais match. Il y a eu trop de points perdus à domicile", dit Jean-Louis Triaud.

Critiquée de toutes parts pour son style de jeu défensif, l'équipe bordelaise manque de percussion offensive qui en a fait la 17e attaque de Ligue 1.

"TOUT RESTE ENCORE À ÉCRIRE"

Mais Jean-Louis Triaud, s'il veut des résultats, se rit des critiques et estime que "sur dix-quinze ans, Bordeaux est la meilleure équipe après Lyon". Il rappelle que cette saison, son club a atteint les huitièmes de finale de la Ligue Europa et reste qualifié en Coupe de France.

"Si on a une chance de se qualifier pour l'Europe c'est bien par la Coupe de France. Il reste trois équipes à battre, et si on arrive en finale face à une équipe déjà qualifiée par l'intermédiaire du championnat ça ne fait plus que deux. Tout reste encore à écrire", souligne l'ancien joueur de rugby du Stade Bordelais.

Les Girondins disputeront leur quart de finale le 17 avril à Lens (Ligue 2).

Une qualification en Ligue Europa serait la bienvenue pour l'image du club champion de France en 2009 et surtout pour les finances. Avec un déficit de 14 millions d'euros la saison dernière, Bordeaux a dû faire des efforts en réduisant la masse salariale.

"C'est un effort que nous continuerons de faire et qui passe par la disparition des contrats d'une autre époque que plus aucun club français à l'exception du Paris Saint-Germain ne peut se permettre", note Jean-Louis Triaud.

OUVRIR LE CAPITAL ?

Ces efforts ont permis cette saison de redresser un peu la barre. "Nous avons un budget annoncé de l'ordre de 75 millions d'euros qui sera plus ou moins élevé en fonction de notre classement final en Ligue 1, et de la Coupe de France. Nous terminerons la saison en ayant au moins divisé par deux notre déficit, peut-être plus".

Les Girondins de Bordeaux appartiennent à la chaîne de télévision M6, dont le président du directoire, Nicolas de Tavernost, estime qu'elle ne doit pas être le mécène mais juste un actionnaire.

Dès lors, si l'arrivée d'un repreneur semble exclue, l'ouverture du capital reste toujours une option. "C'est une question qu'il faut poser à l'actionnaire. Mais ouvrir le capital pour l'ouvrir n'a pas d'intérêt majeur. L'intérêt serait d'avoir un partenariat d'avenir", souligne Jean-Louis Triaud.

Dans un autre registre, la construction d'un nouveau stade doté de 42.000 places pour l'Euro 2016 devrait permettre d'apporter une autre dynamique au club.

"Le Stade Chaban-Delmas est de toute façon trop vieux, dépassé et coûteux en entretien. Si on prend l'exemple sur l'Allemagne qui a construit des stades pour la Coupe du monde 2006, la fréquentation a été doublée", dit-il.

"Le confort des spectateurs, des possibilités dans le réceptif pour nos partenaires que nous n'avons pas actuellement, tout cela est un 'plus' indéniable", ajoute le propriétaire viticole dans le Médoc.

De là à penser qu'un club comme Bordeaux puisse être à nouveau un jour champion de France, il n'y a qu'un pas que Jean-Louis Triaud ne veut franchir qu'avec prudence.

"Ce n'est pas impossible mais ce sera compliqué. Si vous avez une génération d'exception de cinq à six joueurs issus du centre de formation, c'est encore jouable. Mais le PSG et Monaco me paraissent être les deux clubs aux gros moyens qui pourraient dominer comme le FC Barcelone et Madrid dans le championnat espagnol", conclut-il.

Edité par Olivier Guillemain et Gilles Trequesser

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