Football: fini la patience, Olivier Giroud abat ses cartes

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OLIVIER GIROUD N'EST PLUS DANS L'OMBRE DE KARIM BENZEMA
OLIVIER GIROUD N'EST PLUS DANS L'OMBRE DE KARIM BENZEMA

par Gregory Blachier

CLAIREFONTAINE, Yvelines (Reuters) - Olivier Giroud a bien profité de sa deuxième titularisation consécutive en équipe de France, vendredi contre l'Australie, avec un doublé qui renforce sa conviction d'être en train de saisir sa chance.

Préféré à Karim Benzema, comme en Biélorussie le mois dernier, l'avant-centre d'Arsenal a inscrit deux buts et contribué par son jeu à la belle prestation offensive des Bleus face à une défense absente.

Samedi à Clairefontaine, il arborait un immense sourire, celui d'un joueur heureux d'avoir enfin du temps de jeu, fier d'avoir su attendre son tour, et conscient d'avoir marqué son territoire.

"On a marqué six buts, raison pour laquelle j'ai un grand sourire aujourd'hui et aussi, je ne vais pas vous mentir, parce que j'en ai marqué deux", a dit Giroud en conférence de presse.

"On a été dans la continuité de ce qu'on a pu montrer en Biélorussie (4-2) avec beaucoup d'enthousiasme, de volonté de bien faire (...) Il faut qu'on s'habitue à la victoire, qu'on aime la victoire de plus en plus et qu'on haïsse la défaite."

Les Bleus n'avaient plus marqué depuis cinq matches quand il a été titularisé à Gomel, le mois dernier et, depuis, ils ont inscrit dix buts. De quoi légitimer les ambitions de Giroud, qu'il avait exprimées il y a peu dans France Football.

Samedi, il a tâché de peser ses mots, oscillant entre la nécessité de ménager son concurrent et l'envie de prendre un peu plus de place encore.

"Revendicatrice ? Je ne suis pas d'accord avec ce mot", a-t-il dit en revenant sur cette interview. "Parce que j'ai bien souligné que l'équipe de France, ça ne se revendique pas. Mais j'avais l'ambition de gagner du temps de jeu."

"Je n'ai pas voulu passer pour celui qui revendique quoi que ce soit ou qui n'est pas content mais c'était simplement une occasion de dire, à travers les médias, que j'avais envie de jouer plus."

UNE TOUT AUTRE CRÉDIBILITÉ

Il en a eu l'occasion et, après une prestation solide en Biélorussie où, sans marquer, il avait été impliqué sur les quatre buts, il a été bon contre l'Australie.

L'idée d'un changement de statut progresse, parce que Benzema a eu trop de difficultés, a passé 15 matches sans trouver les filets avant de conclure le festival offensif des Bleus au Parc des Princes.

"Karim, je comprends qu'on lui ait laissé sa chance peut-être un peu plus qu'un autre parce que c'est un attaquant très talentueux", a dit Giroud en habile diplomate qui patientait dans l'ombre.

"Ça fait deux ans que je suis en équipe de France (...) J'ai toujours été très patient, comme toujours dans ma jeune carrière jusqu'à maintenant, j'en suis fier", a-t-il ajouté.

Sa patience ayant des limites, Giroud n'hésite plus à dire qu'il peut être le numéro un d'autant qu'il n'est plus le joueur de Montpellier qui découvre la Ligue 1 mais un homme de base à Arsenal.

"Oui, quand je suis arrivé ici, je jouais en Ligue 1 un à Montpellier, j'arrivais sur la pointe des pieds, je découvrais l'équipe de France, c'était nouveau pour moi, j'avais l'ambition de revenir plus souvent possible", a-t-il dit.

"Aujourd'hui, je jouis d'une crédibilité tout autre en étant attaquant à Arsenal, en marquant des buts et en jouant la Champions League régulièrement", a-t-il dit en évoquant les bons ballons reçus de Patrice Evra ou Samir Nasri, notamment.

Il l'a renforcée vendredi dans une équipe au sein de laquelle il dit "prendre beaucoup de plaisir" et qui se doit, a-t-il souligné, de conserver son système avec un seul attaquant de pointe. Une façon de pousser Didier Deschamps à choisir ?

"On a marqué dix buts avec un attaquant de pointe, le constat il est là. Oui, aujourd'hui, je serais un menteur si je disais qu'on est meilleur en 4-4-2. Je n'ai pas envie de dire que c'est soit (Benzema), soit moi", a-t-il dit.

"Il y a des constats qui sont là. Après, peu importe le joueur, on peut évoluer avec Karim et moi sur le terrain."

Mais à un mois des barrages par lesquels devront probablement passer les Bleus, il semble avoir pris une petite longueur d'avance.

Edité par Simon Carraud

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