Football: Didier Deschamps ne laissera rien passer aux Bleus

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LES BLEUS N?AURONT PLUS LE DROIT À L?ERREUR, PRÉVIENT DIDIER DESCHAMPS
LES BLEUS N?AURONT PLUS LE DROIT À L?ERREUR, PRÉVIENT DIDIER DESCHAMPS

par Olivier Guillemain

PARIS (Reuters) - Didier Deschamps s'est voulu très clair lundi lors de sa première prise de parole publique en tant que nouveau sélectionneur de l'équipe de France: il sera ferme, exigeant et ne tolérera aucun nouvel écart des Bleus.

Pour appliquer cette philosophie, le capitaine des champions du monde 1998 et des champions d'Europe 2000 dispose d'un contrat de deux ans, reconductible en cas de qualification pour le Mondial 2014, au Brésil.

Fidèle à sa réputation d'homme à poigne, le successeur de Laurent Blanc a tenu un discours sans ambiguïté lors de sa présentation officielle au siège de la Fédération française de football (FFF), évoquant à l'envi les thèmes de "respect", de "cadre" et d'"exemplarité".

"Je suis quelqu'un d'exigeant. Je ne suis pas là pour menacer ou quoi que ce soit, je fais confiance, mais aujourd'hui la situation du football français est telle que les joueurs n'ont plus droit à l'erreur", a expliqué Didier Deschamps.

S'adressant entre les lignes aux "mutins de Knysna" et aux quatre joueurs convoqués devant la commission de discipline de la FFF le 27 juillet pour leur mauvaise conduite pendant l'Euro, "DD" a prévenu qu'il ne tolérerait jamais de tels comportements.

"De par cet historique qui remonte à 2010, le footballeur professionnel qui porte le maillot de l'équipe de France a des devoirs très importants", a-t-il souligné.

"Aujourd'hui, les joueurs ne peuvent pas se permettre le moindre écart. Je ne vais pas analyser ce qu'il s'est passé en Ukraine. Je vais prendre le temps de réfléchir, d'avoir une réflexion approfondie comme je le fais toujours, tout en attendant la décision de la commission de discipline."

Pour éviter que des incidents ne viennent à nouveau écorner l'image des Bleus, l'ancien entraîneur de Monaco, de la Juventus Turin et de Marseille entend fixer les règles du jeu le plus vite possible.

"L'IDÉE D'EXEMPLARITÉ"

"Pour moi, aujourd'hui, en étant sélectionneur, l'important c'est de bien définir un cadre. Les joueurs seront les premiers au courant. Deux aspects seront importants au-delà de la qualité, du talent: la notion de groupe et l'état d'esprit. Tous les joueurs qui sont susceptibles de porter le maillot de l'équipe de France devront le savoir", a-t-il prévenu.

"Le cadre sera bien défini. J'ose espérer que tout le monde ira dans ce sens-là (...) Si j'estime à un moment qu'un joueur peut mettre en péril tout cela, je prendrai une sanction sportive", a-t-il précisé.

"Être un international français, c'est magnifique. Cela doit être un privilège, que ce soit la première, la 50e la 100e sélection. Mais derrière, il doit y avoir l'idée de l'exemplarité."

Pour tourner la page sans froisser personne, Didier Deschamps a refusé d'évoquer le bilan de Laurent Blanc, disant seulement qu'il s'était entretenu au téléphone avec son prédécesseur et qu'il ne lui avait demandé aucun conseil.

"Je voudrais remercier Laurent, avec qui j'ai une relation amicale. Je le respecte beaucoup. Et je le salue lui et son staff pour le travail accompli ces deux dernières années", a-t-il déclaré.

"Je pense qu'il a besoin de récupérer, de se ressourcer en famille. Je me vois mal l'appeler pour faire un état des lieux maintenant, même si cela pourrait être enrichissant pour moi."

"ME BATTRE POUR GAGNER"

Prié d'en dire un peu plus sur ce passage de relais en quelque sorte tronqué entre ces deux "amis", Didier Deschamps a répondu de manière on ne peut plus franche.

"Je pense qu'on peut pas être totalement objectif concernant une situation. Et j'aime bien me faire ma propre impression", a-t-il lâché.

Connu pour avoir été un joueur et être aujourd'hui un entraîneur obsédé par "le culte de la gagne", Didier Deschamps n'a pas érigé au rang de priorité la volonté de faire du "beau jeu", comme l'avait fait avant lui Laurent Blanc à sa place.

Au contraire, le nouveau patron des Bleus a insisté sur l'état d'esprit, la mentalité et la discipline.

"Vous savez comment je conçois mon métier. Ce qui m'importe, c'est me battre pour gagner, de tout faire pour gagner. Pour y arriver, je souhaite voir une équipe qui maîtrise, qui impose à l'adversaire, qui soit efficace dans les deux zones et qui ait le moins possible à subir", a-t-il détaillé.

"Il y aura une idée directrice. Tout dépendra aussi du type de match (...) Mais mon équipe devra afficher une détermination sans faille."

Didier Deschamps aura l'occasion d'en juger dès le 15 août, au Havre lors d'un match amical contre l'Uruguay, avant le début des qualifications pour le Mondial 2014 le 7 septembre, en Finlande.

Edité par Grégory Blachier

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