Football: défaite inquiétante des Bleus face aux Japonais

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LES BLEUS BATTUS PAR LE JAPON EN MATCH DE PRÉPARATION DU MONDIAL
LES BLEUS BATTUS PAR LE JAPON EN MATCH DE PRÉPARATION DU MONDIAL

par Olivier Guillemain

SAINT-DENIS, Seine-Saint-Denis (Reuters) - L'équipe de France de football a connu sa première défaite depuis la nomination de Didier Deschamps cet été en s'inclinant vendredi en match amical contre le Japon (1-0), un résultat inquiétant à quatre jours d'un rendez-vous important en Espagne.

Depuis la prise de fonctions de l'ancien capitaine des champions du monde 1998, juste après l'Euro, les Bleus restaient sur une série honorable: un match nul contre l'Uruguay et des victoires contre la Finlande (1-0) et la Biélorussie (3-1).

Mais cette dynamique s'est brutalement arrêtée au Stade de France, après un contre éclair mené par le joueur de Manchester United Shinji Kagawa et conclu par Yasuyuki Konno, en toute fin de rencontre (88e).

Ce match amical contre le champion d'Asie en titre était censé servir de répétition générale avant le déplacement périlleux à Madrid, mardi, dans le cadre des éliminatoires du Mondial 2014.

Il restera, pour les Bleus, comme une sorte de mémorandum de ce qu'il ne faudra surtout pas faire face aux champions du monde et doubles champions d'Europe en titre.

"Cela arrive dans le football, ce n'est pas toujours celui qui domine qui gagne. On le voit à nos dépens ce soir", a souligné Didier Deschamps à l'issue de la rencontre en faisant référence aux nombreuses occasions manquées par son équipe.

"Quand tu ne peux pas gagner, il ne faut pas perdre. Ça fait mal et c'est même injuste par rapport à tout ce qu'on a fait", a-t-il poursuivi.

Prié de dire quel était son sentiment au soir de sa première défaite en tant que sélectionneur des Bleus, l'ancien entraîneur de l'OM a d'abord laissé passer un long silence, agrémenté d'un soupir, avant de répondre sans détour.

"J'ai toujours horreur de perdre. Même quand on n'a pas fait ce qu'il faut ou que l'adversaire est supérieur. Mais ce soir, ce n'était pas le cas. Je suis déçu pour les joueurs qu'ils n'aient pas été récompensés", a-t-il dit.

L'équipe de France a en effet affiché deux visages à Saint-Denis. Et à entendre les sifflets qui ont accompagné sa sortie à la pause, le public du Stade de France n'a pas apprécié le premier: celui d'une équipe conquérante mais maladroite.

Face à des Japonais dépassés dans le combat physique, notamment dans les airs, les hommes de Didier Deschamps ont presque tout tenté en première période pour ouvrir le score.

LEÇON DE RÉALISME

Plusieurs têtes, des coups francs, des corners et des frappes de loin qui, à chaque fois, n'ont fait qu'alimenter le tableau des statistiques.

Quelque 60% de possession de balle, quatorze tirs pour seulement trois cadrés: voilà à quoi se sont résumées les 45 premières minutes des Bleus, incapables de faire preuve d'assez de réalisme pour tromper la vigilance d'Eiji Kawashima.

Au retour des vestiaires, Didier Deschamps a joué la carte de la prudence et a préféré envoyer sur le banc certains joueurs sur lesquels il compte s'appuyer à Madrid: Karim Benzema, Mathieu Debuchy et Blaise Matuidi notamment.

Malgré une bonne entrée de Franck Ribéry à la 68e minute de jeu, généreux dans l'effort et intéressant dans ses débordements côté gauche, l'équipe alignée en deuxième période s'est montrée beaucoup moins fringante et surtout plus fébrile.

Tout à coup, des actions chaudes signées Shinji Kagawa (55e) et Mike Havenaar (75e) ont souligné la fragilité de l'édifice tricolore.

Voyant que ses hommes étaient en difficulté, sur le plan offensif en particulier, Didier Deschamps a tenté un dernier coup en faisant entrer un nouvel attaquant dans le dernier quart d'heure, Bafétimbi Gomis.

Mais l'entrée du Lyonnais n'a pas changé grand-chose puisque ce dernier ne s'est signalé qu'en inscrivant un but sur hors-jeu, après un retourné acrobatique manqué d'Olivier Giroud (78e).

Et quelques minutes plus tard, la stratégie japonaise de prendre leurs adversaires en contre a payé, au terme d'une action qui sonnait comme une leçon de réalisme.

Les Bleus ont désormais quatre jours pour se remettre de cette défaite un brin cruelle.

"Vous savez ce qui nous attend. On va pas s'attarder plus que ça sur ce match. On va essayer de récupérer et bien préparer le rendez-vous de mardi", a d'ailleurs expliqué Didier Deschamps.

Edité par Simon Carraud

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