Football: Dario Cvitanich fait le bonheur de Nice

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DARIO CVITANICH FAIT L'UNANIMITÉ À NICE
DARIO CVITANICH FAIT L'UNANIMITÉ À NICE

par Etienne Ballerini

NICE (Reuters) - L'attaquant Dario Cvitanich fait déjà l'unanimité à Nice où ses dix buts en une demi-saison de Ligue 1 et le coût modique de son transfert lui valent d'être considéré comme la bonne pioche européenne de l'été.

Le natif de Baradero, dans la banlieue de Buenos Aires, était un inconnu lorsqu'il a signé, en août dernier, un contrat de trois ans avec Nice. Le club azuréen débourse alors 400.000 euros, une bouchée de pain à l'échelle du marché des transferts, pour s'attacher ses services.

Six mois plus tard, il est le deuxième meilleur buteur du championnat et a contribué à la belle première moitié de saison de Nice, cinquième avant d'aller à Lyon pour le dernier match de la phase aller, samedi.

Le président niçois Jean-Pierre Rivère, obligé de composer avec des moyens limités l'été dernier puisque la masse salariale de son club était encadrée, explique avoir été autant séduit par l'homme que par le joueur, qu'il suivait de longue date.

"Ça ne s'est pas fait sur un coup de dé", a-t-il expliqué à Reuters.

"Dans notre recrutement on a été très vigilant, on a regardé autant les pieds que la tête. Cvitanich, on l'a suivi plus d'un an, on voulait s'assurer qu'il rentrait dans un projet et un style de jeu qu'on souhaitait mettre en place."

Il a donc fallu obtenir l'aval de l'entraîneur Claude Puel, arrivé l'été dernier lui aussi.

"Quand Claude Puel nous a rejoints on lui a demandé de valider notre choix. Il l'a fait après avoir appelé un copain en Argentine qui l'a rassuré. Alors on a dit banco", souligne Rivère.

Les Niçois ont su profiter d'une aubaine puisque l'Ajax Amsterdam ne voulait plus de Cvitanich, un joueur acheté sept millions d'euros au CA Banfield en 2008 mais qui ne s'est jamais imposé aux Pays-Bas.

Auteur d'une première saison prometteuse avec l'Ajax (18 matches de championnat, neuf buts), l'Argentin a pâti de la concurrence de l'Uruguayen Luis Suarez, aujourd'hui à Liverpool.

Prêté à Pachuca, au Mexique, il revient début 2011 mais n'arrive pas à faire son trou et repart dans son pays où il se refait une santé sous les couleurs de Boca Juniors, disputant 39 matches et inscrivant dix buts.

BLUFFANT

L'Ajax cherchant à s'en séparer, la balle est dans le camp du joueur qui choisit Nice, où le tapis rouge est déroulé.

"L'accueil, l'environnement, il faut tout faire pour mettre les joueurs en réussite et j'y tiens", souligne Jean-Pierre Rivère.

Les autres Sud-Américains de l'effectif - son compatriote Renato Civelli, le Colombien David Ospina - lui permettent de s'affranchir de la barrière de la langue française, qu'il comprend déjà, et Cvitanich s'adapte très vite.

Joueurs et dirigeants louent la "belle" mentalité de l'Argentin de 28 ans, attaché à l'équilibre collectif et conscient que sa réussite "est la résultante du travail de ses coéquipiers autour", selon Claude Puel.

A l'évocation de son avant-centre, Valentin Eysseric n'a que des qualificatifs élogieux : "pas égoïste, bon mec, simple, discret, sociable".

Le jeune milieu offensif a apprécié de voir Cvitanich se jeter dans ses bras pour le remercier de sa passe décisive sur le second personnel de l'Argentin, le week-end dernier contre Evian-Thonon-Gaillard (3-2) en championnat.

Valentin Esseyric se dit bluffé par "sa protection de balle exceptionnelle, sa capacité à la garder pour l'équipe, un sang- froid incroyable dans la surface".

Eric Bauthéac, autre recrue de l'été, dit se retrouver dans "le battant et sa grinta communicative, qui nous oblige à le suivre".

"Il sait bouger les défenses en jouant avec son corps. C'est un vrai renard des surfaces, mais aussi le premier défenseur. Et je sais qu'on peut se trouver les yeux fermés", détaille l'attaquant arrivé de Dijon.

Surtout, "on le regarde, on apprend des choses", disent en choeur Eysseric, 20 ans et novice en Ligue 1, comme Bauthéac, 25 ans mais une seule saison au plus haut niveau, dont les ballons trouvent de plus en plus souvent preneur.

Edité par Gregory Blachier

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