Football: City va combler son retard en formation, dit Vieira

le
0
PATRICK VIEIRA VEUT COMBLER LE RETARD DE MANCHESTER CITY DANS LA FORMATION
PATRICK VIEIRA VEUT COMBLER LE RETARD DE MANCHESTER CITY DANS LA FORMATION

par Keith Weir

MANCHESTER, Angleterre (Reuters) - Propulsé au sommet du football anglais grâce à l'apport financier d'Abou Dhabi, Manchester City investit désormais dans la formation de jeunes talents pour se maintenir à niveau.

Le champion d'Angleterre en titre est en train de se doter d'un centre de formation, dont le coût est estimé à 100 millions de livres (117,5 millions d'euros), juste à côté de l'Etihad Stadium.

Prévu pour fonctionner dès le début de la saison 2014/15, il devrait former quelque 400 jeunes joueurs aux côtés de l'équipe première.

Salles de classe, logements et même un stade de 7.000 places: tout est prévu pour éduquer et faire progresser les jeunes pousses de City.

Le club, financé par le cheikh Mansour ben Zayed al Nahyan, doit désormais se conformer aux règles de fair-play financier imposées par l'UEFA. Bonne nouvelle pour City, les dépenses liées à la formation n'entrent pas en ligne de compte.

Responsable du développement du club mancunien en Angleterre ainsi qu'à l'étranger, l'ancien international français Patrick Vieira estime que le football anglais doit changer de culture.

"Avec le nombre de gens qui jouent au football et le nombre de gamins qui adorent ce sport et le pratiquent, je crois qu'il n'y a pas assez de talent si l'on regarde ce que le football représente dans ce pays", dit Vieira, ancien joueur de City et d'Arsenal, dans un entretien à Reuters.

"C'est décevant car j'adore ce pays, la passion des supporters et des gens."

Vieira, 36 ans, a débuté en France et a également évolué en Italie.

Il appelle à la patience envers les jeunes joueurs, estimant qu'une trop grande pression peut retarder leur développement.

"Ce n'est pas une question de victoire ou de défaite. L'essentiel c'est de progresser, année après année," explique-t-il.

EN RETARD

En France, raconte Vieira, l'accent était mis sur la familiarisation au monde professionnel, sur la qualité de passe et la vision du jeu.

"Faites-vous plaisir, n'ayez pas peur de jouer, n'ayez pas peur de vous tromper parce que tout le monde se trompe, voilà ce qu'on devrait dire aux jeunes", explique l'ancien capitaine d'Arsenal.

"Ce qui est important c'est d'apprendre de ses erreurs."

La Premier League anglaise, championnat le plus riche du monde, a récemment changé les règles du jeu, autorisant les clubs qui disposent des centres de formation les mieux classés à engager à plein temps des jeunes de 12 ans et à recruter dans tout le pays.

"La grande différence entre les jeunes Anglais et les jeunes Français, Espagnols ou Néerlandais, c'est que sur le continent, les gamins passent plus de temps sur le terrain d'entraînement", relève Vieira.

"Le changement de règles a contribué à former de meilleurs jeunes et je crois qu'il est important qu'un club comme City puisse recruter un jeune garçon de Londres".

Les nouvelles règles mettent également l'accent sur l'éducation, sur et en dehors du terrain.

"C'est important car en tant que club de football, nous voulons que ces joueurs soient de bonnes personnes, qui puissent faire face aux difficultés de la vie", dit Vieira.

City s'aperçoit du retard à combler en termes de formation par rapport à des puissances traditionnelles du football européen.

"Barcelone fait ça depuis 35 ans et cela ne fait que quelques années que nous nous y sommes mis et nous sommes loin, bien loin derrière", explique-t-il.

"Mais dans les quatre ou cinq ans à venir, j'espère que nous aurons en équipe première des jeunes du centre de formation parce que nous avons quelques joueurs qui sont vraiment très bons".

Julien Prétot pour le service français, édité par Grégory Blachier

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant