Football: Carlo Molinari blessé par la chute de Metz en National

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par Dimitri Rahmelow

METZ, Moselle (Reuters) - Une semaine après la relégation du FC Metz en National pour la première fois de son histoire, Carlo Molinari, son emblématique ex-président, dit sa douleur face à la chute du club lorrain.

"J'ai vécu cette relégation de l'intérieur. Ça a été très difficile et pénible", raconte dans un entretien à Reuters le désormais président d'honneur des Grenats, qui a dirigé le club pendant 37 années (1967-1978 et 1983-2009).

"Jamais je n'aurais imaginé, compte tenu de nos structures, de ce qu'on représente et de notre palmarès, qu'on puisse un jour jouer en National, même si c'est un championnat de valeur et qu'il n'y a pas honte d'en être pensionnaire."

Sous la gouverne de l'ancien vice-président de la Fédération française de football, connu pour sa bonhommie et ses bons mots, Metz a été vice-champion de France en 1998, vainqueur de la Coupe de France en 1984 et 1988 et champion de Ligue 2 en 2007.

Depuis trois saisons, Carlo Molinari, 79 ans, a pris du recul, fatigué par l'exercice de la présidence. Il a vendu une partie de ses parts à Bernard Serin, un entrepreneur ayant fait fortune en Belgique mais novice dans le monde du football.

"Si je suis responsable de la situation? Difficile à dire, parce que je ne suis plus dans l'opérationnel au club. Honnêtement, je ne sais pas", poursuit l'un des grands personnages du football français, comme l'ancien patron d'Auxerre Jean-Claude Hamel et le tout frais champion de France avec Montpellier, Louis Nicollin.

"LA L2 L'AN PROCHAIN"

Les supporters et certains observateurs ont souvent raillé la façon dont il avait utilisé la manne financière issue de la deuxième place atteinte en 1998, lorsque Metz avait été devancé par le RC Lens lors de l'ultime journée de championnat.

"Ils peuvent peut-être aussi remonter à la gestion de 1967. Ce n'est pas sérieux de dire ça! Jusqu'en 2008 on a toujours navigué entre la Ligue 1 et la Ligue 2", se défend Carlo Molinari qui espère revoir rapidement son club chéri parmi l'élite.

"Il faudra prendre en compte les erreurs commises et repartir sur des bases nouvelles en essayant de réunir toutes les bonnes volontés. Il faut un retour à une normalité: la Ligue 2 d'abord et dans un avenir proche, la Ligue 1", calcule-t-il.

La tâche ne sera pas simple même si le club conservera son statut professionnel pour au moins une saison et prévoit un budget de huit millions d'euros l'an prochain.

"Économiquement, aujourd'hui, ce n'est pas possible", reconnaît Carlo Molinari, dont le club a passé 57 saisons en première division, ce qui le place au cinquième rang des clubs français en nombre d'années au plus haut niveau.

"L'actionnaire principal va investir. Il faut revenir en Ligue 2 dès la saison prochaine. Ne vous appuyez pas sur des on-dit. Il faut arrêter de fantasmer", ajoute-t-il, agacé par les bruits faisant état de grandes difficultés budgétaires.

Le club doit passer prochainement devant la Direction nationale du contrôle de gestion pour faire valider ses comptes.

S'il était recalé, une relégation administrative pourrait être prononcée et Metz vivre la même mésaventure que le RC Strasbourg, champion de France 1979, qui évoluait cette saison en CF2, le cinquième niveau national.

Edité par Gregory Blachier et Gilles Trequesser

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