Football: Al Khelaïfi voit le PSG en locomotive

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par Gregory Blachier

PARIS (Reuters) - La montée du Paris Saint-Germain jusqu'au plus haut niveau européen passe par un développement du football français dans son ensemble, dont le PSG doit être la locomotive, estime son président Nasser Al Khelaïfi.

Le patron de Qatar Sports Investments (QSI), arrivé à la tête du club parisien il y a près d'un an et demi, est très ambitieux et le répète à l'envi.

"Notre priorité, c'est d'être champion de France, de nous qualifier automatiquement pour la Ligue des champions chaque année et d'y être compétitifs", a-t-il résumé dans un entretien à Reuters.

"C'est un projet très excitant. Nous ne sommes pas encore un grand club mais notre projet est très simple: nous voulons être un des meilleurs clubs d'Europe d'ici cinq ans", assène-t-il.

Dès sa prise de pouvoir, QSI avait énoncé cet objectif même si tout semblait à construire dans ce club aux résultats en dents de scie et loin des standards européens.

"Nous sommes à Paris parce que Paris est unique. Je ne le dis pas seulement parce que j'en suis le président. Le PSG est le seul club de la capitale, donc il est unique, on ne peut pas le comparer aux autres clubs", souligne Nasser Al Khelaïfi.

"Nous ne somme pas encore un grand club européen, mais je suis confiant. Nous attendons beaucoup du PSG en terme de revenus, de supporters, de résultats. J'espère que nous allons vraiment nous régaler."

"ÇA PREND DU TEMPS DE CONSTRUIRE"

Pour atteindre ces objectifs, QSI a réalisé des dépenses colossales à l'échelle de la Ligue 1.

En un an, le PSG a investi quelque 250 millions d'euros pour attirer sur les pelouses françaises une pléiade d'internationaux dont, cet été, le Suédois Zlatan Ibrahimovic ou le Brésilien Thiago Silva, deux des meilleurs joueurs au monde à leur poste.

Mais cet assemblage de stars confirmées ou en devenir a du mal en ce début de saison, ce qui semble "normal" au président.

"Ça prend du temps de construire une équipe", pose-t-il.

"Je suis très confiant mais je sais que nous avons beaucoup de travail à faire. Il ne suffit d'avoir confiance et d'attendre assis tranquillement. Il faut montrer sur le terrain que nous sommes prêts à travailler dur."

Tous les observateurs ou presque voyaient dans le PSG un ogre. Or les trois premières rencontres de championnat se sont soldées par autant de nuls, dont deux 0-0 parfois désespérants en terme de jeu, à Ajaccio et face à Bordeaux.

La puissance financière du PSG est telle que ce club n'a, aujourd'hui plus jamais, pas le droit à l'erreur.

"Notre problème, c'est que nous avons une pression énorme. Les attentes sont très fortes après le mercato que nous avons fait", reconnaît Nasser Al Khelaïfi.

"Mais nous devons utiliser cette pression comme un élément positif, pas négatif, et les joueurs le comprennent."

Les attentes seront tout aussi élevées quand le PSG s'attaquera en septembre à la Ligue des champions où il a hérité, pour son retour après sept ans d'absence, d'un groupe à sa portée avec Porto, le Dynamo Kiev et le Dinamo Zagreb.

"Ce n'est pas un tirage facile comme le disent les gens", juge Al Khelaïfi.

"Notre objectif a toujours été clair, c'est d'être compétitifs. Cela veut dire se battre à chaque match, nous donner à 100%. Le résultat, vous savez, seul Dieu sait ce qu'il sera... Rien n'est garanti dans le football."

"MARQUES INTERNATIONALES"

L'équipe a pourtant été construite pour faire un peu plus que donner le meilleur et une élimination à l'issue de la phase de groupe constituerait un échec. Nasser al Khelaïfi ne le clame pas mais, à défaut, le sous-entend.

"J'ai vraiment confiance en cette équipe. Nous avons un entraîneur expérimenté qui l'a gagné deux fois (avec le Milan AC, ndlr), nous avons aussi des joueurs qui ont une grande expérience de la Ligue des champions, donc nous sommes très enthousiastes à l'idée de voir notre équipe en Ligue des champions", dit-il.

Cette compétition sera d'autant plus importante pour le PSG qu'il y bénéficiera d'une exposition à la hauteur de ses ambitions, ce que la Ligue 1 ne peut lui offrir.

Nasser Al Khelaïfi en a bien conscience, qui espère tirer vers le haut un championnat bien loin de passionner ses voisins européens malgré la puissance nouvelle du club parisien.

"Il est important de développer le championnat de France. On se concentre sur le PSG, bien sûr, mais on voit aussi avoir une vision globale et réfléchir à la manière de faire du PSG et des autres clubs des marques internationales", explique-t-il.

"Il y a d'excellents clubs, un championnat avec beaucoup de concurrence. La Ligue 1 mérite d'être à un plus haut niveau que celui auquel il est aujourd'hui", ajoute-t-il en pensant sans doute au bénéfice que le PSG tirerait, en termes d'image et de revenus, d'une meilleure reconnaissance de la Ligue 1.

C'est aussi une façon à peine voilée de faire oeuvre de diplomatie, alors que le PSG est parfois critiqué pour ne pas acheter en France et donc ne pas partager sa fortune.

"On a essayé d'acheter des joueurs français", se défend-il.

"Mais les clubs refusent de les vendre au PSG, ils préfèrent les vendre à l'étranger. Donc si on n'achète pas les joueurs, c'est un problème, et si on les veut, c'est un problème."

Car même si ses résultats ne donnent pas encore le sentiment qu'il domine la Ligue 1, Paris entend bien le faire tôt ou tard. Sa longue route pour devenir un grand d'Europe passe d'abord par là, et Nasser Al Khelaïfi le sait.

Edité par Jean-Loup Fiévet

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