Football: 2012, un monde de premières

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2012: LA ROJA REMPORTE SA TROISIÈME COMPÉTITION MAJEURE D'AFFILÉE
2012: LA ROJA REMPORTE SA TROISIÈME COMPÉTITION MAJEURE D'AFFILÉE

par Gregory Blachier

PARIS (Reuters) - Du jamais vu. Ces trois mots ont été le leitmotiv d'une année de football riche en premières dont les vedettes ont été, et c'en est le paradoxe, celles qui rayonnent depuis déjà quatre ans : l'Espagne, indétrônable, et Lionel Messi, inarrêtable.

Aucune équipe nationale n'avait remporté trois compétitions majeures d'affilée. C'est fait depuis juillet et le deuxième sacre européen de la Roja, après celui de 2008 et son triomphe à la Coupe du monde 2010.

Personne n'avait inscrit plus de buts que Gerd Müller sur une année civile depuis 1972. Le record est tombé par le talent et la régularité de l'Argentin, en route pour un quatrième Ballon d'Or qui serait, là encore, inédit.

Puisque rien ne devait se passer comme avant, Chelsea a remporté la première Ligue des champions de son histoire, avant de devenir le premier tenant du titre à être éliminé dès les phases de groupes.

Et parce que le football est une entreprise planétaire dont les contours évoluent doucement mais sûrement, les instances ont aussi innové : l'Euro 2020 se jouera dans une dizaine de villes à travers tout le continent et l'aide technologique à l'arbitrage est apparue dans une compétition officielle.

Si le football déterminait l'influence d'un pays dans le monde, l'Espagne en serait la première puissance incontestable.

Son équipe nationale l'a confirmé à l'Euro, où elle a donc signé un triplé sans précédent dans l'histoire du football.

Le jeu espagnol, tout en maîtrise du ballon et de l'espace, était déjà un modèle. Il est désormais un absolu, même lorsque Vicente Del Bosque surprend ou agace mais finit par avoir raison, encore, de se priver d'un pur avant-centre.

A l'Euro, l'Allemagne a continué de séduire, le Portugal a enfin pu compter sur un bon Cristiano Ronaldo dans une grande compétition et l'Italie a surpris en même tant qu'elle a ravi, parce qu'elle a été joueuse, entreprenante, audacieuse.

La France s'est, elle, une nouvelle fois montrée trop tendre, ou trop craintive. Elle a surtout manqué de cohésion, d'ambition et de talent. En quart de finale, elle est tombée sans combattre, contre cette infernale Espagne.

L'Italie l'avait malmenée au premier tour et paraissait toute désignée pour faire tomber enfin les lutins Xavi, Iniesta, David Silva ou Pedro du piédestal d'où ils dominent le monde.

La gifle n'en fut que plus spectaculaire, l'apothéose que plus belle pour les Espagnols : 4-0, un écart sans précédent dans une finale de Coupe du monde ou d'Euro.

MESSI, ENCORE ET TOUJOURS

Ce nouveau trophée aurait pu faire du gardien Iker Casillas l'un des favoris du prochain Ballon d'Or. Champion d'Europe, il l'a aussi été dans son propre pays avec le Real Madrid, auteur d'une saison incroyable à 100 points pour ravir le titre au FC Barcelone.

Mais Casillas n'est pas même finaliste dans la course au prix de joueur de l'année, qui reviendra soit à son coéquipier de club Cristiano Ronaldo, soit à son coéquipier en sélection Andres Iniesta, soit à Lionel Messi. Et tous jouent en Espagne.

L'Argentin est favori, encore et toujours. Il n'a pas gagné grand-chose avec le Barça - une Coupe du Roi - en 2012, mais il a de nouveau éclaboussé le monde de sa classe.

Le 15 janvier, Messi inscrivait un doublé en Liga contre le Betis Séville. Onze mois plus tard, il en est à 90 réalisations sur une année civile, record de Gerd Müller - 85 buts en 1972 - battu. Il reste un match samedi en Liga à cet insatiable joueur pour améliorer sa marque.

"La plus grande vertu de Messi c'est de jouer en professionnel comme il jouait étant jeune", dit Tito Vilanova, son entraîneur à Barcelone où l'Argentin, 25 ans, a dépassé cette année les 300 buts en matches professionnels.

S'il reçoit le 7 janvier un quatrième Ballon d'Or, personne ou presque n'y trouvera à redire. Sans doute José Mourinho saura-t-il se distinguer à nouveau, lui qui disait récemment : "si Messi est le meilleur joueur du monde, Ronaldo est le meilleur joueur de l'univers".

Le Portugais est sans doute l'athlète le plus impressionnant du football mondial mais Messi reste plus inventif et son image est plus lisse que celle d'un Ronaldo dont la crise de "mal-être" à Madrid, conclue par une revalorisation, est mal passée.

José Mourinho aura peut-être tort début janvier, mais il a eu raison en mai. En s'adjugeant la Liga avec le Real, il est devenu le premier entraîneur titré dans les trois grands championnats - Angleterre, Italie et Espagne.

DROGBA ET FALCAO, MAÎTRES D'EUROPE

Le premier acte de ce triptyque s'était écrit à Chelsea, dont le "Special One" n'avait pas réussi à faire un champion d'Europe. Sa succession fut un champ de bataille, les victimes nombreuses, puis est venu Roberto Di Matteo, énième fusible.

Triomphant avant l'été, écarté en novembre, l'Italien a eu le mérite, a minima, d'accompagner le dernier fait de gloire de Didier Drogba, imposant comme rarement dans cette campagne européenne, finale incluse sur la pelouse du Bayern Munich.

La "petite" Coupe d'Europe a aussi eu son héros : Falcao a pulvérisé le record de buts en Ligue Europa avec 17 réalisations qui ont offert le trophée à l'Atletico Madrid.

Le Colombien n'a pas ralenti l'automne venu et s'est même offert un quintuplé en Liga il y a dix jours. En août, Falcao avait asservi à lui seul en Supercoupe d'Europe un Chelsea bien incapable de retrouver son âme du printemps.

Les Blues et leur nouvel entraîneur, Rafael Benitez, l'ont encore montré à la Coupe du monde des clubs, où ils ont été battus par les Corinthians de Sao Paulo.

Au moins Frank Lampard n'a-t-il pas eu à y déplorer le refus d'un but valable, comme à la Coupe du monde 2010. La mésaventure n'aurait de toutes façons pu arriver à l'Anglais, puisque la Fifa a lancé l'assistance à l'arbitrage sur la ligne de but.

Une petite révolution dans un sport si peu enclin à évoluer et dont certaines des figures de proue - le président de l'UEFA Michel Platini en tête - y restent hostiles.

Il n'empêche, l'histoire est en marche. Des deux systèmes testés, l'un sera utilisé à la Coupe du monde 2014, avec la bénédiction du président de la Fifa, Sepp Blatter.

Edité par Gilles Trequesser

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