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[Foot] Expulsé pour ses débuts avec Brest, Abdou Sissoko jure qu'il a retenu la leçon :
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Sincèrement, ça va faire une semaine que je suis ici, et dès les deux premiers jours, je me suis senti rapidement un joueur de Brest. Après Troyes, qui est mon club formateur, c’est pour l’instant la meilleure ambiance que j’ai connue. Les joueurs sont solidaires, ils pensent positif et ne pensent pas à se faire de coups bizarres. Le coach rigole avec tout le monde, il parle avec les joueurs quand ça ne va pas, c’est franchement une bonne ambiance. C’est comme à Troyes : c’est une ambiance familiale, personne ne se prend la tête. Je connaissais déjà Diallo Guidileye, parce qu’il a été formé avec moi à Troyes. Je connaissais aussi Ahmed Kantari et Jonathan Ayité, donc l’intégration s’est faite plus rapidement. C’est un plus. Justement, que vous avait dit Diallo Guidileye du Stade Brestois ?
Il m’a dit que ce n’étaient pas forcément les meilleures infrastructures qu’on puisse connaître, mais que l’ambiance était exceptionnelle et que je ne le regretterais pas si je venais ici, parce que vu l’ambiance qu’il y a, elle passe au-dessus de tout. Tout ça avec en plus un coach (Alex Dupont) qui est tranquille et qui a la tête sur les épaules. Le discours que j’ai eu avec Corentin Martins et le coach m’a vraiment plu. Est-ce qu’il était devenu obligatoire pour vous de partir de l’Udinese ?
Ce n’était pas forcément une obligation, parce que je suis jeune et que je suis parti tôt à l’étranger. Maintenant, l’Udinese ne me donnait pas l’opportunité d’avoir plus de temps de jeu. J’ai joué en Coupe d’Italie, ça leur a plu et ils voulaient me garder, mais j’ai un peu fait le forcing pour partir et venir à Brest, à qui j’avais donné ma parole. Je sentais que c’était un challenge qui pouvait être bénéfique pour retrouver du temps de jeu et montrer tout ce que je savais faire. Est-ce que j’ai progressé ? Oui, j’ai beaucoup appris là-bas, notamment tactiquement et physiquement. J’ai appris la langue aussi et je me suis entraîné avec de grands joueurs. Au contact de joueurs comme Benatia ou Di Natale, tu ne peux que progresser. L’Udinese m’a apporté beaucoup et j’espère que je continuerai à apprendre des plus grands joueurs. Même si mon idole reste toujours mon frère, Momo Sissoko. « J’ai vécu la même chose que mon frère » Pourquoi aviez-vous choisi l’Udinese après Troyes ?
Avant que je parte à l’Udinese, si une belle formation de Ligue 1 avait mis l’argent sur la table et avait fait en sorte que je vienne, j’y serais allé. Maintenant, il s’avère qu’aucun club français ne s’est positionné ni n’a fait d’offre alors que je sortais du Tournoi de Toulon avec les Espoirs. L’Udinese est venu et a mis l’argent. C’est un club qui commence à avoir une belle cote, car ils sortent de gros joueurs, ça m’a poussé un peu à partir. Maintenant, une fois que j’aurais purgé mes deux matchs de suspension, si j’arrive à bien revenir dans les plans du coach, à lui rendre la confiance qu’il me donne et à le convaincre de me faire jouer d’entrée, on verra ce qui peut se passer en fin de saison. Au moment où vous avez débuté votre forcing auprès de l’Udinese, aviez-vous d’autres touches que Brest ?
Il y avait d’autres clubs, oui, mais j’ai opté pour Brest, car c’est une équipe à mon image. Une équipe qui est dans les mêmes idées que moi, ça m’a plu. A l’époque, votre frère, Momo (ndlr : milieu de terrain du PSG), vous avait-il conseillé de faire le choix de la sobriété ?
Oui, exactement. Il m’a dit de rester tranquille, de ne pas viser trop haut et de me retrouver sur le banc. Il vaut mieux y aller étape par étape, comme il dit. Après, c’est le Bon Dieu qui décidera de la suite et de ce que je ferai. Pour vos débuts sous le maillot brestois, vous avez reçu un carton rouge pour un tacle trop appuyé. Comment avez-vous vécu cette expulsion ?
J’étais très déçu. Pendant au moins deux jours, j’avais la tête basse. J’étais vraiment déçu car j’arrive dans un nouveau club alors que ça fait six mois que je n’ai pas vraiment joué en championnat, donc j’avais la rage et j’avais faim de jouer. Je voulais tellement montrer ce que je savais faire que je me suis mis dans le mal. Mais c’est une chose qui va me servir pour l’avenir, je vais relever la tête, mon frère Momo m’a dit que ce n’était rien, que ça arrivait. Je me donne à fond aux entraînements pour montrer au coach que je suis toujours là et qu’il pourra compter sur moi après mes deux matchs de suspension. En attendant, j’espère de tout cœur que mes coéquipiers vont réussir à ramasser un maximum de points contre Dijon et Ajaccio. Une expulsion dès le premier match pour votre retour en France, ça rappelle quelque chose…
(Rires) Oui, c’est vrai que pour mon retour en France, j’ai vécu la même chose que mon frère. La France est un peu spéciale aussi par rapport à ça, donc à moi de faire attention la prochaine fois. « Un coach qui me fait confiance, ça m’avait manqué »
Aviez-vous chambré votre frère lorsqu’il avait reçu son carton rouge à Bilbao en Ligue Europa ?
(Il se marre) Non, franchement, je ne pense pas que je peux le chambrer vu tout ce qu’il a fait dans sa carrière. C’est mon frère, donc je l’ai quand même souvent au téléphone, il me dit quoi faire sur le terrain comme en dehors. C’est très important d’avoir un grand frère, qui plus est footballeur, c'est-à-dire le même métier que moi, et qui a une grande expérience. C’est vraiment bien, et c’est un honneur pour moi.
Etes-vous content du choix de votre frère de rejoindre ce PSG nouvelle dimension ?
Oui, je suis vraiment content pour lui. La saison dernière, il n’a pas eu de chance, il s’est blessé alors qu’il sortait d’une grosse saison à la Juve. Mais c’est le Bon Dieu qui décide. Maintenant, comme tout le monde a pu le voir, il est en train de revenir à son meilleur niveau. De toute façon, je n’ai jamais douté de mon frère, je connais ses qualités et je sais que ce n’est que le début de ce qu’il sait faire. J’aurais bien aimé jouer contre mon frère Momo, j’étais un peu dégoûté (Ndlr : Abdou a signé à Brest quelques jours après la victoire du PSG à Brest). Mais on s’est toujours dit que ce n’était pas la fin et on espère pourquoi pas se rencontrer un jour en match ou jouer dans la même équipe. On verra bien Comment voyez-vous la suite pour vous avec Brest ?
Je vais essayer de convaincre le Stade Brestois qu’ils ont fait le bon choix en me prenant pour ces six derniers mois. Je vais essayer d’aider le club à se maintenir en Ligue 1. Je suis venu ici pour faire le maximum de matchs, tout jouer et montrer aux gens qui n’ont pas eu confiance en moi que je suis toujours là, toujours vivant et que je ne compte pas m’arrêter là. A l’Udinese, des gens m’avaient fait des promesses qu’ils n’ont pas tenues. Mais c’est le football, il n’y a jamais de garanties dans ce métier. Maintenant, aujourd’hui si je parle au présent, c’est que je suis au Stade Brestois. J’ai un objectif à atteindre avec eux qui est le maintien. Le reste, on verra à la fin de la saison. Brest, ce n’est que du positif pour moi pour l’instant, à part cette expulsion. J’ai un coach qui me fait confiance, ça m’avait manqué honnêtement, tout comme les gens qui sont autour de moi et m’aident à avancer. J’en avais besoin. Le coach m’a redonné la confiance que je commençais à perdre. Il m’a remonté le moral. A l’Udinese, j’étais moins serein dans mon jeu. Quand j’étais dans le groupe, je me posais des questions, je me disais qu’il ne fallait pas que je me loupe. Ici, je montre ce que je sais faire, j’expose mes qualités et je joue sans pression. A mon âge (21 ans), c’est ce qu’il me faut, c’est le plus important. Avez-vous conscience que vous allez devoir un peu lever le pied au niveau de l’engagement ?
Je voulais tellement bien faire que j’y suis allé un peu trop fort. Mais ce que j’ai fait m’a fait réfléchir et je sais ce qu’il me reste à faire.
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