Foncières : c'est l'obligation qu'elles préfèrent

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(lerevenu.com) -

En 2012, il s'est d'ores et déjà émis pour 134 emprunts obligataires lancés en Europe par des sociétés du secteur immobilier.

Des titres offrant un coupon moyen de 4,74%, reflet direct du bas niveau des taux d'intérêt en Europe, selon les calculs du Financial Times. De plus en plus contraintes par les normes de solvabilité, les banques rechignent à prêter, même à des sociétés contrôlant des biens immobiliers pouvant servir de nantissement à leurs concours. 

Sur les neuf premiers mois de l'année, le total des emprunts obligataires émis par des sociétés du secteur immobilier a atteint 15,4 milliards d'euros, après 8,3 milliards d'euros lancés l'année dernière. Le quotidien britannique évoque un montant possible d'emprunts de 20 milliards d'euros pour l'année 2012 complète. En France, deux petits acteurs cotés de l'immobilier, Capelli (15 millions d'euros) et Frey (21,8 millions) ont même ouvert la souscription de leur emprunt obligataire à des épargnants. 

Le plus grand émetteur d'emprunts obligataires du secteur immobilier aura été, cette année, Unibail-Rodamco. Son excellente signature (A stable, par S&P et Fitch Ratings) lui a permis d'emprunter sur le marché à des taux très bas : 750 millions d'euros, des titres d'une durée de sept ans au taux nominal de 3%, en mars dernier, puis 750 millions (6 ans) à 2,25%, en juillet, et encore 750 millions d'euros sous forme d'obligations convertibles, en septembre, titres émis à un taux encore plus bas (0,75%) pour six ans et une prime de conversion en actions de 35%, enfin, 500 millions d'euros à 1,625% pour une durée de cinq ans, en octobre dernier. A chaque fois, la demande a excédé plusieurs fois le montant des obligations Unibail-Rodamco proposées à la souscription. 

Autre grande foncière cotée de la place de Paris, Gecina a réussi à placer, en avril dernier un emprunt obligataire de 650 millions d'euros à sept ans et au taux d'intérêt nominal de 4,75%. Au début novembre dernier, l'agence Moody's a informé qu'elle relevait sa notation de Gecina de Baa3 à Baa2 (perspective stable), du fait « d'une nette amélioration du profil financier du groupe et l'assainissement du bilan (?) d'une performance opérationnelle plus solide, un engagement public à une politique financière plus prudente et une liquidité renforcée ».  

Le Financial Times fait remarquer que, normes de solvabilité obligent, les grandes banques européennes ont réduit à presque rien leurs prêts aux sociétés immobilières, ces cinq dernières années, notamment Commerzbank et Société Générale. Pas d'autre moyen, pour les foncières, que de trouver des financements de marchés et lancer des emprunts obligataires. Reste, souligne un expert du secteur interrogé par le quotidien, que, dans la plupart des cas, les foncières émettent des obligations, moins pour financer leur expansion que refinancer des lignes de crédit bancaire arrivées à échéance. 
 

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