FO rejette les améliorations promises sur la loi Travail

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Sparks fly as an employee works on a rail at the Tata Steel rails factory in Hayange
Sparks fly as an employee works on a rail at the Tata Steel rails factory in Hayange

PARIS (Reuters) - Force ouvrière a jugé dimanche insuffisantes les améliorations au projet controversé de réforme du Code du travail proposées par Manuel Valls, appelant à un retrait du texte.

Dans un entretien accordé au Journal du Dimanche, le Premier ministre se dit prêt à "enrichir et compléter" ce texte, tout en excluant un retrait du texte, jugeant qu'un statu quo "serait terrible".

Il précise notamment que les dispositions sur la barémisation des indemnités prud’homales et la définition des licenciements économiques, dénoncées par les syndicats, "feront, bien sûr, l’objet d’améliorations."

Mais cette perspective n'a pas convaincu FO, qui fait partie des syndicats ayant appelé à la mobilisation les 9 mars et 31 mars contre ce texte.

"Il ne s'agit pas de négocier à la marge une ou deux mesures, négocier la longueur de la chaîne et le poids du boulet, mais c'est bien l'ensemble du texte en l'état et sa philosophie que nous rejetons", a déclaré dimanche sur BFM TV Pascal Pavageau, secrétaire confédéral et numéro deux de Force ouvrière.

"Nous appelons (Manuel Valls) à retirer ce texte, c'est l'ensemble des articles qu'il faut réécrire", a-t-il ajouté en estimant que "ce texte ne créera pas un seul emploi, par contre, pour les salariés, il détruira leurs conditions et leurs droits de travail."

Le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly doit être reçu lundi à Matignon dans le cadre des consultations engagées par Manuel Valls et la ministre du Travail Myriam El Khomri.

La présentation de ce projet de loi en conseil des ministres ayant été reportée de deux semaines, les négociations avec les partenaires sociaux permettront d'"enrichir" le texte, a assuré le Premier ministre au JDD.

"Il faut, bien sûr, répondre aux interrogations, aux inquiétudes et lever les ambiguïtés, faire évoluer ce qui doit évoluer, d'autant que le projet n'a pas encore été présenté en conseil des ministres", a observé Manuel Valls.

Selon un sondage Odoxa pour Le Parisien-Aujourd'hui en France publié dimanche, une majorité de Français se déclarent plutôt opposés à la réforme du Code du travail portée par Myriam El Khomri (70%) et soutiennent les appels syndicaux à manifester contre ce texte (57%).

Les deux dispositions du projet cristallisant l'opposition des syndicats et d'une partie de la gauche sont également largement rejetées par l'opinion. L'opposition au plafonnement des indemnités prud'homales s'élève à 60% et celle à l'assouplissement des règles de licenciement économique atteint 61%.

Pour autant, 52% des personnes interrogées jugent qu'une réforme du droit du travail pourrait permettre de favoriser l'emploi et l'activité des entreprises, d'après cette enquête, réalisée les 3 et 4 mars auprès d'un échantillon représentatif de 1.021 personnes âgées de 18 ans et plus.

(Myriam Rivet, édité par Pierre Serisier)

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  • sibile il y a 9 mois

    comment ça un chantage ? si une entreprise n'est pas rentable elle meurt, et tous les emplois sont perdus ... c'est ça la réalité

  • paspil il y a 9 mois

    c est bien de parler du plafond qui concerne peu de monde , et pour le plancher qui concerne la majorité des licenciés ... on peut avoir des infos .

  • M6104458 il y a 9 mois

    Lulu Ils représentent beaucoup de fonctionnaires car dans le privé ils sont virés.

  • lucie146 il y a 9 mois

    Avec des Syndicat représentant un majorité de fonctionnaire , la parité public/privé n'est pas respectée.Les 35 heures sont une aberration. complètement déconnectée du monde réel.

  • pbossy il y a 9 mois

    @ Berg690 .. l'accord de Vénissieux portait sur le maintien de l'activité, accompagnée par un plan d'investissement, moyennant des concessions de la part des salariés. Vous appelez cela chantage, j'appelle cela recherche d'une solution pour éviter la fermeture d'un site voué à sa perte considérant les produits "anciens" qu'il fabriquait.

  • SuRaCtA il y a 9 mois

    Berg690 mais il vaut mieux travailler qu'être au chômage, si l'emploi est la grande priorité du gouvernement i lest normal et logique qu'il mette en oeuvre les réformes de nature à dynamiser l'emploi

  • 445566ZM il y a 9 mois

    Monsieur Berg, que voulez-vous dire parlant de Vénissieux, et de Smart en Lorraine ? Les ouvriers se sont prononcés pour travailler plus pour sauvegarder leur usine. Dans votre logique pervertie c'est plutôt fermeture et les indémnités de chômage pour tout le monde. Heureusement, la démocratie progresse.

  • 445566ZM il y a 9 mois

    Merci "akelacca", daccord avec vous. Il subsiste toujours un problème macro-économique. Comment voulez-vous qu'un investisseur s'intéresse à notre pays, où un tribunal peut condamner un patron à reprendre des salariés licenciés, ou à continuer la production d'une usine jugée non-rentable ?

  • akelacca il y a 9 mois

    Ce qui est dommage c’est que les représentants syndicaux locaux et nationaux ne semblent pas du tout avoir le même objectif. Les représentants locaux ayant souvent plus le droit au travail en tête alors que les représentants nationaux prônent un salaria élitiste.

  • d.contan il y a 9 mois

    FO c'est un syndicat de fonctionnaires..c'est grace à eux que les classes moyennes subissent le matraquage fiscal.ces gens ne defendent que leur fond de commerce