Fnac Darty: y a-t-il une vie après Alexandre Bompard ?

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(CercleFinance.com) - L'histoire boursière du groupe Fnac, revenu en Bourse voilà presque quatre ans jour pour jour, a tout de la “success story”. Mais elle est aussi étroitement liée à son PDG, Alexandre Bompard, désormais en partance pour Carrefour. Selon un analyste parisien, la “vacance du pouvoir” qui s'annonce donne une dimension spéculative du dossier.

Retour en arrière : fin 2012, le groupe PPR, depuis devenu Kering, annonçait qu'à défaut d'avoir pu vendre l'enseigne de distribution spécialisée Fnac, il se résolvait à l'introduire en Bourse. Mi 2013, le titre Fnac faisait des premiers pas hésitants sur le marché parisien dans la zone des 20 euros. Rares étaient ceux qui se risquaient alors sur une entreprise dont le modèle économique semblait durablement battu en brèche par la montée en puissance de l'e-commerce.

Force est de constater que, quatre ans plus tard, le tableau est tout autre : le titre a marqué un sommet historique à plus de 70 euros au début du mois de mars 2017, et il ne s'en éloigne guère. En effet, Alexandre Bompard a “reformaté” le logiciel Fnac pour l'adapter à la concurrence et à l'essor de la distribution en ligne. Il a aussi augmenté sensiblement la masse critique du groupe en conduisant le rachat de Darty, autre géant de la distribution spécialisée grand public. Ce qui permet la mise en place de synergies de taille.

Or le 9 juin, Alexandre Bompard a indiqué qu'il démissionnerait de ses fonctions de PDG de Fnac Darty en date du 17 juillet. Il partira alors chez Carrefour et prendra la suite de Georges Plassat.

Pour le groupe, une page se tourne alors que la croissance devrait être inscrite aux abonnés absents cette année : les ventes du premier trimestre se sont tassées d'environ 3%, a-t-on appris en avril dernier. Et le consensus n'est pas des plus engageants : en moyenne, selon les analystes, le CA de 2017 de Fnac Darty devrait s'établir à 7.416 millions d'euros. Soit deux millions d'euros de moins que celui constaté en 2016.

Bref, Fnac Darty perd son patron alors même que les synergies issues du rapprochement avec Darty n'ont pas donné leur pleine mesure, et que la croissance marque le pas.

Bien sûr, on sait depuis le printemps que le groupe compte atteindre dès 2018, et non plus en 2019, l'objectif de synergies de 130 millions d'euros, qui devrait être à moitié réalisé dès mi 2017. Mais le successeur de M. Bompard saura-t-il reprendre ce train en marche ?

Toujours optimiste et visant 89 euros sur le titre, les analystes de Société générale (SG) avancent une autre raison d'espérer : l'intérêt spéculatif du dossier. “Selon nous, le départ d'Alexandre Bompard pourrait rendre Fnac Darty plus vulnérable et en faire une proie potentielle idéale dans un secteur en consolidation”, indique une note de recherche datée du 12 juin.

Arguments développés par SG : certes, Fnac Darty est devenu le numéro trois européen des distributeurs d'électronique grand public. Mais face à l'allemand Ceconomy (près de 22 milliards d'euros de CA), bientôt scindé du géant allemand Metro, le groupe français n'est pas bien gros. Et il reste très centré sur l'Hexagone, ce qui pourrait ainsi intéresser... l'allemand Ceconomy, qui en est pratiquement absent.

Autres candidats putatifs au rachat de Fnac Darty, toujours selon SG : Carrefour, “qui peine à déployer la bonne stratégie dans le non-alimentaire et à monter en puissance sur Internet”, ou encore le britannique Dixons, focalisé sur son marché domestique.

EG


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