FMI-Un Brexit déclencherait un cycle de faible croissance

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    LONDRES, 13 mai (Reuters) - Le Royaume-Uni risque d'être 
entraîné dans une spirale autoalimentée de faible croissance 
économique et de baisse des prix des logements et des valeurs 
boursières si les électeurs votent en faveur d'une sortie du 
pays de l'Union européenne le 23 juin, a averti vendredi le 
Fonds monétaire international (FMI). 
    "Un vote en faveur d'une sortie déclencherait une période 
prolongée d'incertitude accrue, entraînant une forte volatilité 
sur les marchés", écrit le FMI dans son rapport annuel sur 
l'économie britannique publié vendredi. 
    Un arrêt brutal des investissements dans des secteurs 
essentiels de l'économie tels que l'immobilier d'entreprise et 
les services financiers pourrait aggraver le déficit record du 
compte courant britannique, ajoute le Fonds.     
    "De telles réactions de marché pourraient provoquer une 
forte contraction de l'activité économique, ce qui à son tour 
pèserait encore sur le prix des actifs dans une spirale 
autoalimentée."  
    Le coup porté à l'économie britannique serait "assez rude 
voire très, très rude", a ajouté la directrice du FMI, Christine 
Lagarde, lors d'une conférence de presse.  
    Selon le rapport du FMI, après un Brexit, il faudrait des 
années au Royaume-Uni pour renégocier ses accords commerciaux 
avec l'Union européenne et les autres économies mondiales, ce 
qui freinerait l'investissement et pèserait lourdement sur la 
confiance des consommateurs et des milieux d'affaires. 
    Le Fonds a également répété son avertissement du mois 
dernier selon lequel le choc au Royaume-Uni à la suite d'un 
Brexit pourrait perturber l'ensemble de l'économie mondiale. 
    "L'effet de contagion pourrait provoquer des conséquences 
indirectes sur les marchés régionaux et mondiaux même si le 
principal effet serait ressenti sur le marché intérieur." 
    "Bien qu'il y ait une grande incertitude sur la réaction des 
marchés à un vote en faveur d'une sortie, sachant 
qu'historiquement, l'impact de ce type d'événement est limité, 
il pourrait être négatif et il pourrait être grave." 
    Jeudi, la Banque d'Angleterre (BoE) a prédit un fort 
ralentissement de la croissance britannique, avec le risque que 
le pays entre en récession, si la Grande-Bretagne quittait 
l'Union européenne, sans plus de précisions.   
    L'Organisation pour la coopération et le développement 
économiques (OCDE) a aussi prédit qu'un Brexit serait un "choc 
négatif majeur" pour l'économie britannique.   
    Ces prédictions ne semblent pas avoir eu d'influence majeure 
sur les électeurs. Les Britanniques pensent bien que ce serait 
mieux pour l'économie de rester dans l'Union européenne, mais 
ils restent également partagés dans leurs intentions de vote. 
 
 (William Schomberg, Juliette Rouillon pour le service français, 
édité par Bertrand Boucey) 
 
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