FMI et UE divergent sensiblement sur la Grèce

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FMI ET UE DIVERGENT SENSIBLEMENT SUR LA GRÈCE
FMI ET UE DIVERGENT SENSIBLEMENT SUR LA GRÈCE

par Dina Kyriakidou et Lesley Wroughton

ATHENES/WASHINGTON (Reuters) - Les bailleurs de fonds internationaux de la Grèce divergent sensiblement quant aux moyens à adopter pour résoudre la crise de la dette de ce pays, le FMI exigeant notamment que les pays de l'UE inscrivent une décote sur la dette grecque qu'ils détiennent à l'image de ce qu'ont accepté bon gré mal gré les créanciers privés.

Des responsables grecs et de la "troika" - Union européenne, Fonds monétaire international et Banque centrale européenne - ont dit à Reuters que la tension était montée d'un cran dans la mesure où le FMI se faisait plus exigeant.

"L'Europe veut plus de temps pour voir ce qui se passera avec l'Espagne et l'Italie, peut-être même après les élections allemandes de 2013", a dit un haut fonctionnaire grec. "Le FMI veut que l'Europe présente sur le champ une solution globale à ses problèmes".

Le FMI considère qu'une restructuration de la dette grecque est désormais essentielle pour qu'Athènes atteigne ses objectifs, bien que des responsables de l'institution internationale disent qu'aucune proposition formelle n'ait encore été faite.

Mais confrontés à une opinion publique échaudée par les plans d'austérité et incertains de ce que le sauvetage de poids lourds de la zone euro tels que l'Espagne et l'Italie pourrait coûter, les gouvernements européens ne goûtent pas la proposition du FMI.

"Le problème ne se situe pas entre le FMI et Athènes, mais entre le FMI et l'Union européenne (UE)", a ajouté le haut fonctionnaire grec. Un point de vue confirmé par des sources proches de Bruxelles et de l'institution de Washington.

UNE PATIENCE MISE À L'EPREUVE

Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schaüble, dont le propre gouvernement doute de la détermination de la Grèce à tailler dans les dépenses publiques et à augmenter les impôts, s'est exceptionnellement exprimé en public sur les craintes du FMI la semaine dernière.

"Vous devriez demander autour de vous quel est le sentiment au FMI (...) à force d'avoir à faire face constamment à ces problèmes européens et aux échecs répétés des Européens qui ne parviennent pas à atteindre les objectifs fixés", a-t-il déclaré à la presse.

"Il est désormais clair pour le FMI que la Grèce aura besoin de plus de temps ou d'argent, voire des deux", a déclaré un membre de la troïka à Reuters.

Une restructuration, qui pèserait principalement sur les Etats européens et sur la BCE qui détiennent 200 milliards d'euros de dette grecque, pourrait alléger le fardeau d'Athènes.

Les investisseurs privés ont déjà consenti leur propre effort cette année, en acceptant une décote qui a effacé d'un coup les trois quarts de la valeur de leurs créances obligataires.

Mais avec des réformes au point mort et une récession plus importante que prévu, la Grèce risque encore de souffrir un peu plus ou d'infliger plus de tourments à ses créanciers, si elle veut rééquilibrer ses finances et regagner un accès au marché.

A Athènes, la frustration règne. Soumis à la pression croissante de la rue ainsi qu'aux exigences de nouvelles mesures d'austérité de la part des créanciers, le ministre grec des Finances Yannis Stournaras aurait même évoqué sa démission la semaine dernière, a-t-on appris de sources proches du gouvernement.

Le gouvernement grec a demandé un délai de deux ans pour se conformer aux conditions imposées par les bailleurs internationaux. Deux années qui coûteraient 13 à 15 milliards d'euros supplémentaires et qui ne pèseraient pas plus sur les épaules des contribuables européens, selon le ministre grec.

Avec Noah Barkin à Berlin et Jan Strupczewski et Luke Baker à Bruxelles, Wilfrid Exbrayat et Agathe Machecourt pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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