Florence Cassez se dit innocentée à son arrivée à Paris

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FLORENCE CASSEZ EST ARRIVÉE À PARIS
FLORENCE CASSEZ EST ARRIVÉE À PARIS

PARIS (Reuters) - Florence Cassez a estimé jeudi, à son arrivée à Paris, avoir été innocentée par la Cour suprême du Mexique, qui a procédé la veille à sa libération immédiate après sept ans passés en prison pour complicité d'enlèvement.

Trois des cinq juges de la Cour suprême ont reconnu que les droits fondamentaux de la Française de 38 ans avaient été violés au cours d'un procès entaché d'irrégularités, ont annulé la condamnation et ont ordonné sa libération. Mais la Cour ne s'est pas prononcée sur la culpabilité de Florence Cassez.

"Je crois que j'ai été innocentée, la Cour suprême a déclaré ma liberté immédiate et absolue et, libre, je l'ai toujours été dans ma tête", a-t-elle déclaré à BFM TV à son arrivée. A la question de savoir ce qu'elle souhaitait faire désormais, elle a répondu : "Profitez des miens, vivre."

Son avocat français, Frank Berton, a lui aussi insisté sur l'innocence de sa cliente.

"J'entends dire à peine le pied en France que peut-être la Cour suprême n'a pas parlé ou démontré l'innocence de Florence", a-t-il dit à la presse. "Ca suffit. La Cour suprême vient de dire que cette femme est innocente, elle l'est. Elle a été libérée, libérée après tant de temps de détention."

L'avion de Florence Cassez, qui a toujours clamé son innocence, s'est posé vers 13h40 sur le tarmac de l'aéroport Paris-Charles de Gaulle. Elle a été accueillie par sa mère, son frère, des proches, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, et le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier.

"On est formidablement heureux pour Florence", a dit Laurent Fabius. "Il a fallu un courage formidable, parce que tenir pendant sept ans, c'est une ténacité absolument magnifique. Maintenant elle va se reconstruire (...) Bienvenue en France."

Florence Cassez avait quitté mercredi soir la prison pour femmes de Tepepan, à Mexico, avant de prendre un avion pour la France en compagnie de son père et Frank Berton.

François Hollande, qui n'était pas présent à l'aéroport, recevra Florence Cassez et sa famille vendredi à 19h à l'Elysée, a annoncé la présidence française dans un communiqué.

Selon l'entourage de Nicolas Sarkozy, qui se trouve actuellement au forum de Davos en Suisse, l'ancien chef d'Etat devrait voir Florence Cassez "très vite dans un cadre privé".

CASSEZ REMERCIE SARKOZY ET HOLLANDE

Lors d'une conférence de presse à l'aéroport CDG, Florence Cassez a remercié François Hollande et Nicolas Sarkozy pour leur soutien "vital" alors que certains proches de l'ancien président estiment que son successeur occulte le rôle joué par ce dernier.

"Lorsque Nicolas Sarkozy a pris position pour mon dossier, ça a été un moment vital", a-t-elle dit. "Il m'a sauvé la vie, parce que c'est vrai que je suis passée par des moments très compliqués où je me disais 'je n'ai plus envie de me battre'. Dans ces moments là, il est arrivé, ensuite François Hollande. Je leur dois beaucoup."

En 2011, le président Felipe Calderon avait annulé la participation de son pays à l'année du Mexique en France pour protester contre la décision de Nicolas Sarkozy de dédier l'évènement à Florence Cassez.

Recevant en octobre le nouveau président mexicain Enrique Peña Nieto, François Hollande avait indiqué pour sa part faire "confiance à la Cour suprême pour en terminer avec cette situation que nous jugeons douloureuse mais qui est dans la main et entre les seules mains de la justice mexicaine".

Au Mexique, où des milliers d'affaires d'enlèvement restent impunies, la décision de la Cour suprême a été dénoncée par les proches des victimes.

"J'ai souffert en tant que victime pendant plus de sept ans et je pense que la base est là, mettre les vrais coupables en prison, c'est aider les victimes d'enlèvements", a dit Florence Cassez. "C'est une grande victoire aussi pour les Mexicains, dans le sens où justice a été rendue."

La Française avait été arrêtée en décembre 2005 en compagnie de son ami mexicain de l'époque, Israel Vallarta, accusé de commander un gang responsable d'enlèvements, dans une ferme des environs de la capitale.

RÉCUPÉRATION ?

En 2008, elle avait été condamnée à 96 ans de prison au terme d'un procès à huis clos et sans jurés, comme c'est souvent le cas au Mexique, pour enlèvement, association de malfaiteurs, possession d'armes et de munitions. La peine avait été réduite à soixante ans de prison l'année suivante.

Ses avocats faisaient valoir que le témoignage au centre de sa condamnation avait été faussé par une reconstitution diffusée en direct par la télévision mexicaine. L'Agence fédérale (police) mexicaine a reconnu en 2010 avoir procédé à une reconstitution de l'arrestation, expliquant avoir agi à la demande de la presse.

A Paris, l'annonce de sa libération a été saluée par l'ensemble de la classe politique.

François Hollande a salué mercredi la décision de justice et estimé qu'"entre la France et le Mexique, nous avons les meilleures relations qu'il soit possible d'établir."

Invité de Canal +, le ministre délégué aux Affaires européennes Bernard Cazeneuve a imputé jeudi l'heureux dénouement de l'affaire Cassez à "une bonne relation" entre les nouveaux présidents français et mexicain.

Tout en se félicitant de l'issue de la procédure judiciaire, plusieurs élus UMP et proches de Nicolas Sarkozy ont accusé de leur côté François Hollande et le gouvernement de récupération.

"Dans la façon dont il accueille la libération de Florence Cassez, François Hollande est dans son rôle mais je dirais qu'effectivement il a l'habitude de passer sous silence ce qu'ont fait ses prédécesseurs", a estimé sur RTL Claude Guéant, qui s'est occupé de l'affaire Cassez en tant que secrétaire général de l'Elysée pendant le mandat de Nicolas Sarkozy.

"Les commentaires qui sont attribués à certains à l'Elysée disant que c'est le triomphe d'une méthode par rapport à une autre sont de la basse politique politicienne."

Sur BFM-TV RMC, l'ancienne ministre de la Justice Rachida Dati a trouvé "un peu dommage" de la part de François Hollande de ne pas avoir "cité Nicolas Sarkozy qui a quand même été à l'oeuvre", a-t-elle déclaré.

Marine Pennetier, avec Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse

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