Florange, symbole des engagements tenus pour François Hollande

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    * Le président français défend sa politique industrielle 
    * Il ne faut pas vendre de l'illusion, dit-il 
    * FO et la CGT boycottent la visite présidentielle 
 
    par Gilbert Reilhac 
    UCKANGE, Moselle, 17 octobre (Reuters) - Trois ans après la 
fermeture des hauts-fourneaux d'ArcelorMittal à Florange 
(Moselle), François Hollande est revenu lundi sur le site 
sidérurgique pour affirmer qu'il avait tenu ses engagements 
vis-à-vis des salariés et défendre sa politique industrielle. 
    Symbole d'une trahison pour la CGT et FO, organisations 
minoritaires qui ont boycotté la visite présidentielle, 
contrairement à la CFE-CGC et à la CFDT, l'accord passé en 
novembre 2012 entre l'Etat, ArcelorMittal et les organisations 
syndicales, est celui d'un combat gagné pour le président. 
    "Aujourd'hui je voulais venir à Florange pour qu'il y ait un 
symbole", a-t-il déclaré sous les voûtes de béton de Metafensch, 
une plateforme de recherche et développement sur les métaux du 
futur qu'il était venu inaugurer à Uckange, commune voisine. 
    Le président, affaibli par ses confidences à des 
journalistes qui ont été critiquées y compris par ses proches,   
   s'est élevé contre le bilan négatif qui prévaut dans 
l'opinion et au sein d'une partie des syndicats lorsqu'est 
évoqué le sort de l'usine mosellane. 
    L'arrêt des hauts-fourneaux et de la fabrication d'acier 
liquide s'est soldé par la disparition de 629 emplois sans 
licenciement, les salariés étant reclassés sur le site ou placés 
en préretraite. 
    Sur les 180 millions d'euros d'investissement promis par 
ArcelorMittal pour pérenniser 2.000 emplois dans les laminoirs 
qui produisent des aciers haut de gamme pour l'automobile et 
pour l'industrie de l'emballage, 156 sont réalisés ou engagés et 
200 millions autorisés. 
    La plateforme Metafensch, dans laquelle l'Etat a investi 20 
millions d'euros, doit permettre à des entreprises n'ayant pas 
les capacités de recherche d'ArcelorMittal de développer de 
nouveaux produits pour créer les emplois de demain. 
     
    "NE PAS VENDRE DE L'ILLUSION" 
    "Dans la représentation, c'est une usine qui ferme. Elle n'a 
pas fermé. Ce sont des salariés licenciés, il n'y en a eu aucun. 
C'est un plan social. Il n'a pas eu lieu. Ce sont des capacités 
de production qui se réduisent, il y a eu des investissements", 
a affirmé le président. 
    "Ce sont des engagements qui ont été pris mais qui ont été 
respectés", a-t-il ajouté, se démarquant de son prédécesseur, 
Nicolas Sarkozy, qui, en février 2008, avait promis de sauver 
l'usine ArcelorMittal voisine de Gandrange dont les deux tiers 
des équipements avaient néanmoins fermé. 
    Il a lancé des flèches à ceux, à gauche, qui prônaient, tels 
l'ex-ministre de l'Industrie, Arnaud Montebourg, une 
nationalisation du site. 
    "Nous ne devons pas vendre de l'illusion, ne pas semer un 
discours qui serait celui de la magie", a-t-il dit, avant 
d'assurer qu'une nationalisation partielle de hauts-fourneaux 
coupés de leurs débouchés dans les installations aval, n'aurait 
eu "aucun impact, aucun effet". 
    François Hollande, venu soutenir les salariés en lutte en 
février 2012, alors qu'il était candidat à l'élection 
présidentielle, avait eu la prudence de ne pas garantir la 
survie des hauts-fourneaux mais, juché sur une camionnette, 
avait promis de tout faire pour que l'usine "puisse se 
développer, se moderniser". 
    Il avait également promis une loi faisant obligation à une 
entreprise souhaitant fermer une installation rentable de la 
céder à un repreneur, un texte devenu "loi Florange". 
    Contrairement à celles de 2013 et de 2014, la nouvelle 
rencontre entre François Hollande, la direction d'ArcelorMittal 
et les syndicats CFDT et CFE-CGC, s'est déroulée à huis clos, 
hors présence des journalistes. 
    La CGT avait choisi, pendant ce temps, d'organiser une 
journée d'information à l'une des portes d'entrée de l'usine. 
    "C'est une mascarade", a estimé le son secrétaire, Lionel 
Buriello, en soulignant que sur les 180 millions d'euros 
d'investissement promis, seuls 53 millions étaient de nature 
stratégique. "Le reste, c'est ce qui permet de faire tourner 
l'outil de travail". 
    Quant aux suppressions d'emploi, il estime qu'il faut y 
ajouter "plus de 1.800 emplois dans la vallée qui étaient liés à 
l'activité des hauts-fourneaux". 
     "La situation de Florange n'est pas le résultat de ce qu'a 
fait François Hollande", estime pour sa part Frédéric Weber, 
secrétaire adjoint de FO. "ArcelorMittal n'a jamais eu 
l'intention de fermer le site". 
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
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