Florange menacé, inquiétudes pour la compétitivité

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LE GOUVERNEMENT NÉGOCIE LA REPRISE PARTIELLE DE FLORANGE
LE GOUVERNEMENT NÉGOCIE LA REPRISE PARTIELLE DE FLORANGE

PARIS (Reuters) - Redoutée de longue date, la fermeture des hauts fourneaux de Florange (Moselle), qui semble se préciser, ouvre une nouvelle brèche sur le front social pour le gouvernement au moment où le cap des trois millions de chômeurs vient d'être franchi en France métropolitaine pour la première fois depuis 1999.

Les informations faisant état de négociations entre les pouvoirs publics et ArcelorMittal, le propriétaire du site, coïncident aussi avec de nouveaux appels en faveur d'une plus grande compétitivité de l'industrie française qui passerait par des baisses de charge.

En première ligne ces dernières semaines sur les plans sociaux de grands groupes comme PSA Peugeot Citroën et Sanofi ou le dossier de la raffinerie Petroplus, le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, était attendu jeudi après-midi à Florange pour faire le point de la situation.

Son ministère a confirmé que des discussions étaient en cours avec ArcelorMittal "pour garantir l'avenir industriel de la totalité du site" qui, outre deux hauts fourneaux et une aciérie, comprend des installations de traitement de l'acier.

Mais il s'est refusé à commenter les informations de Libération selon lesquelles l'Etat, anticipant une loi en ce sens promise par François Hollande lors de sa campagne présidentielle, voulait obtenir la cession des hauts fourneaux pour leur trouver un repreneur.

Les deux hauts fourneaux de Florange sont à l'arrêt depuis juin et octobre 2011, ArcelorMittal invoquant la faiblesse de la demande d'acier en Europe qui l'a déjà conduit à cesser ses investissements sur autre site du Vieux Continent, celui de Liège (Belgique), qui semble condamné.

Interrogé sur Europe 1, le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé, a pressé le gouvernement de prendre rapidement des mesures en faveur de la compétitivité de l'économie sans attendre les résultats des rapports qu'il a commandés sur le sujet ou des négociations engagées par les partenaires sociaux.

FAIRE MIEUX, FAIRE PLUS

"Je note que la décision de Mittal arrive après que François Hollande a retaxé les heures supplémentaires et supprimé la fiscalité anti-délocalisation que nous avions mise en place", a-t-il dit. "Le véritable sujet, c'est notre compétitivité."

A la question de savoir ce qu'il attendait de l'intervention télévisée du Premier ministre Jean-Marc Ayrault prévue jeudi soir, il a répondu : "Je vais lui demander d'arrêter tout de suite toutes ces commissions et ces faux groupes de travail qu'il a créés pour retarder les prises de décision qui doivent être prises maintenant."

Le directeur général de Crédit agricole SA, Jean-Paul Chifflet, a estimé lui aussi sur RTL que le gouvernement devait aller plus vite, jugeant que les décisions prises jusqu'ici n'allait pas dans le bon sens. "Il faut faire mieux, il faut faire plus, il faut faire plus fort", a-t-il déclaré.

"Il faut que notre pays retrouve de la compétitivité, ça me semble être le seul moyen, un des moyens majeurs dans tous les cas, pour retrouver de l'emploi et du pouvoir d'achat", a-t-il ajouté.

Les patrons des deux grands constructeurs automobiles français, un secteur touché de plein fouet par la crise, ont chacun de leur côté plaidé en ce sens.

"Ce que je demande, c'est que les charges qui pèsent sur le travail aujourd'hui soient diminuées, qu'elles reviennent à un niveau compétitif et quand je parle compétitivité, je ne suis pas en train de parler de la Turquie ou du Maroc, je suis en train de parler de l'Allemagne", a dit ainsi le PDG de Renault, Carlos Ghosn, sur BFM TV-RMC.

Son homologue de PSA Peugeot-Citroën, Philippe Varin, réclame la même chose dans les colonnes du Figaro : "Il est extrêmement important d'alléger les charges sur les emplois (...) si nous arrivions à baisser nos coûts de 5% à 10%, ce serait très substantiel pour le groupe."

Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse

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  • grinchu1 le jeudi 27 sept 2012 à 12:23

    le gouvernement,une fois de plus,se moque des contribuables...

  • ANOSRA le jeudi 27 sept 2012 à 10:40

    Quel repreneur oserait se lancer dans la reprise d'une production en surcapacité mondiale dans un pays où l'on ne travaille que 35h aux charges sociales record ? On attend AdM et son Président normal sur ce dossier!

  • M3484495 le jeudi 27 sept 2012 à 10:30

    Négocier quoi ? L'état français n'est ni vendeur ni acheteur. C'est étrange cette volonté de vouloir négocier alors que l'on est pas dans la partie...

  • pierry5 le jeudi 27 sept 2012 à 09:55

    Je veux dire ( commence à donner...)

  • pierry5 le jeudi 27 sept 2012 à 09:53

    C'est une erreur, personne ne va reprendre ces sites. Même Duferco, bien implanté en Belgique commance à donner des signes de faiblesse et compte lui même fermer des usines. Ce type d'industrie à l'intérieur des terres n'est plusdu tout rentable. Que l'on fasse autre chose.