Florange: les doutes des syndicats s'accentuent sur l'accord avec Mittal

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Trois jours après l'annonce d'un accord entre le gouvernement français et ArcelorMittal, les doutes des syndicats se sont accentués lundi sur l'avenir des hauts-fourneaux de Florange (Moselle), que certains estiment condamnés par l'aciériste.La rencontre prévue mercredi entre le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et l'intersyndicale de Florange se prépare dans un climat de plus en plus tendu, nourri par le flou de l'aciériste sur ses intentions.L'un des fers de lance du combat syndical sur le site lorrain, le délégué CFDT Edouard Martin, a menacé dimanche soir de ne pas se rendre à Matignon, affirmant qu'ArcelorMittal allait procéder "dans les prochains jours" à l'arrêt de l'alimentation en gaz des hauts fourneaux de Florange.Le syndicaliste a nuancé ses propos lundi, affirmant tenir de bonne source que cette alimentation en gaz serait coupée "aux alentours du mois de mars". "Je pourrais aller à Matignon", a-t-il dit, ajoutant cependant qu'il lui fallait des "garanties".La question de l'arrêt des hauts fourneaux, qui sont actuellement en veille, est fondamentale pour les syndicats, dans la mesure où une telle décision condamnerait techniquement selon eux toute relance de leur exploitation.Cela mettrait donc à leurs yeux en péril le projet Ulcos, qui est supposé à terme permettre le redémarrage d'un des hauts fourneaux de Florange dans le cadre d'une expérimentation grandeur nature d'un mode de production d'acier émettant beaucoup moins de CO2.La Commission européenne, qui doit apporter un financement décisif à ce projet, doit prendre sa décision finale sur ce dossier le 20 décembre. Mais d'autres projets sont en concurrence avec celui de Florange.Des experts affirment de leur côté que le maintien "en chauffe" n'est pas indispensable, mais qu'il est primordial de protéger l'installation.De son côté, l'aciériste n'a pas mentionné le projet Ulcos dans sa communication après l'accord avec le gouvernement, accentuant les craintes syndicales. Une source proche du dossier a assuré à l'AFP dimanche que "tant que la procédure, qui va commencer dans les prochains jours, de dialogue social avec les organisations syndicales n'est pas terminée, les hauts fourneaux ne seront pas arrêtés".Dans un entretien accordé dimanche au Républicain Lorrain, le Premier ministre a assuré que l'industriel s'était engagé à "une mise sous cocon" des hauts fourneaux, de manière "compatible" avec la perspective du projet Ulcos, a-t-il ajouté sans plus de précisions.Réunis lundi matin en intersyndicale, les syndicats de Florange ont assuré ne pas avoir encore reçu d'invitation formelle pour se rendre à Matignon. On ira "pour parler des investissements et demander au gouvernement qu'il garantisse à 100% le projet Ulcos", a expliqué Walter Broccoli (FO). Un représentant de la CGT a quant à lui estimé qu'il fallait "dénoncer" l'accord avec Mittal, estimant qu'il n'avait pas fait l'objet de suffisamment de concertation.Au niveau national, le secrétaire général du syndicat, Bernard Thibault, a dénoncé lundi "un renoncement condamnable de la part du gouvernement" dans ce dossier.Son homologue de la CFDT, Laurent Berger, a estimé de son côté qu'il fallait désormais trouver "les moyens de contraindre" le groupe à respecter ses engagements. "Personne ne peut a priori faire confiance à Mittal", a-t-il estimé.Selon le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, Mittal s'est simplement "engagé à étudier le projet" Ulcos.Selon Libération publié lundi, M. Montebourg a dit qu'il avait menacé de démissionner du gouvernement samedi au cours d'un entretien avec le président François Hollande, après avoir été désavoué par le Premier ministre sur le dossier Florange.

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