Florange : le fantôme des hauts-fourneaux

le , mis à jour à 07:25
0
Florange : le fantôme des hauts-fourneaux
Florange : le fantôme des hauts-fourneaux

Les carcasses des hauts-fourneaux dominent toujours la vallée. Mais à Florange (Moselle), les monstres d'acier ne grondent plus depuis 2011. Le silence est pesant. L'atmosphère fantomatique. Dans l'usine ArcelorMittal, le secteur des hauts-fourneaux est même interdit aux ouvriers. Zone surveillée, entourée de caméras et de barbelés. « Quand ils ont été éteints, ça a été la mort de Florange, dénonce un sidérurgiste. L'acier est toujours transformé sur place, mais il n'est plus produit. Résultat, on est devenus dépendants des usines de Dunkerque et de Fos. Forcément, c'est pas la même chose. On a perdu notre âme. »

 

Le traumatisme est partagé par tout le monde ici. Mais personne n'a la même lecture des trahisons passées ou du respect des engagements de l'Etat. Certains salariés bouderont donc simplement la venue de François Hollande aujourd'hui. D'autres iront à sa rencontre pour crier leur indignation. « Nous, nous irons voir le président et c'est bien normal », assure Serge Fusse, responsable CFDT du site, remplaçant du leadeur charismatique Edouard Martin, devenu député européen socialiste.

 

Rumeurs inquiétantes

 

Selon le syndicat majoritaire, l'accord signé fin 2012 entre l'Etat et le PDG indien a été globalement respecté. Les 629 salariés qui s'échinaient dans les hauts-fourneaux ont presque tous été reclassés à Florange. Les 180 M€ d'investissements promis ont été dépassés (ils pourraient atteindre 240 M€ d'ici à fin 2016) et la filière chargée de transformer l'acier importé de Dunkerque pour le secteur automobile a été renforcée. « Le bilan est plutôt positif, mais il faut d'autres engagements pour assurer l'avenir de Florange », tempère Serge Fusse. Ses acolytes de FO et de la CGT sont bien plus sévères. FO entend bien boycotter « le Hollande », comme ses représentants l'appellent, s'il ose venir.

 

« Redorer son blason en expliquant qu'on a ...

Lire la suite de l'article sur Le Parisien.fr


Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant