Flavien Neuvy (Observatoire Cetelem) : "Le consommateur d'aujourd'hui réfléchit et se fait plaisir"

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Flavien Neuvy, le responsable de l'Observatoire Cetelem. All rights reserved
Flavien Neuvy, le responsable de l'Observatoire Cetelem. All rights reserved

(Relaxnews) - Cinq ans après le début de la crise, ce ne sont plus les mêmes consommateurs qui arpentent les rayons des magasins, ou qui se connectent à internet. Les Européens ont changé et ont intégré de nouvelles habitudes, révèle l'Observatoire Cetelem jeudi 5 février. Explications avec Flavien Neuvy, le responsable de cette étude qui aborde sa 27e édition. 

Relaxnews : Cinq ans après le début de la crise, vous tracez dans cette nouvelle édition le portrait du consommateur d'aujourd'hui. Il est devenu raisonnable et raisonné...
Flavien Neuvy : Depuis 2009, le consommateur a été balloté de crise en crise : crise financière, crise de la dette souveraine... Au cours de cette période, il s'est adapté. Il a fait beaucoup de choix et a fait évoluer ses modes de consommation. En 2010, 64% des Européens imaginaient que la crise allait changer notre façon de consommer. Ils ont eu raison. Aujourd'hui, 62% disent bel et bien que leur consommation a évolué au cours de ces cinq dernières années. 

En quoi le consommateur de 2009 est-il différent de celui de 2015 ?
La contrainte financière a poussé le consommateur à opter pour un certain nombre de choses. Ce qui a beaucoup évolué, c'est l'approche vis-à-vis d'un achat. Les Européens comparent davantage. 83% font plus attention aux prix. 80% optent pour des achats malins. 56% luttent contre des achats d'impulsion. Le consommateur d'aujourd'hui réfléchit beaucoup plus, tout en continuant à se faire plaisir. 

De nouveaux outils sont aussi apparus et les ont aidés à transformer leurs achats en actes raisonnés...
Nous avons assisté à une véritable montée en puissance du web et du E-commerce. De nouveaux modèles ont éclos, à l'image de la consommation collaborative. Les consommateurs n'hésitent plus à profiter du covoiturage, à vendre leurs affaires sur le web ou à utiliser l'Internet mobile. En fait, la crise s'est combinée à l'avancée de l'outil technologique. Le choc économique a fait accélérer les choses. 

Et si la crise n'avait pas eu lieu, nous aurions dû attendre davantage pour intégrer de nouvelles habitudes d'achat comme le drive ou l'occasion ?
Crise ou pas crise, certains phénomènes auraient eu lieu. Il n'y avait aucune raison pour que la vente en ligne des produits neufs attende de prendre de l'ampleur. Cela répondait à un besoin et les marchands étaient opérationnels. Toutefois, l'achat d'occasion a été clairement stimulé par la crise. 66% des Européens le pratiquent. Sans la crise, la tendance n'aurait pas émergé aussi rapidement. La consommation collaborative est aussi un bon exemple. 

Dans cette édition, votre étude évoque en parallèle le manque de temps pour les loisirs. Quel constat avez-vous fait ?
La vie moderne est faite d'une multiplicité d'activités : les femmes travaillent, les enfants ont davantage d'activités périscolaires. Nous nous situons dans un contexte où le temps est compté. Et puisque le consommateur a moins de temps, il profite des systèmes qui lui font gagner des minutes, comme le drive. En fait, il ne veut pas perdre de temps pour certains achats, quand pour d'autres, il n'hésitera pas à peaufiner ses recherches d'information, sur internet notamment, avant de se rendre en magasin. 

Quel autre caractéristique définit le consommateur d'aujourd'hui ?
La notion de responsabilité. 67% des Européens regardent davantage la provenance des produits et gardent un oeil sur l'impact environnemental de leur consommation. Il est plus réfléchi. Mais, il y a toujours cette bataille entre consommer responsable, qui coûte plus cher, et défendre son porte-monnaie. 

Ces nouvelles habitudes de consommation sont-elles définitivement ancrées ou peut-on imaginer les abandonner un jour ?
On ne reviendra pas en arrière. Nous les avons complètement intégré dans notre mode de vie. Et nous ne les abandonnerons pas. Demain, nous garderons le réflexe de vendre nos affaires sur le web. Par contre, à l'avenir, nous pourrions renouer avec les achats d'impulsion.

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