« Flash Marché : Le labyrinthe de la FED » (KBL Richelieu)

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Pascal Bernachon livre son point de vue sur la prochaine réunion de la Fed qui se tiendra jeudi.
Pascal Bernachon livre son point de vue sur la prochaine réunion de la Fed qui se tiendra jeudi.

Pour Pascal Bernachon, stratégiste chez KBL Richelieu, la Fed pourrait remonter très légèrement ses taux jeudi prochain, en accompagnant cette mesure d’autres contreparties. Par ailleurs, si les indices boursiers devaient baisser cet automne, cela serait l’occasion de renforcer les positions acheteuses.

A deux jours de la fin de la réunion de la Réserve Fédérale, nous allons essayer d’envisager le type de réponse qu’elle pourrait donner.

Partons déjà du constat que pour de multiples raisons dont les pressions désinflationnistes, l’institution n’a pas pu remonter ses taux au cours des derniers mois après huit années de politique monétaire accommodante, voire ultra-accommodante. La question d’un relèvement de son taux d’intervention se pose donc et ceci paradoxalement au moment où le cycle économique américain est au plus haut et devrait logiquement marquer une légère décrue. Nous pouvons du reste nous demander si la croissance induite directement et indirectement par l’industrie du pétrole de schiste ne marquera pas un retournement avec un prix du baril sous les 50 dollars.

La question est donc de savoir si la FED n’a pas attendu trop longtemps.

A cela, s’ajoutent les inquiétudes des effets de cette hausse sur les flux de capitaux des pays émergents. Les sorties massives que nous avons constatées ces derniers mois ont-elles anticipé déjà ce mouvement ou vont-elles s’amplifier ? Même Mme Yellen ne peut avoir une réponse précise sur cette question.

Face à ce dilemme, que peut faire la FED jeudi soir ?

1) Soit préparer encore plus les marchés à une imminente hausse des taux entre octobre et décembre, mais ceci, à l’appui d’un discours des plus clairs afin que les investisseurs ne prennent pas ce nouveau mois d’attentisme comme un asservissement de la Banque Centrale aux marchés financiers. Ceci pourrait aussi être interprété comme la preuve que l’économie américaine ne bénéficie pas encore d’un momentum assez solide pour l’intégrer. Momentum ne bénéficiant pas de l’appui de la croissance de ses différents partenaires.

2) Autre possibilité, la FED décide une progression minime de son taux d’intervention de l’ordre de 10 à 15 points de base (0,1% à 0,15%) contre les 25 points de base (0,25%) attendus, mais accompagne cette décision d’une réduction de la capacité d’octroi de crédit des banques (spécifiquement crédits consommation et crédits hypothécaires) en mettant en place des opérations de Reverse Repo. Soit offrir aux banques une rémunération compensatrice à leurs dépôts. Par cette action, elle ne réduit pas la liquidité au sens strict du terme mais elle l’ôte indéniablement de la vie économique réelle.

Réaction des marchés

Indépendamment de la vision chartiste qui nous montre un mouvement brutal de baisse des indices US cet automne, nous ne pouvons exclure que la clarté indispensable (et nécessaire) de son communiqué provoque un mouvement haussier rapide mais probablement temporaire.

La confirmation d’un tel mouvement baissier subséquent offrirait une opportunité unique d’investir pour un rebond peut-être aussi conséquent pour la fin de l’exercice.

Sans augurer d’un retour rapide de croissance normalisée dans les nombreux pays émergents fragilisés, nous devrions avoir au cours des mois des signes de stabilisation, d’amélioration et de décisions clairement prises pour que ces pays s’adaptent à la nouvelle donne économique mondiale.

Bon courage Mme Yellen.

Pascal Bernachon, stratégiste KBL Richelieu, pour Boursorama

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