Fitch maintient la note AAA de la France, perspective négative

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FITCH MAINTIENT LA NOTE "AAA" DE LA FRANCE
FITCH MAINTIENT LA NOTE "AAA" DE LA FRANCE

PARIS (Reuters) - Fitch Ratings a maintenu la note "AAA" attachée à la dette souveraine de la France, tout en prévenant que le niveau attendu d'endettement du pays en 2014 se situait à la limite compatible avec cette évaluation, la plus élevée dans l'échelle.

La perspective liée à cette note reste négative avec un risque de dégradation légèrement supérieur à 50%, sur lequel Fitch statuera dans le courant de l'année prochaine, précise l'agence dans un communiqué publié vendredi.

Le ministre de l'Economie et des Finances, Pierre Moscovici, a voulu voir dans cette annonce un "encouragement pour le présent parce que cette agence dit bien que la France va dans la bonne direction, que nous sommes en train de faire des réformes structurelles dont ce pays a besoin."

"Et c'est un aiguillon pour l'avenir, parce que ce que nous dit cette agence, c'est qu'il faut continuer", a-t-il dit sur Europe 1.

A Bruxelles, où il présentait devant la presse les conclusions d'un sommet européen, François Hollande a rappelé que son gouvernement ne déterminait pas sa politique en fonction des agences de notation.

"Nous entendons ce qui est dit mais nous ne déterminons pas notre politique par rapport à telle ou telle agence", a-t-il dit, ajoutant : "Nous déterminons notre politique par rapport à l'intérêt de la France, par rapport à ce que nous voulons lui donner comme force en matière de compétitivité et lui ôter comme faiblesses en matière de dettes et de déficits".

MARGE LIMITÉE

Le chef de l'Etat français a encore estimé que "la vraie note de la France, celle que nous pouvons vérifier chaque jour sur les marchés, c'est les taux d'intérêt" avant de souligner que, depuis son arrivée à l'Elysée, les taux de la dette de l'Etat français "n'ont cessé de baisser".

Fitch dit s'attendre à ce que le ratio endettement/PIB de la France culmine à 94% en 2014 pour baisser progressivement par la suite à 89% d'ici 2017. Le gouvernement prévoit un pic de 91,3% en 2013 et un niveau de 82,9% d'ici 2017.

"Ce chiffre (de 94%) se situe à la limite du niveau d'endettement compatible avec le maintien du statut 'AAA' de la France", prévient l'agence dans son communiqué.

Elle fonde ses prévisions d'endettement sur une croissance de 0,3% l'an prochain et de 1,1% en 2014 avant que l'économie ne converge vers un taux de croissance moyen estimé à moyen terme à 1,6% en 2016. Les estimations du gouvernement sont de 0,8% de croissance en 2013 progressant à 2% à compter de 2014.

Fitch précise que sa décision concernant la note de la France dépendra de quatre critères: le rythme et l'ampleur des réformes, les perspectives de croissance à moyen terme, la probabilité du respect des objectifs en termes de déficits et de dette et les risques budgétaires et économiques liés à la crise de la dette en zone euro.

MARGE FISCALE LIMITÉE

Ses experts soulignent que la note est "potentiellement sensible à des décisions qui auraient pour effet d'augmenter de façon importante la dette publique ou les dettes contingentes du fait d'une intervention de l'Etat dans l'économie et l'industrie nationales".

L'agence relève aussi que "les mesures de consolidation budgétaire prises par le gouvernement en matières de recettes ont d'ores et déjà été mises en oeuvre alors que pour les dépenses, elles s'étaleront sur les cinq prochaines années".

Pour elle, "la marge d'augmentation des prélèvements fiscaux (...) est limitée par la nécessité de renforcer la compétitivité de la France au niveau international."

Si l'agence prend acte de l'engagement du gouvernement à mener des réformes, elle estime que les mesures prises comme celles liées au Pacte national pour la compétitivité et l'emploi, "sont probablement insuffisantes pour inverser le déclin chronique de la compétitivité".

Fitch prévient que les réformes du travail annoncées pour le début 2013 seront pour le gouvernement "une nouvelle occasion importante de prouver sa détermination à mener des réformes structurelles".

La décision de Fitch de maintenir sa note la plus élevée à la France tranche avec celle prise par les deux autres grandes agences de notation, Standard & Poor's et Moody's.

La première a privé la France de sa note triple A en janvier pour la ramener à AA+, et la deuxième l'a abaissée fin novembre d'un cran, de Aaa à Aa1, estimant que ses perspectives de croissance à long terme étaient affectées par une perte de compétitivité graduelle et continue ainsi que par des rigidités des marchés du travail et des biens et services. ()

Standard & Poor's comme Moody's ont maintenu leur note respective sous perspective négative.

Nicolas Delame et Marc Joanny, avec Emmanuel Jarry à Bruxelles, édité par Yves Clarisse et Gilles Trequesser

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