Financement du cinéma : un rapport choc pour sortir de l'ornière

le
27

Rapport Bonnell : 50 propositions pour sauver le cinéma français
Rapport Bonnell : 50 propositions pour sauver le cinéma français

Le rapport Bonnell veut en finir avec le principe de la sortie obligatoire en salle pour toucher un financement public et s'attaque également aux cachets faramineux de certaines stars, sans justification économique.

Bien sûr, il y a « The Artist » ou « La vie d'Adèle » (palme d'or à Cannes en 2013) comme il y a eu « Bienvenue chez les Ch'tis » (plus de 20 millions d'entrées en France !) mais les succès artistiques et/ou commerciaux de quelques films ne doivent pas masquer la réalité : le cinéma français est structurellement déficitaire. Son mode de financement qui a fait ses preuves par le passé et maintenu une production hexagonale, qui reste la plus importante d'Europe, est aujourd'hui à revoir d'urgence selon le constat réalisé par René Bonnell. Le producteur et ancien dirigeant de Gaumont, passé par Canal+ et France Télévisions présente mercredi, à l'occasion des Assises du cinéma, un rapport qui fera date. De 2005 à 2011, le déficit annuel est passé de 303 millions à 402 millions d'euros, sept années d'un déficit chronique qui représente en moyenne près de la moitié des coûts de production. Environ un tiers des films affiche au final un résultat positif.

Empilement des aides, manque de transparence et de coordination des différents intervenants, René Bonnell appelle à une rationalisation du système de financement. Parmi les 50 propositions phares, le rapport pointe du doigt les cachets excessifs de certaines stars, pas vraiment justifiées quand le film se révèle au final un bide commercial. Déjà l'an dernier, la tribune du producteur-distributeur Vincent Maraval avait défrayé la chronique sur ce sujet ô combien polémique en période de crise et d'inflation des salaires de certaines « stars ». Parmi les propositions chocs, le rapport veut également permettre à certains films de sortir directement en vidéo sans être diffusés en salles, condition aujourd'hui indispensable pour bénéficier d'un financement public.

Si René Bonnell ne remet pas en cause le principe de la diffusion exclusive en salles pendant quatre mois (pour les films qui sortent en salles), il propose d'assouplir la « chronologie » des médias concernant notamment la vidéo à la demande par abonnement qui serait fixé à 18 mois et non 36 comme c'est le cas actuellement. La multiplication des supports de diffusion, la révolution numérique obligent à repenser le financement du cinéma. Nul doute que ce rapport va faire couler beaucoup d'encre dans le petit monde du septième art et plus largement dans la sphère médiatique.

J.G

Lire aussi sur Boursorama...

Financement du cinéma : 50 propositions (AFP)

Le rapport Bonnell en intégralité...

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • gaia2011 le jeudi 9 jan 2014 à 12:23

    90% des films profitent de l'argent de nos impôts c'est encore plus faux. Il y a un système d'avance sur recette qui n'utilise pas l'argent de nos impôts mais une somme prélevée sur les entrées en salle. Seuls les films où il y a au générique "avec le soutient de telle région" par exemple ont reçus une aide financière...

  • gaia2011 le jeudi 9 jan 2014 à 12:20

    90% des films ne sont pas rentables, c'est sans doute vrai si on ne compte que les exploitations en salle mais c'est faux au bout du compte c'est à dire quand on additionne les entrées en salle, vente de DVD, droits de diffusions sur Canal+ et télé. Seulement ce sont des retours sur investissement qui demandent plusieurs années...

  • gaia2011 le jeudi 9 jan 2014 à 12:17

    De ce fait une grande partie des intermittents du spectacle n'atteignent pas le nb d'heure et ne touchent rien, il faut le dire. Ils travaillent à coté pour gagner leur vie (modèle pour académie de dessin, cours de danse, etc). S'ils n'atteignent pas leur nombre d'heure ils sont aussi obligé de se payer eux-même leurs formations : stage avec des comédiens expérimentés, perfectionnement sur un type de danse, etc Aucun salarié ne finance lui-même ses formations...

  • gaia2011 le jeudi 9 jan 2014 à 12:14

    Autre exemple les techniciens sur une tournée de concert à grand spectacle : 4h de préparation, installation des décors, éclairages, etc avant chaque concert de 2h. Seul 1/3 du temps travaillé compte. Pour un salarié normal toutes les heures travaillées comptent...

  • gaia2011 le jeudi 9 jan 2014 à 12:11

    Tordons le cou à certaines légendes trop souvent colportée... non le statut d'intermittent du spectacle n'est pas un statut de rêve : pour avoir le droit aux indemnités il faut avoir un certain nombre d'heure de "travail" mais seules certaines heures comptent. Par exemple les répétitions ne comptent pas, seules les heures de spectacle compte... s'il y a 300 représentations tout va bien mais s'il n'y en a que 10 avec 30 heures de préparation et de répétition seules 10h comptent sur 40

  • ttini le jeudi 9 jan 2014 à 12:03

    il serait interessant de voir outre atlantique comment le système fonctionne.

  • jyth01 le jeudi 9 jan 2014 à 11:37

    en réalité, la mise sous perfusion par Jack Lang a eu l'effet inverse...on ne supporte plus les navets français y compris à la télé

  • jyth01 le jeudi 9 jan 2014 à 11:35

    Depuis le temps que je le dis....les anciens du splendide en ont largement profité avec des navets sans entrées

  • je.valle le jeudi 9 jan 2014 à 10:35

    En voila un beau métier : Intermittent du spectacle : les sous tombent et on ne fout rien !

  • GLACEMA le jeudi 9 jan 2014 à 08:03

    Il faut arrêter de financer les navets du cinéma Français