Finance-Macron met ses conditions à une TTF européenne

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    PARIS, 13 juillet (Reuters) - Emmanuel Macron a réaffirmé 
son soutien à la mise en place d'une taxe européenne sur les 
transactions financières (TTF) mais à la condition qu'elle le 
soit dans un "espace cohérent" et une fois la nouvelle donne 
créée par le "Brexit" établie. 
    "Au niveau européen, j'ai dit que j'irai au bout. Je ne 
recule en rien sur ce sujet", a déclaré le président français  
dit dans une interview publiée jeudi par Ouest-France et des 
journaux allemands. 
    "Il faut en même temps une articulation avec l'accès des 
Britanniques à nos marchés financiers dans le cadre du Brexit. 
Sinon, si toutes vos entreprises peuvent aller opérer depuis 
Londres, qui se lancera dans le dumping fiscal, avec les mêmes 
droits qu'à Paris ou à Francfort, elles vont toutes partir", 
a-t-il ajouté. 
    "Je veux la TTF. Je veux une TTF qui s'applique dans un 
espace cohérent, qui ait un sens et qui soit efficace". 
    Des organisations non gouvernementales ont accusé le 
président français de tenir un "double discours" sur 
l'instauration d'une taxe européenne sur les transactions 
financières, un sujet sur lequel 11 pays discutent sans succès 
depuis 2013. 
    Le chef de l'Etat aurait, selon elles, émis le souhait qu'un 
accord intervienne avant la fin de l'été lors d'une rencontre le 
6 juin avec les ONG engagées dans la lutte contre le changement 
climatique, une information jamais confirmée côté Elysée. 
    Mais si l'on en croit la presse belge, il aurait ensuite 
estimé, lors du Conseil européen des 22 et 23 juin, que le  
calendrier de la TTF devait être lié à celui du Brexit, amenant 
les mêmes organisations à s'inquiéter des risques d'un report 
"aux calendes grecques" du dispositif. 
    L'instauration d'une telle taxe ne figurait pas dans le plan 
climat présenté début juillet par le ministre de la Transition 
écologique Nucolas Hulot, alors que son produit doit permettre 
d'aider les pays pauvres à s'adapter aux changements climatique. 
      
    Et le Premier ministre Edouard Philippe vient d'annoncer que 
le gouvernement reviendrait sur l'extension de la TTF française 
aux transactions "intraday" (interjournalières) sur les marchés 
à compter du 1er janvier 2018, qui avait été votée fin 2016, au 
moment où Paris lance une offensive de charme pour attirer les 
institutions financières touchées par le Brexit.     
    "La taxe française a été votée par la majorité précédente, 
de manière démagogique s'agissant des transactions 'intraday', 
en sachant que c'était infaisable", a expliqué Emmanuel Macron à 
Ouest-France. 
    "Si vous la faites seul, il n'y a plus de transactions chez 
vous ! Il n'y a plus une entreprise française cotée en France !" 
a-t-il encore dit. 
 
 (Yann Le Guernigou, édité par Sophie Louet) 
 
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  • jamesw il y a 7 mois

    ttf penalise les pp macron vendu

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