Finale : Les Wallabies ont les clés pour battre les Blacks

le , mis à jour à 19:35
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Finale : Les Wallabies ont les clés pour battre les Blacks
Finale : Les Wallabies ont les clés pour battre les Blacks

Samedi, à 17h, Australiens et Néo-Zélandais se rencontreront pour la première fois de l'histoire en finale de Coupe du monde. Entre des Australiens capables du meilleur comme du pire et adeptes de matchs débridés, et des Néo-Zélandais posés, structurés et dans un classicisme parfait, la rencontre se jouera sur certains points-clés.

C’est la même rengaine à chaque match, et même en finale de Coupe du monde. Comment l’adversaire, ici l’Australie, va s’y prendre pour battre la Nouvelle-Zélande ? Difficile d’imaginer les All Blacks perdre un match si important, après avoir pour le moment marché sur cette Coupe du monde en toute sérénité. Une machine bien faite, parfaitement huilée, qui a pourtant déraillé il y a quelques mois face à… l’Australie. Un signe peut-être, ou du moins une piste pour les joueurs de Michael Cheika.

Le cauchemar d’une troisième ligne

Le souvenir de surprenants Wallabies remportant le Rugby Championship, dans le sillage d’une troisième ligne de folie, est toujours bien ancré dans l’esprit néo-zélandais. « Il y a eu quelques belles batailles au fil des ans, explique Richie McCaw. C’est le genre de matchs qu’on veut jouer. Il faudra faire notre travail comme d’habitude et j’espère qu’on pourra s’imposer. On a vu dans le Rugby Championship que si on laissait aux Wallabies des ballons rapides, avec une troisième ligne comme la leur, on pouvait passer une très mauvaise journée. » La troisième ligne australienne serait donc la clé du match pour Richie McCaw comme pour beaucoup d’observateurs. Et ce n’est pas une surprise. « Tout le monde parle du jeu au sol comme l’une des clés, analyse l’entraîneur du Stade Français Gonzalo Quesada. Quand les Blacks ont perdu contre l’Australie (dans le Rugby Championship), c’était la première fois que (Michael) Cheika mettait Pocock et Hooper ensemble avec comme objectif de ne pas laisser enchainer les Blacks, et de ralentir leur jeu. » Les Blacks, déboussolés, avaient laissé les Australiens dicter le match et les dominer dans tous les secteurs du jeu. Un tel scénario reposerait donc sur les épaules de trois hommes, Fardy, Pocock et Hooper, les seuls à avoir pu cette année faire douter et même battre les Néo-Zélandais.

Carter, l’homme à abattre

Critiqué avant la Coupe du monde, Carter a réussi à refouler une fragilité qui l’handicapait depuis plus de quatre ans. L’ouvreur néo-zélandais a réalisé des partitions dans le tempo parfait en phase finale, guidant son équipe comme à sa plus belle époque. Quel traitement l’attend face aux Australiens ? La solution est là pour le journaliste de TF1 Christian Jeanpierre. « La clé, c’est comment les Australiens vont priver Carter de ballons, car je suis impressionné par son niveau depuis le début de la Coupe du monde. On l’avait vu sur une jambe en 2011, ce n’était vraiment pas une bonne Coupe du monde pour lui. En ce moment il rayonne, sa deuxième mi-temps en demi-finalee est parfaite, on sent que c’est lui le patron. A droite, à gauche, il règne en maitre dans l’équipe néo-zélandaise, ils sont tous à son service. Je suis donc curieux de savoir comment Pocock et Hooper vont s’occuper de lui. » Admiratif, le commentateur de la finale pense même la troisième ligne australienne, à ce moment-là de la compétition, au-dessus de son homologue néo-zélandaise. « J’ai un profond respect pour Richie McCaw, mais je suis très impressionné par la force physique de la troisième ligne australienne, explique Jeanpierre. On le ressent vraiment lorsqu’on est dans le stade. Les impacts Australiens sonnent différemment, c’est d’une explosivité incroyable. C’est un rugby agressif dans le bon sens du terme. »

Philosophie de match

Les rucks, les turnovers, la pression sur le dix adverse, les Australiens devront donc s’appuyer sur ces points-là pour espérer rééditer leur exploit du dernier Rugby Championship (27-19). Mais si beaucoup s’attardent sur ces phases de jeu, certains s’attachent plus à analyser le déroulement global du match. Si les intentions sont réciproques, si la pression ne prend pas le dessus sur le reste comme en 2011, alors, de par sa philosophie de jeu, l’Australie aura surement sa chance. « Avec un match débridé, avec de la folie, l’Australie peut gagner, affirme Jonathan Wisniewski. Au contraire, si on part sur un match posé, organisé et structuré alors les Néo-Zélandais gagneront, car c’est une équipe qui contrôle son rugby, qui maitrise ses systèmes et qui aime contrôler ses matchs. Mais si le match vient à s’emballer, alors l’Australie aura une belle carte à jouer. On peut voir l’une des plus belles finales de l’histoire de la Coupe du monde. Il y a une équipe comme l’Australie très portée sur l’offensive et sur le désir de jouer, tandis qu’à coté il y a des Néo-Zélandais qui maitrisent leur rugby à la perfection et qui aiment maitriser le match. » Quoi qu’il en soit, les Australiens ont déjà réalisé l’exploit contre ces Blacks-là l’été dernier. Ne leur reste plus qu’à le rééditer ce samedi, avec en plus la pression d’une finale de Coupe du monde à gérer.

Basile DESPREZ

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