Fin du référendum constitutionnel en Egypte, large "oui" attendu

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FERMETURE DES BUREAUX DE VOTE EN ÉGYPTE
FERMETURE DES BUREAUX DE VOTE EN ÉGYPTE

par Maggie Fick

LE CAIRE (Reuters) - Les bureaux de vote ont fermé mercredi soir en Egypte, deuxième et dernier jour du référendum par lequel les Égyptiens étaient appelés à approuver une nouvelle Constitution et la "feuille de route" présentée par les militaires après l'éviction du président Mohamed Morsi l'été dernier.

Le chef de l'armée, le général Abdel Fattah al Sissi, a laissé entendre qu'en cas de forte participation et de large victoire du "oui" - qui ne fait guère de doute -, il pourrait se "laisser convaincre" de se présenter à l'élection présidentielle qui devrait se tenir dès le mois d'avril.

Abdel Fattah al Sissi est idolâtré par une partie de la population, qui voit en lui un "sauveur" capable de rétablir l'ordre après trois ans d'instabilité depuis la chute d'Hosni Moubarak en février 2011.

Ses partisans et les médias officiels ont présenté le référendum constitutionnel comme un plébiscite en faveur de sa personne et un vote contre le "terrorisme" - qualificatif dont sont désormais affublés les Frères musulmans.

Selon la télévision d'Etat, le dépouillement a commencé et les premiers résultats officieux pourraient être annoncés d'ici quelques heures. Les autorités n'ont pas dit quand les résultats officiels seraient annoncés.

Au nombre des rares observateurs indépendants, Dan Murphy, directeur du programme Democracy International, à financements américains, a jugé que "d'un point de vue technique, le scrutin s'est déroulé normalement".

Alors que les Frères musulmans de Mohamed Morsi avaient appelé à boycotter le scrutin, pratiquement personne n'a fait campagne pour le "non", les rares militants qui s'y sont risqués ayant été immédiatement arrêtés.

L'ARMÉE SANCTUARISÉE

Les organisations des droits de l'homme égyptiennes et internationales ont critiqué le "climat de haine et d'intimidation" entretenu par les médias égyptiens, notamment gouvernementaux.

La journée de mercredi s'est déroulée plus calmement que celle de mardi, quand neuf personnes avaient été tuées pendant des manifestations en marge du vote. Au moins 79 manifestants ont néanmoins été arrêtés mercredi, ont indiqué des sources gouvernementales.

Environ 1.500 partisans de Mohamed Morsi ont été tués et des milliers d'autres ont été arrêtés depuis l'été dernier, dans un climat de tension entretenu par des attentats visant la police et l'armée et par des manifestations quasi-quotidiennes.

La répression visant au départ les islamistes s'est par la suite étendue à tous ceux qui ont essayé de contester l'autorité de l'armée, en particulier les jeunes révolutionnaires de 2011, dont plusieurs leaders ont été emprisonnés pour avoir dénoncé une loi restreignant le droit de manifester.

Malgré les critiques occidentales, les autorités égyptiennes ont dit s'en tenir à leur "feuille de route" en assurant vouloir créer un "Etat démocratique moderne".

La Constitution représente de ce point de vue une avancée par rapport au texte d'inspiration islamiste qui avait été largement approuvé par référendum il y a un an, soulignent les juristes, même si elle sanctuarise l'indépendance de l'armée par rapport au pouvoir civil.

La loi fondamentale assure ainsi aux généraux de rester les véritables maîtres du pays pendant les prochaines années. En première ligne, si le général Sissi brigue la présidence, ou dans les coulisses.

Avec Sameh Bardisi, Tom Perry, Shadia Nasralla et Omar Fahmy; Tangi Salaün pour le service français

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