Fin du deuxième tour de consultations sur les retraites

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FIN DU DEUXIÈME TOUR DE CONSULTATIONS SUR LES RETRAITES
FIN DU DEUXIÈME TOUR DE CONSULTATIONS SUR LES RETRAITES

par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - La ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, a achevé vendredi un nouveau cycle de consultations avec les partenaires sociaux sur la réforme des retraites, dont François Hollande a admis jeudi qu'elle pourrait animer la rentrée de septembre.

Après les questions financières, sur lesquelles les divergences restent entières, elle a sondé les organisations patronales et syndicales sur des mesures de compensation en faveur des jeunes, des femmes et des salariés soumis à des conditions de travail pénibles.

Ces consultations ont été élargies à Solidaires, l'Unsa et la FSU, syndicats bien implantés chez les fonctionnaires, reçus également par la ministre de la Fonction publique, Marylise Lebranchu, qui a conduit des consultations parallèles.

De nouveaux rendez-vous sont prévus fin août avec les ministres et le chef du gouvernement, Jean-Marc Ayrault, qui devrait alors avoir en main un projet de texte, qui pourrait être présenté en conseil des ministres le 18 septembre.

Le gouvernement veut mettre à contribution actifs, retraités et entreprises pour combler un besoin de financement du régime général désormais évalué à 7,5 milliards d'euros à l'horizon 2020, au lieu des 7 milliards dont il était fait état jusqu'à présent.

Il entend aussi soumettre les secteurs privé et public au même allongement de la durée de cotisation.

En revanche, selon le négociateur de la CFDT, l'alignement au moins partiel du mode de calcul des pensions de la fonction publique sur le secteur privé, où le salaire de référence est calculé sur les 25 meilleures années, ne serait plus envisagé.

La plupart des syndicats en ont fait une ligne rouge et insister sur un tel alignement risquerait de mettre en danger la réforme elle-même, estime Jean-Louis Malys. "C'est susciter de l'inquiétude chez les gens. Je pense que ce n'est plus tellement d'actualité", a-t-il déclaré vendredi à Reuters.

"On aimerait bien avoir des assurances à ce sujet", nuance le secrétaire général de l'Unsa Fonction publique, Guy Barbier.

Lors d'un dîner organisé jeudi soir par l'Association de la presse présidentielle, François Hollande a admis que la réforme des retraites pourrait être cause de tensions à la rentrée, alors que des syndicats dont la CGT et Force ouvrière ont déjà appelé à une journée de mobilisation le 10 septembre.

HOLLANDE "VIGILANT"

Le chef de l'Etat s'est montré résigné à faire surtout des mécontents - "Ils sont déjà là. Ceux à qui on demandera des efforts trouveront qu'il y en a trop et ceux qui en veulent davantage sont souvent ceux qui n'y consentent pas."

"Il faut être très vigilant, très attentif (...) On sait que des personnes qui ne pensent pas la même chose peuvent avoir le même intérêt à manifester", a-t-il ajouté. "En même temps, il faut faire une réforme" qui ne soit pas "une réformette".

Il a notamment insisté sur le fait qu'il fallait inscrire cette réforme dans la durée, afin "qu'on ne revienne plus sur ce sujet avant 2020, ce qui serait déjà beaucoup".

Fidèle à sa méthode, Marisol Touraine a surtout interrogé cette semaine ses interlocuteurs et donné très peu d'éléments sur les mesures qui seront retenues in fine.

Selon plusieurs de ces interlocuteurs, elles les a ainsi sondés sur une prise en compte de l'apprentissage, des études et des stages de formation dans la durée de cotisation.

"Elle est favorable à envoyer un signal aux jeunes", souligne la vice-présidente de la CG-PME, Geneviève Roy.

Concernant la prise en compte de la pénibilité, Marisol Touraine a testé pour l'essentiel une proposition du rapport Moreau sur l'avenir des retraites : la création d'un "compte individuel pénibilité" permettant d'accumuler des points ouvrant droit à une formation, un temps partiel en fin de carrière ou l'octroi de trimestres de cotisation.

La prise en compte de la pénibilité est une revendication syndicale mais le système proposé est jugé "intenable" par la CG-PME - "C'est un casse-tête financier, juridique et administratif pour les PME et les TPE", dit Geneviève Roy.

Pour remédier aux inégalités entres femmes et hommes devant la retraite, la ministre a testé l'idée d'une transformation en forfait du supplément de 10% de pension actuellement accordé aux parents de trois enfants ou plus.

Elle est en revanche restée très évasive sur la question des salariés pénalisés par une carrière effectuée sous plusieurs régimes différents - les "polypensionnés".

Avec Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

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