Fin du blocage belge, le CETA signé dimanche à Bruxelles

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    * Signature de l'accord dimanche midi à Bruxelles 
    * Justin Trudeau sera présent 
    * Aval de la Wallonie, de Bruxelles et la Communauté 
francophone 
    * Le Parlement wallon a gagné en notoriété, salue Magnette 
 
    BRUXELLES, 29 octobre (Reuters) - Le Canada et l'Union 
européenne signeront dimanche l'accord de libre-échange CETA 
après une série de votes des Parlements régionaux belges mettant 
fin à l'opposition qui menaçait de faire tomber l'accord. 
    Peu après le dernier vote régional belge, le président du 
Conseil européen Donald Tusk a téléphoné au Premier ministre 
canadien Justin Trudeau pour l'inviter à la cérémonie de 
signature, prévue dimanche midi (11h00 GMT) à Bruxelles. 
    "Le sommet Canada-UE se tiendra dimanche. Excellente 
nouvelle et je me réjouis à l'idée d'y être", a dit Justin 
Trudeau sur Twitter. 
    La signature de l'Accord économique et commercial global 
(CETA), qui pourrait selon ses défenseurs augmenter de 20% le 
commerce entre le Canada et l'Union européenne, semblait menacée 
par l'opposition de dernière minute du Parlement wallon. 
    La totalité des 28 gouvernements de l'UE soutiennent le 
CETA, mais la Belgique ne pouvait jusqu'alors donner 
formellement son accord en l'absence du soutien des diverses 
entités qui la composent. 
    Le Parlement de la région belge francophone de Wallonie a 
approuvé vendredi le projet d'accord, complété d'un addendum. Il 
a été suivi par le Parlement de Bruxelles et celui de la 
Communauté francophone dans la soirée.   
    Le ministre-président de Wallonie, le socialiste Paul 
Magnette, devenu un héros en Europe, a déclaré vendredi que les 
négociations entre Belges avaient débouché sur un accord qu'il 
pouvait approuver. 
    "Le CETA amendé et corrigé est davantage que le seul ancien 
CETA. Il offre plus de garanties et c'est ce que je défendrai", 
a déclaré Paul Magnette pendant le débat qui a précédé le vote. 
    L'addendum belge répond aux craintes selon lesquelles le 
système mis en place par le traité pour protéger les 
investisseurs étrangers était susceptible de renforcer les 
multinationales. Il fournit aussi une clause de sauvegarde pour 
les agriculteurs. 
     
    LE TTIP "MORT ET ENTERRÉ" 
    "Avec cette affaire, qui, je dois le dire, a fait un certain 
bruit, tout le monde en Europe sait que le Parlement wallon 
existe", a déclaré Paul Magnette.  
    L'accord pourrait entrer en vigueur dès l'année prochaine 
après un vote au Parlement européen. Les réductions des droits 
de douane qu'il contient pourront s'appliquer avant sa 
ratification par les Parlements nationaux et régionaux. 
    L'opposition au CETA fait partie d'un mécontentement de plus 
en plus perceptible contre la mondialisation dans les pays 
occidentaux. L'opposition est particulièrement forte contre le 
projet d'accord commercial entre l'Union européenne et les 
Etats-Unis, le TTIP ou TAFTA en anglais (Partenariat 
transatlantique de commerce et d'investissement).  
    Vendredi, le dirigeant wallon Paul Magnette a estimé: "Le 
TTIP est mort et enterré". 
    Les opposants au TAFTA et au CETA craignent qu'ils ne 
renforcent les multinationales et ne tirent vers le bas les 
normes en matière d'alimentation, d'environnement ou de contrat 
de travail. 
    Le différend belge sur le CETA reflète en outre la division 
dans le pays entre un nord néerlandophone riche et un sud 
francophone mis en difficulté par le déclin de ses activités 
dans la sidérurgie et le charbon. 
    Le gouvernement fédéral de coalition ne compte qu'un parti 
francophone, le Mouvement réformateur (MR), rival historique des 
socialistes wallons, pour trois néerlandophones. Même en 
Wallonie, le compromis conclu par Paul Magnette ne fait pas 
l'unanimité. 
    "Il est clair que le texte du CETA reste le même: l'ADN du 
CETA est la dérégulation et il met en concurrence les pays à un 
niveau sans précédent", estime Frédéric Gillot, des rangs du 
PTB-GO, une coalition d'extrême-gauche. 
     
 
 (Robert-Jan Bartunek; Danielle Rouquié  et Julie Carriat pour 
le service français) 
 
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