Fin du 1er acte de la COP21, un projet d'accord à compléter

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    * Le projet d'accord est encore loin de sa forme finale 
    * Les politiques ont jusqu'à jeudi pour la lui donner 
    * Les ONG saluent une avancée mais restent prudentes 
 
 (Avec détails, commentaires) 
    par Emmanuel Jarry 
    PARIS, 5 décembre (Reuters) - Les négociateurs de 195 pays 
réunis depuis une semaine au Bourget, près de Paris, ont adopté 
samedi, juste avant l'heure limite fixée par la présidence 
française de la COP21, un projet d'accord sur la lutte contre le 
réchauffement climatique. 
    Ce n'est cependant que le premier acte de cette conférence 
sur le climat : ce texte, encore loin de sa forme définitive, 
servira de base aux discussions ministérielles qui se tiendront 
au début de la semaine prochaine, avec pour objectif l'adoption 
d'un accord en bonne et due forme vendredi 11 décembre. 
    "On aurait pu avoir mieux mais (...) nous avons une base qui 
permettra d'assurer la continuité des travaux", a déclaré la 
négociatrice française lors de la dernière réunion plénière du 
groupe de travail constitué à Durban en 2011, pour élaborer un 
texte destiné à remplacer le protocole de Kyoto de 1997.  
    "Ce texte marque la volonté manifestée par tous de parvenir 
à un accord la semaine prochaine", a ajouté Laurence Tubiana. 
Mais "le travail n'est pas fini (...) Des questions politiques 
majeures restent à trancher." 
    La responsabilité de faire aboutir cette phase politique 
incombe désormais au ministre français des Affaires étrangères, 
Laurent Fabius, en tant que président de la COP21, qui devait 
exposer en fin d'après-midi sa méthode pour y parvenir. 
    "Il peaufine son plan de combat", précisait-on à la 
mi-journée dans son entourage. Selon d'autres sources proches de 
la présidence française de la COP21, il pourrait notamment 
désigner des personnalités chargées de "faciliter" les 
discussions.   
    Les débuts laborieux des négociations l'avaient amené à 
taper du poing sur la table mercredi. Il a finalement reçu le 
texte samedi, bien avant midi, l'heure limite qu'il avait fixée. 
     
    UN TEXTE DE 21 PAGES 
    Les options et formulations provisoires sont loin d'avoir 
été toutes éliminées des 21 pages du projet d'accord proprement 
dit, rédigé en anglais et qui devait être traduit dans la foulée 
en français, chinois, russe, espagnol et arabe. 
    Ainsi, l'article 2 propose encore deux formulations pour 
l'objectif de limitation du réchauffement en 2100 : "sous 1,5°C" 
("below 1,5°") ou "nettement sous 2°C" ("well below 2°C"). 
    Dix-huit options restent ouvertes au chapitre financement, 
qui sera un des gros sujet du deuxième acte de la COP21, avec la 
différenciation - la modulation des efforts demandés aux pays 
selon leur niveau de développement et leur responsabilité dans 
la concentration de gaz à effet de serre (GES) dans 
l'atmosphère. 
    Des points aussi cruciaux que la date de la première 
révision des engagements des pays en matière de réduction des 
GES ne sont pas non plus réglés. 
    Le projet d'accord est accompagné d'une note de cinq pages 
qui reprend les suggestions de modification du texte faites 
vendredi par le groupe de travail des négociateurs. 
    "Le plus dur reste à faire mais on avance", estime la 
Fondation Nicolas Hulot, dont le créateur est l'envoyé spécial 
du président français, François Hollande, pour le climat. "Place 
aux ministres, qui doivent trouver un accord ambitieux." 
    Ces derniers auront peu de temps pour régler les points en 
suspens : Laurent Fabius souhaite disposer d'un accord abouti 
jeudi, pour avoir le temps d'en vérifier la validité juridique 
et d'ajuster sa traduction avant son adoption vendredi.  
    L'organisation écologiste Greenpeace se dit "optimiste pour 
le processus, moins pour le contenu" du futur accord de Paris. 
    "Le projet de texte (...) reflète encore la plupart des 
divergences entre les pays", renchérit l'organisation de 
protection de la nature WWF, selon laquelle il faudra à la 
présidence française "un immense talent", conjugué à la 
"coopération absolue" des gouvernements, pour les surmonter. 
 
 (avec Bate Felix, Alister Doyle et Barbara Lewis, édité par 
Marine Pennetier) 
 
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