Fin des aides au photovoltaïque

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Les nouveaux projets industriels sont concernés. L'État prépare un nouveau dispositif de subventions.

Coup d'arrêt pour la filière photovoltaïque en France. Le soutien financier des pouvoirs publics va faire l'objet d'une vaste concertation, dont les résultats seront connus début mars. D'ici là, tous les projets d'infrastructures solaires de plus de 3 kilowatts qui n'ont pas encore accepté le devis de raccordement d'ERDF (la filiale d'EDF en charge de la distribution) ne bénéficieront pas des tarifs de rachat, particulièrement avantageux, de cette source de production d'électricité.

Cette décision du gouvernement a été officialisée jeudi, après la réunion à Matignon de pas moins de sept ministres. Dans l'entourage de Christine Lagarde, la ministre de l'Économie, on se refuse catégoriquement à évoquer une entrave au développement de cette filière. «Au contraire, il s'agit de la remettre sur une trajectoire financière à la fois soutenable et durable», indique Bercy, qui précise aussitôt que les petits projets, c'est-à-dire les installations des particuliers, ne sont pas touchés par cette remise à plat.

Cette recherche d'un «nouvel équilibre», selon les termes de Matignon, intervient alors que les objectifs assignés au photovoltaïque par le Grenelle de l'environnement sont parfaitement respectés. L'accélération est même spectaculaire, avec une puissance installée multipliée par dix en deux ans. Le seuil des 800 mégawatts (MW) devrait être atteint à la fin de cette année, alors que le Grenelle a fixé un cap de 1100 MW en 2012 et 5400 en 2020. Parallèlement, quelque 4000 MW de projets figurent dans cette file d'attente concernée par la suspension des tarifs de rachat.

«Si notable soit-elle, la croissance actuelle ne nous satisfait pas, aussi bien sur le plan environnemental que sur celui des emplois», insiste Nathalie Kosciusko-Morizet, la ministre de l'Écologie. Elle rappelle que la plupart des panneaux solaires sont importés de Chine, «une gamme de base dont la réalisation représente 1,8 fois la production de CO2 d'un panneau français».

Système modulable

Pour la ministre de l'Écologie, le développement de la filière photovoltaïque française ne doit surtout pas subventionner l'industrie chinoise. «En l'occurrence, c'est le consommateur français qui paie», insiste Nathalie Kosciusko-Morizet, puisque le soutien aux énergies renouvelables fait l'objet d'une ligne spécifique sur la fac­ture, via la contribution au service public de l'électricité (CSPE).

Pour le moment, le gouvernement se refuse à évoquer les nouveaux schémas susceptibles d'être adoptés à l'issue de cette concertation de trois mois. «Mais le sens de l'histoire plaide pour une nouvelle baisse des tarifs de rachat», avance un expert. Ce serait alors la troisième en un peu plus d'un an, avec la volonté pour les pouvoirs publics de mettre un terme à la bulle spéculative dont pâtit la filière. «Pourquoi pas un système modulable, avec plusieurs types de soutien, selon les critères retenus», note encore Nathalie Kosciusko-Morizet.

En attendant, les professionnels ne devraient pas tarder à monter au créneau. La réaction officielle du Syndicat des énergies renouvelables (SER) est attendue dès ce matin. Une nouvelle fois, il devrait stigmatiser le manque de visibilité qui affecte cette branche d'activité.

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