Fin de parcours pour la lingerie haut de gamme "Made in France"

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FIN DE PARCOURS POUR LA LINGERIE HAUT DE GAMME "MADE IN FRANCE"
FIN DE PARCOURS POUR LA LINGERIE HAUT DE GAMME "MADE IN FRANCE"

VILLEURBANNE (Reuters) - Les Atelières, un atelier de lingerie haut de gamme "Made in France" lancé il y a un an par d'anciennes ouvrières de Lejaby, demandera vendredi la liquidation de la société de 30 personnes qui s'estiment délaissées par l'Etat et les banques.

Muriel Pernin, la présidente-fondatrice de la société coopérative d'intérêt collectif installée à Villeurbanne, dans l'agglomération lyonnaise, présentera vendredi sa demande au tribunal de commerce de Lyon. Avec amertume.

"Dans notre pays, les banques sont plus fortes que la République, avec notre argent, elles exécutent chaque jour des dizaines de PME. Aujourd'hui, ce sont les Atelières qui montent à la guillotine", dit-elle en constatant l'échec de son aventure, malgré un carnet de commande honorable.

En cause, les 585.000 euros du "fonds de revalorisation" proposés par le préfet du Rhône Jean-François Carenco mais que les banques ont refusé de financer.

"Cela remet en cause l'ensemble de notre montage financier", explique Muriel Pernin.

La présidente des Atelières n'hésite pas à montrer du doigt la Banque publique d'investissement (BpiFrance), dont elle n'a pas réussi à obtenir le soutien.

Celle-ci vient en effet appuyer des activités innovantes sur le plan technique alors que les Atelières font plutôt preuve d'innovation sur l'organisation, tentant de mettre au point un mode de production à mi-chemin entre la chaîne et l'artisanat.

"Les dispositifs d'innovation en partie portés par la banque publique d'investissement sont centrés sur la robotisation. Dans notre pays, les personnes valent donc moins que les robots", regrette la présidente de la société.

"Dans notre pays, la fabrication française est un grand mensonge, les produits "Made in France" sont souvent conçus à l?étranger et finalisés en France", ajoute Muriel Pernin.

En janvier dernier, lors du lancement des Atelières, tous les indicateurs étaient pourtant au vert.

Les marques françaises de lingerie, contraintes de faire fabriquer leurs produit à l'étranger, avaient accueilli avec enthousiasme l'ouverture de cet atelier avec la volonté de lui confier leur production haut de gamme.

Une souscription lancée par l'intermédiaire des réseaux sociaux ainsi que l'engagement d'investisseurs privés avaient permis de rassembler quelque 300.000 euros.

La marque française de lingerie Lejaby, rachetée, il y a deux ans par l'industriel Alain Prost, poursuit de son côté, son redressement avec une croissance à deux chiffres réalisée essentiellement à l'export sur le marché russe.

(Catherine Lagrange, édité par Yves Clarisse)

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  • M5441845 le lundi 3 mar 2014 à 23:35

    C'est bien triste pour celles et ceux qui ont essayer de continuer. Toutefois depuis 40 ans et LIP ou manufrance, je ne sais pas combien de tentatives de reprise en auto gestion par les salariés ont fonctionné durablement? Très peu. Quand une entreprise fait faillite, on accuse d'abord et toujours "le patron", mais il ne suffit pas de le changer par un salarié pour régler les problèmes.