Fin de conflit à Fralib après 1.336 jours de lutte

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EILLE (Reuters) - Après 1.336 jours d'occupation des locaux, les salariés de Fralib ont obtenu un accord de fin de conflit du groupe Unilever en obtenant près de 20 millions d'euros pour relancer la production de thé et d'infusion à Gémenos (Bouches-du-Rhône), près de Marseille, a-t-on appris mardi de source syndicale.

L'usine provençale a longtemps été le seul site de fabrication en France des thés Lipton et des infusions Eléphant avant que le groupe anglo-néerlandais ne décide sa fermeture et la délocalisation des 3.000 tonnes de sa production annuelle.

L'accord de fin de conflit, qui a été signé lundi, prévoit le versement d'une somme de 19.180.000 euros, sous la forme d'indemnités pour le personnel et pour la mise en oeuvre d'une société coopérative et participative (Scop), dont 7 millions d'euros pour le rachat du parc machine.

"On n'a pas lutté pour obtenir un gros chèque, mais un outil industriel pour rebondir. Rien n'est encore gagné jusqu'au redémarrage de l'usine et la concrétisation du projet, mais c'est une première victoire qui donne confiance pour la suite", a dit à la presse le délégué CGT Olivier Leberquier.

Sur les 182 salariés de l'usine, une soixantaine devraient à terme être embauchés dans le cadre de la Scop.

Les salariés ont aussi obtenu la levée de clauses d'exclusivité détenues par Unilever, mais pas la marque Elephant qu'ils réclamaient, ce qui devrait les conduire à la création d'une marque propre.

"On peut maintenant faire du thé pour n'importe quel industriel et fournir une partie du marché des marques distribuées, mais aussi développer une marque méridionale et s'attaquer à la vente par internet", a indiqué Gérard Cazorla, secrétaire CGT du comité d'entreprise.

L'usine de Gémenos doit produire 1.000 tonnes de thé et de tisane par an pour être à l'équilibre.

Des contacts auraient déjà été pris avec un groupe britannique pour obtenir un "tonnage conséquent" en sous-traitance.

Aucune date de remise en fonction du site n'a été fixée. "Une partie de l'accord nécessite que les choses se fassent assez rapidement. On espère aller le plus vite possible", a conclut Leberquier.

(Jean-François Rosnoblet, édité par Yves Clarisse)

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  • dotcom1 le mardi 27 mai 2014 à 13:44

    Sur les 182 salariés de l'usine, une soixantaine devraient à terme être embauchés dans le cadre de la Scop. Les 122 autres iront pointer à Pôle Emploi sous les applaudissements de la CGT.