Fin de campagne en forme de gueule de bois pour les écologistes

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Fin de campagne en forme de gueule de bois pour les écologistes
Fin de campagne en forme de gueule de bois pour les écologistes

par Thierry Lévêque

PARIS (Reuters) - Les écologistes français ont tenu mercredi à Paris le dernier meeting de leur candidate Eva Joly dans un climat morose et sur fond de sondages en berne, mais avec pour la première fois la souhait de participer au gouvernement.

Leur héros, Daniel Cohn-Bendit, est revenu animer ce meeting du Cirque d'Hiver d'Eva Joly à quatre jours du premier tour pour affirmer cette volonté de son parti en dépit du score mineur, voire catastrophique de 1% à 3% que promettent les sondages à l'ancienne juge.

"Il est évident ce soir que Nicolas Sarkozy a perdu cette élection", a-t-il dit sous les acclamations de plusieurs milliers de militants réunis au Cirque d'Hiver à Paris, pour l'ultime meeting d'Eva Joly.

"Nous sommes prêts à prendre des responsabilités dans la nouvelle majorité pour que la politique de ce pays change", a-t-il ajouté.

Prenant la parole après lui, Eva Joly n'a pas repris cette revendication de manière si explicite, lançant un avertissement à François Hollande sur la ligne politique du possible futur gouvernement.

"Veut-il rester dans l'Histoire comme le syndic de faillite de l'espoir de la gauche ou comme celui qui aura réussi, par son intelligence et son audace a ouvrir une voie nouvelle basée sur l'écologie et la justice ?", a-t-elle dit.

"Je veux que les choses soient claires : les écologistes feront tout pour qu'une nouvelle majorité remporte cette élection, mais aussi tout pour empêcher cette majorité de retomber dans les ornières du passé, mélange de conformisme, de renoncement et d'absence de volonté qui ont causé tant de déception", a-t-elle dit.

Le parti se trouve dans la confusion après une campagne jugée pénible, qui a mis en berne les ambitions nées du score historique de 16,3% des européennes de 2009.

Plusieurs dirigeants écologistes, dont la patronne du parti Cécile Duflot et le sénateur Jean-Vincent Placé, se voient prêter l'ambition d'entrer au gouvernement en cas de victoire de François Hollande, mais cette perspective pourrait être ternie si Eva Joly ne réalise que 1 à 3% comme le disent les sondages.

"NORVÉGIENNE MÉNOPAUSÉE"

Le PS et EELV ont passé fin 2011 un accord accordant aux écologistes le statut de candidat unique dans plusieurs dizaines de circonscriptions, ce qui pourrait leur permettre de constituer un groupe parlementaire pour la première fois sous la Ve République.

Daniel Cohn-Bendit, qui contestait l'utilité même d'une candidature à la présidentielle, a appelé les écologistes à pratiquer le "judo" avec le PS : "Se replier et utiliser la dynamique du redressement pour faire basculer l'adversaire".

Eva Joly s'est justifiée de sa mauvaise campagne lors du meeting, reconnaissant des erreurs qu'elle a toutefois présentées comme la rançon de ses qualités.

"Mon sens éthique est plus développé que mon sens tactique, je le concède. Mon esprit de révolte est plus vif que mon esprit de discipline, je le confesse. Ma pugnacité au combat est plus forte que ma capacité de soumission", a-t-elle dit.

"Je n'ai donc pas l'habileté de ceux qui ont fait carrière dans les allées du pouvoir. Je n'ai ni leur prudence dans l'expression, ni leur virtuosité dans la manouvre. Pour cela j'ai été moquée, raillée, tournée en ridicule, montrée du doigt, présentée comme une écervelée qui décidément n'était pas à sa place", a-t-elle ajouté.

En forme de défi, elle a repris le slogan favori de l'extrême-droite. "Nous sommes chez nous, nous les Français et les françaises, métèques venus des quatre coins du monde pour faire France (...) les Polaks, les Portos, les Ritals et les Espingouins, nous les Youpins, les Nègres, les Bougnoules, nous les Norvégiennes ménopausées".

Les critiques s'accumulent en interne sur sa campagne, qui a privilégié le thème de la corruption et les attaques contre Nicolas Sarkozy, par rapport aux questions d'environnement.

Dernière expression de ce choix discuté, avant le meeting du Cirque d'Hiver, Eva Joly avait emmené la presse dans un "Sarkozy Tour" en bus afin d'évoquer les soupçons de malversations autour de la campagne du président-candidat en 2007 et les questions posées sur les modalités d'achat d'un logement en 1997.

Thierry Lévêque

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  • M4947935 le mercredi 18 avr 2012 à 23:55

    Joly la juge qui manie la diffamation au mépris des règles de déontologie... ça ne donne en effet malheureusement pas une grosse envie d'écologie!

  • chatnour le mercredi 18 avr 2012 à 23:12

    gu.eule de bois pour une tête de noeud, c'est normal !

  • 2445joye le mercredi 18 avr 2012 à 21:50

    Avec la flopée de ralliements de ces derniers jours, plus les accords de désistement, on va peut-être battre tous les records de ministres et secrétaires d'Etat, à 11 millions d'euros par an l'unité.

  • aeduo le mercredi 18 avr 2012 à 21:46

    AVEC 0.7% .DANNY RESTE A FRANCFORT .LES RENAULT DCI DE 2007 SONT INTERDIT

  • deforge3 le mercredi 18 avr 2012 à 21:33

    lui au moins il ne manque pas de culot comme au bon vieux temps de mai 68. On l'a pas vu dans la campagne des verts, si ce n'est pour faire des croches pieds a Eva Joly et il vient deja revendiquer une recompense: le politicard cupide et inutile dans toute sa splendeur

  • BASQUE95 le mercredi 18 avr 2012 à 21:20

    ben oui avec 2 % au un cs d etat aux plantes verts