Fillon veut interdire l'adoption plénière aux couples homosexuels

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    PARIS, 29 juin (Reuters) - François Fillon, candidat à 
l'investiture à droite pour l'élection présidentielle de 2017, 
affirme dans La Croix sa volonté de réécrire la loi Taubira afin 
de fermer l'adoption plénière aux couples homosexuels. 
    La position de l'ancien Premier ministre est singulière dans 
la campagne pour la primaire où les partisans de l'abrogation de 
la loi Taubira, comme Hervé Mariton, s'opposent aux partisans du 
statu quo, tel Alain Juppé qui avait surpris en novembre 2014 en 
annonçant sa conversion, dans une interview aux Inrockuptibles, 
à l'adoption pour les couples homosexuels. 
    "Je pense qu'il est souhaitable qu'un enfant ait, autant que 
possible, un père et une mère. Je sais que le monde 
d'aujourd'hui amène à une grande diversité de situations. Je 
sais aussi que des couples homosexuels accueillent des enfants 
avec amour", explique François Fillon dans un entretien à La 
Croix à paraître jeudi. 
    "Mais il ne me paraît pas légitime que la loi permette de 
considérer qu'un enfant est fils ou fille, de manière exclusive, 
de deux parents du même sexe. Sa filiation au sens biologique du 
terme à l'égard d'un père et d'une mère ne doit donc plus 
pouvoir être effacée par une adoption plénière", ajoute-t-il. 
    François Fillon, qui a rencontré cette semaine les 
représentants de Sens commun, courant des Républicains issu de 
La Manif pour tous, en vue de la présentation de ses 
propositions pour la famille jeudi, souhaite donc "une 
réécriture de la loi Taubira sur ce point, en concertation avec 
toutes les associations concernées". 
     
    LE REVIREMENT DE SARKOZY 
    Il n'est en revanche pas contre le maintien des adoptions 
simples pour les parents de même sexe. Dans une adoption simple, 
l'enfant adopté conserve tous ses liens avec sa famille 
d'origine; dans une adoption plénière, une nouvelle filiation 
remplace l'originelle. 
    Dans un revirement qualifié de "parjure" par Hervé Mariton, 
Nicolas Sarkozy avait annoncé en janvier dernier dans son livre 
"La France pour la vie" qu'il renonçait, dans un souci 
d'apaisement, à son engagement de réécrire la loi promulguée en 
mai 2013 à la suite de longs mois de contestation. 
    Il avait même évoqué en novembre 2014 l'abrogation pure et 
simple de la loi devant Sens commun, qui a signifié depuis qu'il 
ne soutiendrait pas "la candidature de personnalités politiques 
qui ne tiennent pas leurs engagements jusqu'au bout". 
    "Après mûre réflexion", Alain Juppé, favori de la primaire à 
droite, avait annoncé en novembre 2014 être désormais "favorable 
à l'adoption par un couple de même sexe, après qu'on aura 
vérifié, comme c'est le cas pour les couples hétérosexuels, que 
les conditions d'épanouissement de l'enfant sont réunies." 
    "Il peut exister des cas où un enfant peut trouver dans un 
couple de deux hommes ou de deux femmes des conditions 
d'épanouissement personnel parfaitement acceptables", 
justifiait-il dans Les Inrockuptibles. 
 
 (Sophie Louet, édité par Yves Clarisse) 
 
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