Fillon, un "excellent candidat" aux yeux du Front national

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LE FRONT NATIONAL SE RÉJOUIT DE LA CANDIDATURE DE FILLON
LE FRONT NATIONAL SE RÉJOUIT DE LA CANDIDATURE DE FILLON

par Simon Carraud

PARIS (Reuters) - L'investiture de François Fillon à la présidentielle de 2017 réjouit en public le Front national (FN), qui a lancé sans attendre ses premières attaques contre le nouveau chef de file de la droite sur le terrain économique et social.

"C'est un excellent candidat pour nous", se félicite le vice-président de la formation d'extrême droite Florian Philippot, interrogé par Reuters, pour qui une victoire de Marine Le Pen face au député paraît "tout à fait jouable".

Le premier sondage publié dimanche après le plébiscite de l'ex-Premier ministre, désigné par deux tiers des électeurs au second tour de la primaire, prévoit pourtant à ce stade une large victoire de François Fillon dans l'hypothèse d'un duel avec la présidente du FN en mai 2017.

Selon cette enquête d'Harris Interactive, il l'emporterait avec 67% des voix, contre 33% à son adversaire potentielle.

Mais l'intronisation de François Fillon a tout d'une bonne nouvelle, veut croire Florian Philippot, qui ne craint pas de voir le désormais candidat empiéter sur l'électorat frontiste malgré son profil d'homme de droite orthodoxe, conservateur assumé et catholique revendiqué.

Au contraire, ajoute ce proche de Marine Le Pen, puisque l'ancien chef du gouvernement porte "l'entière responsabilité" du quinquennat 2007-2012 qu'il a intégralement passé à Matignon.

"La deuxième raison, et c'est peut-être la principale, c'est qu'il a un projet (...) qui est très dur, qui ne peut pas rassembler une majorité de Français", affirme Florian Philippot.

"Son programme économique et social est tellement rude qu'il ruine tous les efforts faits à côté", insiste-t-il, en citant des éléments comme la volonté d'augmenter la TVA de deux points, de supprimer 500.000 postes de fonctionnaires ou de "désétatiser" le système de santé.

"RISQUE"

Marine Le Pen a déclenché dès dimanche la première salve en dénonçant sur Europe 1 "le pire programme de casse sociale qui n'ait jamais existé".

"On va se trouver véritablement projet contre projet", a ajouté la présidente du FN.

Ce choix de faire apparaître François Fillon comme le champion d'une droite ultra-libérale et brutale sur le plan social sert en ce sens la stratégie présidentielle du FN, désireux de se positionner durant la campagne à venir comme le parti du rassemblement, par-delà le clivage gauche-droite.

Mais l'investiture de l'ex-"collaborateur" de Nicolas Sarkozy, qui a opté durant la primaire pour une ligne plus à droite que son rival Alain Juppé, représente aussi un "risque", de l'aveu de Marion Maréchal-Le Pen.

"La grande différence entre Alain Juppé et François Fillon, c'est que l'un dit ce qu'il pense et l'autre pas et en tout cas veut faire croire qu'il appliquera une politique différente d'Alain Juppé", a-t-elle jugé la semaine dernière sur LCI.

"C'est là où il y a un risque de manipulation de l'électorat, notamment de cet électorat de droite qui est resté longtemps orphelin et qui pourrait avoir le sentiment de trouver là un recours", a ajouté la députée du Vaucluse.

Dans l'entre-deux-tours, Alain Juppé a lui-même critiqué la conception "traditionnaliste" de son concurrent, ainsi que son programme "brutal" sur le plan économique et social et ses quelques soutiens venus de l'extrême droite.

(Avec Ingrid Melander, édité par Yves Clarisse)

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  • tissous il y a 4 mois

    BAYROU... reviens!

  • M7361806 il y a 4 mois

    Marine le sera également , on devrait s'en tenir à ces deux meilleurs