Fillon s'oppose à Sarkozy sur les baisses d'impôts

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FILLON DIFFÈRE DE SARKOZY SUR LES BAISSES D'IMPÔTS
FILLON DIFFÈRE DE SARKOZY SUR LES BAISSES D'IMPÔTS

PARIS (Reuters) - La France a besoin d'un choc de libération de son économie et de désintoxication de la dépense publique mais la baisse immédiate de 10% de l'impôt sur le revenu prônée par Nicolas Sarkozy n'est pas réaliste, estime François Fillon.

Dans une interview à paraître samedi dans Le Figaro, l'ancien Premier ministre déclare qu'il faut d'abord mettre en oeuvre des réformes structurelles, à savoir une baisse "massive", de 50 milliards d'euros, des charges des entreprises et une réforme profonde de leur fiscalité.

"C'est capital pour permettre le retour de l'investissement en France", dit-il, "si ces deux leviers ne sont pas actionnés de façon très puissante, il n'y aura pas de retour de la croissance, pas de diminution significative du chômage et pas d'investissement en France".

La publication de cette interview intervient alors que François Fillon réunit samedi les cadres et les soutiens de sa campagne pour les primaires d'investiture de la droite en vue de la présidentielle de 2017.

Nicolas Sarkozy, détaillant mercredi son programme économique pour 2017, a opposé les responsables politiques avec une vision et les "comptables", catégorie dans laquelle il range implicitement ses rivaux Alain Juppé et François Fillon.

Ce dernier lui répond que vouloir baisser immédiatement l'impôt sur le revenu (IR) de 10% "n'est pas réaliste" et conduira à moins baisser les charges des entreprises "sauf à faire exploser le déficit".

"On ne va pas recommencer à ouvrir le quinquennat par des mesures qui n'ont aucun effet sur l'emploi", indique celui qui avait déclaré en 2007, quelques mois après avoir été nommé Premier ministre de Nicolas Sarkozy, qu'il était "à la tête d'un Etat en faillite".

"FLAT TAX" DE 30%

Pour lui, la baisse de l'IR n'interviendra que "quand les réformes structurelles auront commencé à porter leurs fruits".

Et la baisse des charges des entreprises sera "en partie compensée par la suppression de toutes les usines à gaz accumulées avec le temps, comme le CICE (crédit d'impôt compétitivité emploi) et d'une grande partie des niches fiscales qui ont été conçues pour contourner le système".

S'agissant de la fiscalité du capital, François Fillon veut une "flat tax" de 30% et la suppression de l'impôt sur la fortune, estimant que, avec les taux d'imposition actuels, "il y a de moins en moins de capitaux français qui s'investissent dans nos entreprises."

Interrogé sur les sondages pour la primaire, où il est en quatrième position sous la barre des 10%, il répond n'y accorder aucune importance.

"On interroge les Français sur des candidats qu'ils ne connaissent pas parce qu'ils ne sont pas tous déclarés, des programmes dont ils ignorent à peu près tout, alors qu'on ne connaît pas le corps électoral", dit-il.

Sur Nicolas Sarkozy, il estime que sa candidature "ne recueillerait pas l'écho du pays car les Français ne veulent pas de la réédition du match de 2012."

Quant à Alain Juppé, François Fillon juge que "son programme n'est pas à la hauteur de la gravité de la situation. Pas plus d'ailleurs que celui de Bruno Le Maire".

(Yann Le Guernigou, édité par Guy Kerivel)

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