Fillon revendique la victoire et en appelle à Juppé

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FRANÇOIS FILLON DEMANDE À ALAIN JUPPÉ DE PRENDRE PROVISOIREMENT LA TÊTE DE L'UMP
FRANÇOIS FILLON DEMANDE À ALAIN JUPPÉ DE PRENDRE PROVISOIREMENT LA TÊTE DE L'UMP

par Sophie Louet

PARIS (Reuters) - François Fillon a revendiqué mercredi la victoire dans l'élection à la présidence de l'UMP, affirmant que l'oubli d'un millier de suffrages avait conduit à la proclamation par erreur du choix de Jean-François Copé par les militants.

L'équipe de l'ancien Premier ministre demande à la Commission d'organisation et de contrôle des opérations électorales (Cocoe) de l'UMP de "rétablir" le résultat final du scrutin de dimanche mais exclut toutefois un recours juridique.

Les résultats de trois fédérations d'outre-mer - Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna et Mayotte, soit 1.304 voix, auraient fait l'objet d'un "oubli pur et simple".

François Fillon, qui réclame "simplement la vérité", a demandé à Alain Juppé, président fondateur de l'UMP, "d'assurer de façon transitoire la direction de notre mouvement afin de trouver les voies et moyens de sortir de l'impasse".

La Cocoe et Jean-François Copé ont opposé une fin de non-recevoir à François Fillon et ses soutiens et suggéré la saisine de la commission des recours du parti, ce que les "fillonistes" refusent pour l'heure.

Le président de la Cocoe, Patrice Gélard, a expliqué que la Cocoe ne pouvait invalider les résultats. "Les résultats ont été rendus publics lundi soir, les deux parties étaient parfaitement au courant. Toute contestation doit être adressée à la commission des recours", a-t-il déclaré.

Les deux camps s'accusaient mutuellement de fraudes après le scrutin de dimanche, mais le président de la Cocoe avait décidé de valider les résultats en l'état en dépit de "dérapages".

"LE PRÉSIDENT RESTE PRÉSIDENT"

Jean-François Copé, président élu, s'est dit prêt à porter le litige devant la commission des recours de l'UMP, comme le prévoient les statuts du mouvement créé en 2002, précisant au passage que les résultats à Nice, contestés par les "copéistes", pourraient ainsi être examinés.

"Tant qu'il n'y a pas une autre décision, le président reste président", a déclaré Jean-François Copé à des journalistes.

Le député "filloniste" Lionel Tardy a expliqué que la situation n'imposait pas de déposer un recours. "Tout ce qu'on demande, c'est que ces 1.304 voix soient intégrées dans le résultat final".

Eric Ciotti, directeur de campagne de François Fillon, a affirmé que Patrice Gélard, lors d'un entretien téléphonique mercredi en fin de matinée avec François Fillon, avait reconnu une "erreur" dans le décompte final des résultats.

L'équipe de François Fillon aurait relevé l'anomalie mardi soir à la faveur de la proclamation des résultats du vote sur les six motions en lice dans ce scrutin interne.

La comparaison avec les résultats proclamés la veille au laissait apparaître l'oubli de 1.304 suffrages d'outre-mer.

"Leur réintégration conduit à ce résultat : François Fillon, 88.004 voix, et Jean-François Copé, 87.978 voix", a dit Eric Ciotti.

JUPPÉ APPELÉ À LA RESCOUSSE

Les résultats proclamés lundi soir, avec l'accord des deux parties, donnaient une courte victoire - 98 voix d'écart - à Jean-François Copé : 87.388 voix pour le député-maire de Meaux et 87.290 voix pour le député de Paris.

"Il s'agit d'une erreur manifeste et grave. (...) Elle doit évidemment être réparée. Nous demandons donc à la Cocoe que les résultats soient simplement rétablis", a dit Eric Ciotti lors d'une brève conférence de presse aux côtés de Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez, qui complètent le "ticket" Fillon.

Les "copéistes" ont été pris de court par ce coup de théâtre, d'autant que la réunion du bureau politique de l'UMP s'était "passée dans une très bonne ambiance" mercredi matin.

François Fillon et Eric Ciotti, notamment, étaient absents, mais Alain Juppé, Xavier Bertrand, Bruno Le Maire ou encore Nathalie Kosciusko-Morizet, qui n'ont pas soutenu Jean-François Copé, sont convenus d'oeuvrer à la réconciliation.

Jean-François Copé a précisé qu'il s'était entretenu mercredi matin avec François Fillon au téléphone et qu'ils avaient prévu de se voir la semaine prochaine.

"J'appelle à nouveau François Fillon, l'ensemble de ceux qui l'entourent, à prendre la main que je leur tends. L'heure maintenant est à construire ensemble", a déclaré Jean-François Copé devant des journalistes.

"J'avais compris qu'on en terminait là, qu'on se retrouvait et qu'on travaillait ensemble, et voilà qu'au troisième jour, on est reparti encore sur des chicayas. Je trouve ça regrettable, donc j'en appelle encore à l'apaisement", a-t-il ajouté.

Alain Juppé, qui se trouvait à Paris jusqu'à jeudi, réfléchit à la proposition de François Fillon et pourrait faire une déclaration dans la soirée, via un communiqué, a-t-on indiqué dans son entourage.

"J'en ai ras-le-bol. Il faut faire cesser cette guéguerre d'un camp contre l'autre. Il faut une direction neutre pour tout remettre à plat et proclamer le vrai vainqueur, cela peut être avec Alain Juppé ou les anciens Premiers ministres", a dit le député "juppéiste" Benoist Apparu.

Sophie Louet, avec Emile Picy et Claude Canellas à Bordeaux, édité par Yves Clarisse

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  • peggy111 le mercredi 21 nov 2012 à 18:25

    coppe tient trop a la place pour le salaire

  • 2445joye le mercredi 21 nov 2012 à 18:07

    Exact van-cail. Une des rares occasions en démocratie où le vote de chacun avait un sens.

  • r.pruvos le mercredi 21 nov 2012 à 17:54

    heureusement qu'ils sont tous du même parti avec les mêmes idées et la même vision de l'avenir

  • TONAR22 le mercredi 21 nov 2012 à 17:53

    entout cas la preuve est faite que le PARTI ,ce n'est pas FILLON et ses acolytes ! depuis des années les caciques marginalisaient la moitié de l'UMP (la DROITE décomplexée qui veut qu'on appelle un chat ..un chat )le boomerang leur est revenu en pleine poire :BIEN FAIT !

  • van-cail le mercredi 21 nov 2012 à 17:44

    N'oubliez pas que Louis XVI a été décapité par le fait d'une seule voix de majorité.

  • van-cail le mercredi 21 nov 2012 à 17:42

    Chaque voix doit être prise en compte, c'est ça la démocratie.

  • imozen le mercredi 21 nov 2012 à 17:25

    Depuis que Coppe en a pris la tête, l'UMP est allé de défaite en défaite. Même le senat a basculé à gauche ! Cette "victoire" surprenante de Coppé, fort douteuse, ressemble à une défaite, et promet une déroute de l'UMP demain si on en reste là.