Fillon revendique la victoire et en appelle à Juppé

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FRANÇOIS FILLON REVENDIQUE LA VICTOIRE ET EN APPELLE À ALAIN JUPPÉ
FRANÇOIS FILLON REVENDIQUE LA VICTOIRE ET EN APPELLE À ALAIN JUPPÉ

par Sophie Louet et Emile Picy

PARIS (Reuters) - François Fillon a revendiqué mercredi la victoire dans l'élection à la présidence de l'UMP, affirmant que l'oubli d'un millier de suffrages avait conduit à la proclamation par erreur du choix de Jean-François Copé par les militants.

L'équipe de l'ancien Premier ministre demande à la Commission d'organisation et de contrôle des opérations électorales (Cocoe) de l'UMP de "rétablir" le résultat final du scrutin de dimanche mais exclut un recours juridique.

Les résultats de trois fédérations d'outre-mer - Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna et Mayotte -, soit 1.304 voix, auraient fait l'objet d'un "oubli pur et simple".

François Fillon, qui réclame "simplement la vérité", a demandé à Alain Juppé, président fondateur de l'UMP, "d'assurer de façon transitoire la direction de notre mouvement afin de trouver les voies et moyens de sortir de l'impasse".

Dans une déclaration commune, 134 parlementaires UMP en appellent aussi à Alain Juppé au motif que "seule une collégialité derrière le fondateur historique de l'UMP nous paraît de nature à permettre la sortie de crise".

Le maire de Bordeaux a répondu via un communiqué qu'il était prêt à accepter une médiation, mais que les conditions d'une telle mission n'étaient pas réunies pour l'heure.

"J'y suis prêt à la condition absolue qu'elle se fasse avec l'accord et la collaboration des deux parties. Cette condition n'est à l'évidence pas remplie aujourd'hui", explique-t-il.

François Fillon, a expliqué le député de Paris Philippe Goujon, "ne revendique pas la présidence de l'UMP. Il considère que dans les circonstances actuelles, ça n'aurait pas de sens d'être président, soit à 98 voix soit à 26 voix".

"LE PROBLÈME N'EST PAS JURIDIQUE, IL EST POLITIQUE"

La Cocoe et Jean-François Copé ont opposé une fin de non-recevoir à François Fillon et ses soutiens et suggéré la saisine de la commission des recours du parti.

Le président de la Cocoe, Patrice Gélard, a expliqué que la Cocoe ne pouvait invalider les résultats. "Les résultats ont été rendus publics lundi soir, les deux parties étaient parfaitement au courant. Toute contestation doit être adressée à la commission des recours", a-t-il déclaré.

Les deux camps s'accusaient mutuellement de fraudes après le scrutin de dimanche, mais le président de la Cocoe avait décidé de valider les résultats en l'état en dépit de "dérapages".

Jean-François Copé, président élu, s'est dit prêt à porter le litige devant la commission des recours de l'UMP, comme le prévoient les statuts du mouvement créé en 2002, précisant au passage que les résultats à Nice, contestés par les "copéistes", pourraient ainsi être examinés.

"Tant qu'il n'y a pas une autre décision, le président reste président", a déclaré Jean-François Copé à des journalistes.

Plus tard, lors d'une conférence de presse au siège de l'UMP, il a campé sur ses positions, se présentant comme "le garant de l'unité du parti et du respect de ses statuts".

"Je redis à M. Fillon ma disponibilité totale pour le voir, parce qu'en réalité, le problème n'est pas juridique, il est politique", a-t-il dit.

"J'appelle François Fillon et ceux qui le conseillent à retrouver le sens des responsabilités et de l'intérêt général. La France a besoin d'une UMP solide et rassemblée", a-t-il ajouté.

GUAINO ÉVOQUE UNE SCISSION

Eric Ciotti, directeur de campagne de François Fillon, a affirmé que Patrice Gélard, lors d'un entretien téléphonique mercredi en fin de matinée avec François Fillon, avait reconnu une erreur matérielle dans le décompte final des résultats.

L'équipe de François Fillon aurait relevé l'anomalie mardi soir à la faveur de la proclamation des résultats du vote sur les six motions en lice dans ce scrutin interne. La comparaison avec les résultats proclamés la veille laissait apparaître l'oubli de 1.304 suffrages d'outre-mer.

"Leur réintégration conduit à ce résultat : François Fillon, 88.004 voix, et Jean-François Copé, 87.978 voix", a dit Eric Ciotti.

Les résultats proclamés lundi soir, avec l'accord des deux parties, donnaient une courte victoire - 98 voix d'écart - à Jean-François Copé : 87.388 voix pour le député-maire de Meaux et 87.290 voix pour le député de Paris.

Les "copéistes" ont été pris de court par ce coup de théâtre, qu'ils assimilent à "un putsch médiatique", d'autant que la réunion du bureau politique de l'UMP s'était "passée dans une très bonne ambiance" mercredi matin.

François Fillon et Eric Ciotti, notamment, étaient absents, mais Alain Juppé, Xavier Bertrand, Bruno Le Maire ou encore Nathalie Kosciusko-Morizet, qui n'ont pas soutenu Jean-François Copé, sont convenus d'oeuvrer à la réconciliation.

Jean-François Copé a précisé qu'il s'était entretenu mercredi matin avec François Fillon au téléphone et qu'ils avaient prévu de se voir la semaine prochaine.

"J'avais compris qu'on en terminait là, qu'on se retrouvait et qu'on travaillait ensemble, et voilà qu'au troisième jour, on est reparti encore sur des chicayas. Je trouve ça regrettable, donc j'en appelle à l'apaisement", a-t-il déclaré.

L'ex-plume de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, qui a voté Copé, a évoqué la perspective d'une scission de l'UMP si la crise perdurait.

"Un certain nombre de gens sont en train de déshonorer ma famille politique. (...) Ce ne sera pas la fin de l'UMP mais si certains veulent partir, moi je ne les retiens pas", a-t-il déclaré à l'adresse des "fillonistes".

Avec Claude Canellas à Bordeaux, édité par Yves Clarisse

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  • M4847970 le mercredi 21 nov 2012 à 20:22

    Je ne suis pas trop la politique, mais bon là ça devient amusant!.Un feuilleton quotidien en plus de "plus belle la vie", elle est pas belle la vie?