Fillon range la majorité en ordre de bataille derrière Sarkozy

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PARIS (Reuters) - François Fillon a exhorté mardi la majorité à se ranger derrière la bannière de Nicolas Sarkozy, accusant une nouvelle fois la gauche socialiste de faire preuve de catastrophisme sur la situation économique du pays.

Dans la foulée de ses voeux, le 9 janvier dernier, le Premier ministre a continué d'occuper fermement le terrain politique avec un discours simple : le gouvernement agit dans la tourmente tandis que l'opposition ne fait que critiquer.

"Dans l'âme française, deux instincts cohabitent depuis toujours : celui du pessimisme sur lequel nos opposants misent sans complexe, et celui de la vaillance et de l'énergie dont vous avez été les fers de lance", a-t-il dit aux parlementaires de la majorité qu'il recevait à Matignon.

Ce discours traditionnel de début d'année, que François Fillon prononçait "sans doute pour la dernière fois à Matignon", selon ses propres mots, a pris un relief particulier à l'heure ou la campagne pour la présidentielle et les législatives du printemps s'accélère et à la veille d'un sommet social.

Pour François Fillon, le gouvernement maintient le cap des réformes tandis que ses opposants se bornent à formuler des propositions irréalistes.

"J'invite les Français à ne pas céder à la démagogie de ceux qui prétendent qu'un coup de baguette magique ou qu'un coup de balai résoudra quoi que ce soit", a-t-il dit.

Les socialistes, jugés "mal placés pour donner des leçons de rigueur budgétaire", ont été accusés en outre par le Premier ministre de se réjouir bruyamment de la perte par la France de son fameux "triple A" qui lui permettait d'emprunter à des taux avantageux sur les marchés financiers.

"Il est cocasse de voir le Parti socialiste commenter avec gourmandise le jugement d'une agence de notation, lui qui fut contre la réforme des régimes spéciaux, contre la réforme des retraites, contre la réduction du nombre de fonctionnaires, contre la RGPP (Révision générale des politiques publiques-NDLR)", contre la maîtrise des dépenses des collectivités locales, contre la règle d'or", a dit François Fillon.

EN CAMPAGNE

Le chef du gouvernement, dont les relations avec Nicolas Sarkozy ont souvent été tendues, fait désormais clairement campagne pour un président pas encore officiellement candidat, qu'il a loué pour sa stature internationale.

"Il n'y a pas 36 chemins pour sauver l'Europe et il y a peu d'hommes d'Etat pour le parcourir", a-t-il dit. "Parmi eux, Nicolas Sarkozy a une crédibilité qui n'a pas d'équivalent chez ses concurrents."

François Fillon, qui se prépare à vivre une nouvelle aventure en se lançant dans les législatives à Paris avant, peut-être, de briguer la mairie de la capitale deux ans plus tard, a vanté le bilan d'un président dont il aura été, contre vents et marées, le seul Premier ministre.

"Malgré les coups répétés de la crise, nous avons d'un côté réformé la France et de l'autre protégé les Français du mieux que nous le pouvions", a-t-il dit.

Devant un auditoire conquis, bien que divisé sur certains projets de réforme du gouvernement, et notamment la "TVA sociale", François Fillon a prédit que l'issue des scrutins du printemps serait "certainement serrée".

"Vous pouvez compter sur moi pour défendre nos couleurs partout où elles seront en jeu", a-t-il dit aux parlementaires qui ont, sans surprise, bien accueilli un discours aux allures de harangue électorale.

"C'était un discours très politique, légitime à quelques semaines de la présidentielle et des législatives", a ainsi commenté Dominique Bussereau, député UMP de Charente-Maritime. "J'ai trouvé que c'était un discours qui convenait bien à la personnalité du Premier ministre".

Mais François Hollande continue de faire la course en tête dans les sondages et la bataille est loin d'être gagnée pour la majorité.

"C'est une élection difficile qui nous attend et dans laquelle nous sommes plutôt le challenger que le sortant", a reconnu Dominique Bussereau.

Patrick Vignal, édité par Yves Clarisse

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  • baljo le mardi 17 jan 2012 à 18:00

    le troupeau ira au précipice.

  • domiana le mardi 17 jan 2012 à 16:08

    Fillon n'a aucune mémoire ou bien c'est un faux cul; c'est bien qui a dit en 2008 que la Frznce était en faillite. c'est bien Sarkozy qui parle d'une crise la pire depuis un siècle, qui a dit que ce serait une catastrophe de perdre le triple A etc, etc.....Aucune crédibilité, c'est du grand n'importe quoi.