Fillon plaide pour une relance des privatisations

le , mis à jour à 20:35
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François Fillon rencontre un charcutier lors d'une visite à Chantenay-Villedieu, le 1er décembre 2016 ( AFP / JEAN-FRANCOIS MONIER )
François Fillon rencontre un charcutier lors d'une visite à Chantenay-Villedieu, le 1er décembre 2016 ( AFP / JEAN-FRANCOIS MONIER )

François Fillon, candidat de la droite à la présidentielle, a annoncé jeudi sa volonté de reprendre des privatisations pour financer de nouvelles infrastructures, lors d’un déplacement de "campagne pour la France" dans son fief sarthois.

M. Fillon a voulu "fermer le plus vite possible la parenthèse de ces trois derniers jours où (il est) resté enfermé dans le microcosme", en se rendant à Chantenay-Villedieu, dans une Sarthe où il a obtenu "un score presque digne de Cuba", de son propre aveu, soit plus de 87% à la primaire qui a fait de lui dimanche le candidat de la droite à la présidentielle.

Le parti Les Républicains réorganisé, avec des proches placés aux postes stratégiques, M. Fillon peut "redescendre sur le territoire".

S'il a prévu du repos en fin de semaine puis des consultations la semaine prochaine pour constituer son équipe de campagne, le nouveau champion de la droite entend désormais "aller chaque jour, chaque semaine à la rencontre des Français en zone rurale, dans les banlieues, dans les entreprises, dans les hôpitaux, partout où il s'agit d'aller expliquer, d'aller convaincre et entendre nos concitoyens."

François Fillon visite un élevage de cochons, à Chantenay-Villedieu, le 1er décembre 2016
François Fillon visite un élevage de cochons, à Chantenay-Villedieu, le 1er décembre 2016 ( AFP / JEAN-FRANCOIS MONIER )

M. Fillon a souligné lui-même le caractère symbolique de cette visite dans un village de 874 habitants où il a "commencé sa campagne de 1981 pour les législatives" qui lui a permis de s'ancrer politiquement dans la Sarthe --bien qu'il soit depuis 2012 député de Paris.

Chantenay-Villedieu est "un symbole d'une France rurale qui souffre en silence et qui a besoin d'être soutenue, aidée, libérée" face aux "charges, aux carcans, aux contrôles, aux contraintes, aux normes", selon lui.

Alors que des membres de son parti, comme le maire de Tourcoing (Nord), Gérald Darmanin, se sont ouvertement inquiétés de la capacité du nouveau champion de la droite à capter le vote de l'électorat populaire, tenté par le Front national, M. Fillon a dit qu'il était "très important" pour lui "de réussir à convaincre les Français qui peuvent être désespérés, qui peuvent être tentés par ce vote extrémiste, de venir voter pour un candidat qui ne fait aucune démagogie, qui est exactement le contraire des populistes".

- "Tout n'est pas rose" -

Primaire de droite : résultats par département
Primaire de droite : résultats par département ( AFP / Thomas SAINT-CRICQ, Laurence SAUBADU )

Dépeint par ses adversaires de gauche ou de l'extrême droite comme le fils spirituel de l'ancienne "Dame de fer" britannique Margaret Thatcher, il a vanté sa "campagne pour la France".

Devant les élus selon lesquels "tout n'est pas rose" localement notamment à cause des baisses de dotations aux collectivités locales, M. Fillon a d'ailleurs plaidé pour que l'État "reprenne" ses investissements dans de nouvelles infrastructures de transport (canaux, lignes de chemin de fer) ou le très haut débit "sur la moindre parcelle du territoire national", clé de voûte d'après lui du développement économique du monde rural.

La garde rapprochée de François Fillon
La garde rapprochée de François Fillon ( AFP / Thomas SAINT-CRICQ, Jean-Michel Cornu )

"Le pays est terriblement endetté, il va devoir faire face à la remontée des taux d'intérêt dans les prochains mois ou les prochaines années. Comment investir quand on n'a pas d'argent ? Moi je veux reprendre les privatisations, que l'Etat sorte des entreprises du secteur commercial où il n'est pas absolument nécessaire", a proposé M. Fillon.

Invité à préciser les privatisations qu'il visait, M. Fillon a dit "poser un principe (...): l'État peut avoir vocation à venir de manière ponctuelle dans une entreprise comme nous l'avons fait quand j'étais Premier ministre dans les Chantiers de l'Atlantique. Mais il n'a pas vocation à rester indéfiniment dans ces entreprises".

L’État français est aujourd'hui présent au capital de 81 entreprises, via l'Agence des participations de l'Etat (APE). La valeur de ses participations représentait fin avril près de 90 milliards d'euros.

Parmi les entreprises situées dans son périmètre figurent plusieurs poids lourds, comme la SNCF, Orange ou Areva. Le montant de ses participations sont toutefois très variables: l'Etat possède ainsi 32,8% du capital d'Engie (ex-GDF-Suez), 19,7% de Renault, mais 85,3% du capital d'EDF.

En 2015, l'Etat a touché 3,9 milliards d'euros de dividendes des entreprises dont il est actionnaire.

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  • rillouto il y a 3 heures

    ds les années 70,un certain ministre de l'economie dont je tairais le nom,avait osé dire devant des millions de français,que le probleme de la FR,c'est la rente et la corruption,pour la 1ere il disait que fatalement le systeme etait ainsi fait,et pour la 2e,qu'il etait inconcevable de mettre tous ces gens la en prison..question : est ce qu'un ministre aujourd'hui pourrait dire une pareille chose ?bein non,c'est la faute des fonctionnaires,puisqu'une seule economie est "permise" sur cette planete

  • rillouto il y a 3 heures

    tiens,aujourd'hui ,j'ai (encore) vu un 33T immatriculé polonais sur un chantier,avec 3 utilitaires qui le suivait,immatriculé polonais ,ils arrivent sur le chantier et la debarquement : barraques en prefa pour qu'ils dorment dedans,debalage du 33T : ciment polonais,pelleteuse polonaise,sable,carrelages,peintures polonaises ... faut que je continue ? ah bein non,l'effondrement de la france,c'est la faute des fonctionnaires..et fillon il en pense quoi des travailleurs détachés ? rien,pas un mot ..

  • pavipier il y a 3 heures

    Fiion ne sera jamais président...

  • danquign il y a 5 heures

    Pas une mesure pour les moins de 60 ans qui bossent. Tout pour les retraités et autres rentiers !Fillon c'est Hibernatus, son monde a disparu depuis longtemps. Il est né périmé !

  • Phillrug il y a 6 heures

    Et je ne parle pas des personnels administratifs qui sont en sureffectifs aussi dans les ministères régaliens.Car c'est tout de même incroyable qu'on maintiennent des postes en surnombre à l'heure du numérique...

  • Phillrug il y a 6 heures

    Suracta, +1 : rien que Bercy emploie 60 000 fonctionnaires de + qu'au Royaume Uni et 90 000 de + qu'en Allemagne.Il y a encore 30 000 postes à l'Agriculture, et les établissements administratifs type ENA, BNF, etc emploient 250 000 personnes. Enfin les 1200 agences d'état emploient 440 000 personnes. Rien que sur ces effectifs, on peut économiser au moins 300 000 postes.

  • mlaure13 il y a 6 heures

    erictato…il ne s’agit pas de supprimer sec des postes, mais d’agir modérément sur le remplacement des départs en retraite…la majorité de l’UE fonctionne très bien avec une moyenne de 25% en moins… ALORS… ???

  • Alananas il y a 6 heures

    @rillouto : je ne partage pas vos idées, mais sur ce coup là, je ne peux pas vous donner tord. L'élection présidentielle est encore loin, très loin. Quant aux sondages, vu leurs fiabilités ces derniers temps, on peut être sceptique.

  • rillouto il y a 7 heures

    a lire certains commentaires, y en a qui croit qu'il a deja gagné les presidentielles,j'ai failli m'etouffer de rire ... ^^ n'oubliez pas que votre ancien champion Bismuth,c'est fait humilié et a perdu les elections de 2012 contre ... François Hollande !! le mou,le nul etc..etc.. ahah ,on va se marrer en mai ^^

  • M2310631 il y a 7 heures

    Tout le monde sait que la collusion politique et entreprise privée n'est pas bonne. ET personne ne proposait rien sur l'autel du "on ne change rien".