Fillon et Copé jouent avec les nerfs de l'UMP

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REPORT DES DISCUSSIONS PRÉVUES CE LUNDI ENTRE JEAN-FRANÇOIS COPÉ ET FRANÇOIS FILLON
REPORT DES DISCUSSIONS PRÉVUES CE LUNDI ENTRE JEAN-FRANÇOIS COPÉ ET FRANÇOIS FILLON

PARIS (Reuters) - François Fillon et Jean-François Copé, qui devaient se retrouver lundi pour une cinquième entrevue, ont reporté leurs discussions pour des raisons d'agenda, a-t-on appris auprès de leurs entourages respectifs.

La date de leur prochain rendez-vous n'a pas été précisée.

L'impatience gagne nombre de responsables de l'UMP qui pressent les deux hommes de s'accorder sur une solution trois semaines après l'élection contestée du 18 novembre.

L'ancien ministre UMP Xavier Bertrand a demandé dimanche "solennellement" au président proclamé de l'UMP et à l'ancien Premier ministre de formuler des propositions communes "dans les jours qui viennent".

Nathalie Kosciusko-Morizet, "non alignée" dans la crise qui secoue le parti d'opposition, a dit pour sa part attendre "avec une très grande impatience" un accord pour sortir de la paralysie. "Je ne trouve pas que les discussions soient une fin en soi", a déclaré la députée dimanche sur France Inter.

Jean-François Copé et François Fillon, qui conteste la victoire de son adversaire, ont trouvé au moins un terrain d'entente dimanche à la faveur du succès des candidats UMP et UDI lors des trois législatives partielles dans l'Hérault, les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne.

Ces résultats sont "encourageants", ont-ils convenu et constituent "un avertissement" au gouvernement de Jean-Marc Ayrault.

"DEVOIR D'HUMILITÉ"

"Les électeurs nous renvoient à un devoir d'humilité", a déclaré lundi sur Radio Classique Jean-François Copé, qui tiendra une réunion publique dans la soirée à Chartres.

"L'électorat de droite qui s'est mobilisé beaucoup pour ces élections nous adresse un message clair : ils préfèrent que l'on soit d'abord là pour s'opposer plutôt que pour se chamailler", a-t-il souligné.

Le député-maire de Meaux, "désolé de cette situation nationale", affirme avoir mis sur la table "une proposition que chacun peut entendre", mais à laquelle, selon lui, François Fillon reste sourd.

Jean-François Copé reste hostile à un nouveau vote à bref délai, comme le réclame son rival, et réitère sa proposition d'un vote après les élections municipales de 2014, alors que son mandat court théoriquement jusqu'en 2015.

La solution d'une répartition des rôles entre les deux protagonistes - à Jean-François Copé la direction du parti, à François Fillon la présidence d'un groupe UMP réunifié à l'Assemblée - a été avancée la semaine dernière. "Ce n'est pas le sujet", assure Jean-François Copé.

L'autre option, selon des élus des deux camps, serait d'instaurer une direction collégiale à la tête de l'UMP où une répartition des postes à parité refléterait le scrutin serré - quasiment 50-50 - de l'élection du 18 novembre. Un "Yalta" dont ne veulent pas les "non-alignés".

François Fillon, qui a créé un groupe dissident à l'Assemblée (le "R-UMP") comme moyen de pression, menace de saisir la justice si aucune solution n'est trouvée.

Sophie Louet, édité par Gérard Bon

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